Roland Garros. Ce qu'on va sans doute voir, ce qu'on aimerait voir, ce qu'on aurait ne pas aimer voir. C'est la preview de la saga de la quinzaine, qui s'annonce chaude, très chaude. Sur le terrain on demande à voir.
Nous y sommes. La meilleure quinzaine de l'année débute. Les regards sont braqués sur Porte d'Auteuil, les caméras du service public aussi mais de moins en moins. C'est un autre sujet. Les espoirs français naissent puis s'évanouissent, les surprenantes surprises font leur retour en même temps que la passion, inaltérée et inaltérable. Parfois un peu inénarrable. C'est Roland Garros. Et c'est bien.
Qu’attendre des favorites ? : Y-en-a-t-il seulement ?
Qu’attendre des favoris ? : Y en a qu’un.
Les empêcheurs de tourner en rond : et toute la France espéra…
Celles et ceux qui risquent gros : Oui Loïs, absolument.
Ce qu’on aimerait voir : Florent Serra emmener Tomas Berdych en 5 sets au 1er tour !
Le coup de patte : on aide Alexander Zverev à trouver de nouvelles excuses. De rien Alex.
C’est pas de la mauvaise volonté, simplement du bon sens. La saison de terre battue pré-Roland Garros n’a ni queue ni tête chez Sabalenka, Swiatek et Gauff, références en matière terrienne. La biélorusse a passé son temps à maugréer (à raison) sur la répartition des gains à Roland plus que d’essayer de gagner (pas que de l’argent). La polonaise ne sait plus si elle doit batailler 3h durant ou coller des trempes en 52min. L’américaine tenant du titre a décidé de partir avec un handicap d’un set sur chaque match ou presque.
Restent Rybakina, lauréate de Stuttgart (WTA500), Mirra Andreeva, lauréate de Linz (WTA500) et finaliste de Madrid (M1000), Elina Svitolina, lauréate de Rome (M1000) en gagnant Rybakina, Swiatek et Gauff (!!!) et Jessica Pegula, lauréate de Charleston et demi-finaliste à Rome (WTA1000). Marta Kostyuk fait-elle partie de cette liste ? La question se pose parce qu’avec ses titres à Rouen (WTA250) et surtout Madrid, c’est elle qui a le plus impressionné.
Sont nommées également dans la catégorie menaces pour votre épargne Karolina Muchova, Maria Sakkari et Linda Noskova.
Svitolina ne croisera pas Sabalenka avant la finale. Et si... ? ©SIPA
Déjà, ceux qui ne se trouveront pas dans la moitié de tableau de l’italien n°1 mondial. Ça vous enlève une épine du pied et 64 joueurs. Quoiqu’il serait capable d’aller voir de l’autre côté s’il s’ennuie sur ses premiers tours.
L’absence de Carlos Alcaraz, son bourreau de l’année dernière, laisse un vide impossible à combler et une place vacante à on ne sait pas bien quoi ou qui.
Alexander Zverev, 3ème mondial a l’arrière train tout rouge pour encore de longs mois après la finale de Madrid. En plus il dit qu’il est fatigué. Novak Djokovic arrive sans repères avec un match et une défaite embarrassante contre Dino Prizmic à Rome. Il a l’habitude, on a l’habitude, mais quand même.
Les états-uniens… Tout est dit, ça reste des éléphants sur une patinoire. Medvedev est alors un hippopotame et c’est sans doute pas plus à l’aise sur la glace. Alors oui, à Rome la grosse bête a embêté l’énorme. Mais Medvedev qui gagne Roland, sérieusement ?
Restent Félix Auger-Aliassime et Alex de Minaur, mais qui ne feront pas peur à Sinner. En plus ça rime.
Ils sont beaux, ils sont jeunes, ils sont fringants, ils veulent continuer à bousculer le monde. Ils veulent montrer que les Zverev, Medvedev, Rublev, Tsitsipas, c’est bien terminé. Qu’il n’y a pas que Sinner et Alcaraz. Eux ce sont les jeunes pousses déjà habituées aux feux de la rampe. Ou en passe de l’être.
