Chaque semaine, un résumé à la volée de l'actu tennis
Retour sur Indian Wells : un vent de fraîcheur et en poupe à Indian Wells
Jack Draper : jusqu’où peut-il aller ?
Mirra Andreeva : jusqu’où peut-elle aller ?
Pendant ce temps sur les challengers : allez donc voir si un français en a gagné un cette semaine
M1000 Miami : tout ce qu’il faut savoir sur Miami. Enfin le tournoi, pas la ville
On le savait, on le sentait. On l’a vu, on a compris.
Mirra Andreeva n’est pas le tube de ce début d’année. C’est le tube des 15 prochaines années.
On avait laissé le tournoi mardi dernier. Les 8èmes de finale étaient à venir et un duel alléchant avec Rybakina se profilait pour la jeune russe. 6/2 6/1. Une tornade dans le désert californien. Pas essoufflée en quarts contre Svitolina, elle a même repris de la vigueur contre la n°2 et double tenante du titre Iga Swiatek en 3 sets. Force 4, elle n’a même pas faibli pour soulever le trophée face à une Aryna Sabalenka n°1 pourtant bien campée sur ses appuis, surtout au 1er set 2/6 6/4 6/3. C’est un vrai parcours de championne. Qu’elle est déjà en réalité.
Autrement on se demandait avant Indian Wells si le top 4 ne s’essoufflait pas un peu après la tournée au Moyen-Orient. Indian Wells était là pour nous rappeler que Sabalenka, Swiatek et Keys restaient parmi les 4 meilleures. La 4ème (ou la 1ère), on la connaît déjà.
Sabalenka a d’ailleurs remis les points sur le Y de Keys après la finale en Australie, 6/0 6/1. Elle aurait préféré le faire en Australie a-t-elle déclaré. Tu m’étonnes. Surtout pour perdre en finale contre une adolescente 24h après.
Mirra a sans doute fini de faire rire Aryna. Pour longtemps ©APPhotos
On le savait, on le sentait. On l’a vu, on a compris.
Jack Draper est l’un des tubes en vogue depuis quelques mois. Est ce que ça va durer, c’est une autre question mais c’est loin d’être interdit de le penser.
Il faisait froid dans le désert mais le britannique était chaud. Holger Rune aussi avant de se faire enrhumer en finale 6/2 6/2. Les deux jeunes loups de 21 (Rune) et 23 (Draper) ans ont sacrément donné le change avec des victoires respectives sur Tsitsipas-Medvedev et Fritz-Alcaraz. Ce qui nous amène à penser que de beaux jours avec de sacrées batailles arrivent si Sinner veut bien arrêter de tout rafler une fois qu’il sera revenu.
On s’était habitué à une finale Medvedev-Alcaraz ces dernières années et un vent nouveau a soufflé en cette fin de semaine. Medvedev a par ailleurs failli prendre un joli courant d’air en quarts de finale, bien challengé par notre Arthur Fils jusque 9-7 au tie break du 3ème set.
Pas sûr qu’elle soit bonne celle-là par contre ©Reuters
Jack Draper est un vainqueur de M1000. Une bonne excuse pour s’installer dans le top 10 directement à la 7ème place et confirmer sa montée en puissance de 2024 et le premier trimestre 2025. Depuis sa demi-finale à l’US Open l’année dernière, il gagne 87% de ses matchs, soit le deuxième ratio sur le circuit derrière Jannik Sinner. Que va-t-il donc nous proposer pour les mois et années à venir ?
Avant tout, il faut espérer que le sujet de Sa Majesté le Roi britannique va voir son physique le laisser tranquille. Sa grande carcasse n’a pas été épargnée par les pépins physiques jusqu’à maintenant. S’il trouve de la continuité dans ses matchs, il en trouvera dans son classement. C’est presque mathématique vu que ça fonctionne par une addition de points mais faut pas sortir de Saint Cyr non plus.
Deuxième sujet (mais la royauté n’a plus rien à voir cette fois), les surfaces et la terre battue. Ben ouais, Jack ne s’appelle pas Jacques et encore moins Diego*. Sans être allergique à l’ocre, ça reste un grand-breton et à 23 ans, il n’a pas (encore) apprivoisé les glissades. Aimera et animera-t-il le printemps alors que ses déplacements sont aujourd’hui son point faible, c’est à voir. Mais bon, Tim Henman a fait demies à Roland, tout est possible.