Arthur Fils : … Tristesse infinie. C’est un peu exagéré ? Peut être, mais laissez nous tranquille.
Rafael Jodar : le tube du printemps. Il fait la chanson à tout le monde et personne n’a plus gagné que lui sur terre. Et on parle d’ATP500 et M1000, pas le challenger de Mouilleron le Captif.
Joao Fonseca : Joao tu regardes et tu apprends. On le voyait loup, il est pour l’instant chiot dépassé par Tien, Jodar ou Landaluce. Suffit qu’on dise ça pour qu’il nous claque une demie.
Alexander Blockx : toute la Belgique fait Blockx derrière lui. Et c’est un sacré mur mûr. C’est peut être pas de l’indoor, mais ça lui réussit pas mal ces derniers temps avec une demie à Madrid.
Martin Landaluce : il a allumé la lumière qu’on lui voyait depuis longtemps. Quarts à Miami, quarts à Rome, il prend le car jusqu’en quarts à Paris et on en prend pour 15 ans de celui là. Oups, Sinner.
Hamad Medjedovic : le serbe de 22 ans commence à sérieusement faire peur. Et pas seulement parce qu’il ressemble à une brute. Ses résultats parlent pour lui : Fonseca, Navone, de Minaur… et il fait peur à Rublev. Débarrassé de ses blessures, il n’a peut être rien à envier à Mensik, sachez le.
Dino Prizmic : tout le monde ne gagne pas contre Novak Djokovic en M1000. Lui, si. Ça suffit à le mettre là.
Cette personne se nomme Hamad Medjedovic. Et c'est mieux s'il vous aime bien ©JASPER JACOBS/AFP
C’était la fête l’année dernière, l’insouciance et la confiance étaient là. Sauf que la fête est finie et c’est à la fin du bal qu’on paie les musiciens. Et les pots cassés. Autant dire qu’il va falloir s’accrocher pour ceux-là.
Comment ne pas commencer par Loïs Boisson. La France entière, pas que celle du tennis, a vibré en suivant ses exploits jusqu’en demies l’année dernière. Sauf qu’aujourd’hui, qui sait ce qu’elle a fait ensuite ? Pas grand monde… parce que Loïs n’a pas fait grand chose. Bizarrement blessée, elle n’a pas capitalisé sur son absence de points à défendre. Plus dure sera la chute si elle n’amortit pas lors de la quinzaine. Au risque de perdre 96 places. C’est beaucoup 96 places.
Iga Swiatek. Pas forcément pour son classement, davantage pour sa confiance. Ne pas remporter Roland Garros pour la deuxième année consécutive après en avoir eu 4 en 5 ans, ça pourrait la mettre au fond du trou juste avant de devoir défendre son titre à Wimbledon. Et attention, on pensait que Swiatek sur gazon c’était Medvedev sur terre il n’y a pas si longtemps.
Madison Keys. L’américaine était top 6 il y a un an. Si elle ne glisse pas bien à Roland, elle va très bien glisser au classement. Pour assez facilement sortir du top 20.
Novak Djokovic. Alors certes, il a la finale de l’Open d’Australie pour lui. Mais depuis on a l’impression qu’il s’est transformé en Jack Draper. Totalement absent ou presque. A ne viser que les gros tournois pour s’économiser, ça va commencer à se voir… Et si c’était son dernier Roland, hein ?
Joao Fonseca : a-t-on le droit d’être si impatient avec le brésilien oui. Doit-on l’être ? Sûrement pas autant. Un quart de finale serait le bienvenu. Pour nous. Mais surtout pour lui au risque de subir un léger déclassement dans les pépites du présent/futur. Les autres ne l’attendent pas.