Autrement, il faudra compter Draper à tout le moins comme un vrai outsider dans les Grands Chelems à partir du moment où il aura décidé de ne pas gagner en 4h30 et 5 sets ses premiers tours. Et ça suffira amplement pour faire partie de ceux qui vont remplacer les Medvedev, Ruud, Rublev, Fritz…
*Jack et Jacques en espagnol c’est Diego. Vous n’y croyez pas ? Tant pis pour vous.
Les comparaisons sont déjà légion pour Mirra Andreeva. Et c’est pas avec n’importe qui. Elle se voit comparée depuis quelques semaines à Martina Hingis et Monica Seles la plupart du temps. Cela veut dire qu’elle prend déjà l’habitude de faire les choses bien tôt. Très tôt. On a connu ça il n’y a pas si longtemps avec Coco Gauff. Niveau précocité, Mirra Andreeva est plus forte. Surtout, son jeu l’est assurément beaucoup plus au même âge.
La jeune russe joue juste, n’a pas de coup faible. Même plutôt que des coups forts. Puissante (elle vient de dépasser les 200km/h au service) avec un jeu varié, elle réfléchit mieux que ses adversaires, manœuvre parfaitement et fait très souvent le bon choix. A même pas 18 ans, c’est rare. C’est Mirra-re, ce pourrait être légendaire.
Qu’attendre d’elle alors ? Bah c’est pas compliqué, un premier Grand Chelem très rapidement. Et puis un deuxième, un troisième, un dixième. Et un ancrage pour les 10 prochaines années dans le top 5 où elle est plus souvent 1ère que 5ème. Ce n’est pas aller trop vite en besogne parce qu’elle est déjà 6ème et vient de gagner deux Masters 1000. Et quand on sait qu’elle était en demi-finales de Roland Garros l’année dernière… Tremblez et appréciez Mirra parce qu’aujourd’hui, demain et après-demain, c’est elle.
Enfin, pour terminer, je voudrais une nouvelle fois me remercier. De m’être battue jusqu’à la fin, d’avoir toujours cru en moi…
Elle n’a pas fini de se remercier.
On vous le répète, pour la deuxième fois, il n’y a pas qu’Indian Wells, son oasis, ses golfs et ses casinos ! Il y en a d’autres (dont un français) pendant ce temps là qui ont trimé sur les courts de Phoenix, Cap Cana, Cherbourg, Santiago et Hersonissos. Et on en parle ici. C’est la dernière fois ok ?
Challenger 175 de Phoenix - USA : les installations d’un 250, la gueule d’un 250, un champion de 250
Les fraîchement déçus de la première semaine d’Indian Wells ont fait un saut en Arizona. Cobolli a enfin gagné un match cette année mais c’est Joao LaFonsec’ la terreur qui s’impose comme un grand qu’il est déjà 7/6 7/6 contre Bublik. Bublik qui a failli se cogner avec Coco Moutet. Insatiables ces deux là.
Challenger 175 de Cap Cana - République Dominicaine : un bien beau plateau mais pas de fruits de mer
Ceux qui ont perdu à Indian Wells et le sable de plage ont fait un crochet par Punta Cana. En finale on a retrouvé un Damir plein Dzumhur en ce moment et un Kovacevic qui a bien mis dedans. Victoire du 2ème après une demie gagnée de justesse contre Alex Muller.
Challenger 75 de Cherbourg - France : Pierre-Hughes Cherbourg
Le traditionnel et hebdomadaire vainqueur français en challenger, il fallait le trouver à Cherbourg. Pierre-Hugues Herbert n’a pas joué comme un manche dans le département du même nom dans une finale qui a manqué un peu de Sels batave.
Challenger 75 de Santiago - Chili : qui a pour nom complet Challenger de Santiago Dove Men Care
On ne sait pas si Diego Galan (Colombie) a gagné une année de gel douche. En tout cas il a gagné le challenger de Santiago au nez et à la barbe qu’il n’a pas de Thiago Monteiro (Brésil) 7/5 6/2.
Challenger 50 de Hersonissos 2 - Grèce : vous serez content d’apprendre que Kuzmanov a gagné
Dimitar Kuzmanov est bulgare, comme tous ceux qui s’appellent Dimitar. Et il s’est dit que gagner en Crête cette semaine n’était pas une mauvaise idée. En finale il ne s’est pas laissé démonter face au jeune transalpin Federico Cina de 17 ans qu’on reverra peut être un jour plus haut.
Troisième trophée pour Joao cette année. 60ème mondial ©aztennisclassic
ATP 1000 Miami :
Tenant du titre : absent, il est interdit de jouer et s’entraîner en ce moment.
Le favori : Carlos Alcaraz l’est-il toujours ? Il a gagné en 2022 alors on va dire que oui.
La pièce : Allez on croit fort en Arthur. Fils, pas Rinderknech.
Que s’est-il passé l’année dernière ?
On pensait Alcaraz en route pour remporter le double sunshine après Indian Wells. Et puis Grigor Dimitrov a décidé de jouer à la hauteur de son talent en quarts 6/2 6/4. Il s’en souvient encore. Le bulgare qu’on retrouve en finale mais sur la jante contre… tiens tiens Jannik Sinner et les prémices de sa domination qui colle 6/1 6/2 à Medvedev en demies et 6/3 6/1 en finale à Dimitrov.
Que va-t-il se passer cette année ?
Carlos Alcaraz se dit qu’il est temps de remettre les pendules à l’heure. Ça commence à bien faire cette irrégularité. Privé de son Indian Wells, il se rabat sur Miami et prend date pour la saison de terre battue qui arrive. Rune et Draper, les héros de Californie peuvent se retrouver dès les 8èmes ! Mais il faudra se débarrasser d’Opelka, Arnaldi ou Machac pour l’un, Mensik, Brooksby ou Popyrin pour l’autre.
On vous annonce un duel fratricide, le premier sur l’ATP entre Fils et GMP en 8èmes. Gio voulait se mesurer à Zverev à Indian Wells ? Spoiler, il fait 5cm de plus que l’allemand et le gagne au 3ème tour.
La grosse perf pour Arthur Fils qui confirme, il rêve et on rêve avec lui jusqu’en finale.
Joao Fonseca contre Learner Tien au 1er tour, futur classique ?
Faut pas qu’ils se plantent
Daniil Medvedev est 10ème cette semaine et à 20 points de sortir du top 10 pour la première fois depuis 2023 (3 semaines) mais surtout depuis juillet 2019. Il faudra faire mieux que Rune, De Minaur, Paul et Shelton.
Grigor Dimitrov est provisoirement 22ème cette semaine avec le retranchement de ses 650 points (finale Miami 2024. Faudrait voir à pas trop glisser.
WTA 1000 Miami :
Tenante du titre : Danielle Collins, notre râleuse préférée qui au moins, ici, jouera à domicile
La favorite : Aryna Sabalenka. Une Aryna à réaction est une Aryna dangereuse.
La pièce : Si Mirra Andreeva fait le doublé… Elle peut faire le doublé.
Que s’est-il passé l’année dernière ?
Sabalenka forcément touchée et coulée par la disparition de son ex-compagnon, Swiatek préférant Indian Wells, le trophée est revenu à Danielle Collins qui a sorti la quinzaine de sa carrière. Elle a gueulé plus fort que tout le monde et a profité de l’extinction de voix de Rybakina (ah non, elle est toujours comme ça) en finale. En demies on retrouvait Ekaterina Alexandrova et Vika Azarenka, c’est dire ce drôle de tournoi. Ah et Caro Garcia qui sort Coco Gauff en 8èmes, c’est pas drôle ça ?
Que va-t-il se passer cette année ?
Aryna Sabalenka est n°1 et le restera. A Miami elle fait respecter la hiérarchie en prenant sa revanche en finale sur Mirra Andreeva, en trois sets. Une qui n’est pas tranquille c’est Swiatek, dans la partie de tableau de Caro Garcia (on rigole), Svitolina, Bencic, Muchova, Andreeva en quarts et Keys en demies. Qui frappe le plus fort entre Keys et Ostapenko ? Rendez-vous au 3ème tour mais protégez vous.
Faut pas qu’elles se plantent
Danielle Collins s’en fout du classement la connaissant, mais toujours est-il que la WTA a osé lui enlever les 1000 points acquis l’année dernière à Miami. Y en a qui doivent serrer les fesses en la croisant. La voilà 22ème cette semaine. De toute façon c’est sa dernière année non ?
Voilà Maria Sakkari 71ème mondiale. La grecque n’en finit plus de chuter. Pas mieux pour Caro Garcia qui est provisoirement 99ème. Elle va bientôt retrouver Kiki Mladenovic à ce rythme.