Sortie au 1er tour ou elle s'envoie le tournoi. Personne ne sait avec Loïs ©SIPA
De la samba, des airs carioca ! Donnez nous un Joao Fonseca qui nous fait une Guga Kuerten, qui nous fait danser du visage, qui trace des cœurs et nous les pique, qui nous souffle et nous époustoufle, qui nous fasse dire “ok c’est bon, il va nous en gagner au moins trois plus tard, comme notre brésilien préféré d’il y a 30 ans”. De la joie, Joao, de la joie s’il te plaît.
Un Corentin Moutet qui se retrouve, nous retrouve en retrouvant un espagnol au 2ème tour. Il sort de 3 défaites de rang face à des espagnols. Là tu es dans ton jardin Coco, éteint lui les lumières à Landaluce, qu’il comprenne que Roland, c’est Roland, et que Roland ne t’oublie pas.
Vous vous rappelez de Tomas Berdych et ses premiers tours souvent compliqués quand arrive la fin mai ? Berdych, le tchèque top 10 qu’on espérait voir se coltiner un français au 1er ou 2ème tour. Parce qu’on savait que l’exploit était alors possible. Eh beh Titouan Droguet affronte Jakub Mensik. Y aurait pas un peu de ça ?
Et sinon, Benjam’ Bonzi, t’as le droit contre Zverev. Pour sûr que tu as le droit.
Une Clara Burel qui fête son retour des croisés par une partie endiablée, une Fiona Ferro qui rentre dans la tête d’Andreeva comme Loïs Boisson l’année dernière, une Diane Parry qui joue top 20 pendant au moins 3 matchs. On veut quelque chose comme ça. Des quelques choses comme ça même.
Deux grandes finales dans 15 jours. Les forfaits d’Alcaraz à l’échelle du monde et de Fils à l’échelle de la France nous donnent un arrière goût amer alors que la Grand Messe n’a pas commencé. Le dernier souvenir est le plus prégnant alors, Jannik, s’il te plaît, fais semblant, rien qu’un peu. Aryna, Coco, Iga, Elena et les autres, continuez de ne pas savoir qui est la meilleure. Pour finir sur une notre sucrée.
Une jolie fin pour Gaël Monfils, le petit prince des lieux, le français le plus attachant, le plus “et si…”, le plus TOUT des 20 dernières années. Celui qui a emmené nos cœurs et nos espoirs très haut, les a enterré aussi, avec son honnêteté désarmante, sa passivité et son explosivité, son sourire, ses parpaings dans les bâches, ses doubles fautes au pire moment, ses sacs en coups droits, ses craquages… et ses folles remontées qui nous faisaient nous embarquer dans une douce folie, à 17h, à 20h, à 21h54, à 00h30…
Non, merci à toi ©IconSport
Alexander Zverev
A force il va s’épuiser et épuiser tout son stock. De regrets, de victoires, de défaites et d’excuses.
L’allemand troisième mondial mais peut être pas troisième force en présence répète toujours à l’envi qu’avec un peu de chance il aurait un Grand Chelem. Ou deux. Ou trois. Ou même 15 s’il n’avait pas croisé sur sa route Federer, Nadal, Djokovic, Sinner, Alcaraz, Vesely, Mmoh et Rinderknech.
On a envie de l’aider dans son entreprise de fabrication d’excuses qui l’aidera à faire passer la pilule de sa défaite au 1er tour contre Benjam, ou en quarts contre Jodar. C’est pas grand chose, juste deux, parce qu’on est gentil.
La couleur de son t-shirt ne correspondait pas à celle qu’il avait convenu avec Adidas et ça l’a perturbé dès l’échauffement. En plus, ils ont pas mis d’assouplissant senteur vanille de Madagascar, comment voulez-vous qu’il joue bien si ça fleure la transpiration plutôt que la vanille dès 3ème jeu ?
Un médium, il y a 7 ans tout pile, l’avait prévenu d’un grand malheur le mardi 2 Juin 2026 et qu’il valait mieux qu’il évite de jouer ce jour là. Et Alex Zverev lui, il croit un peu toutes ces histoires. Il a tenté quand même mais pas en confiance sur ses appuis et ses glissades, il a perdu en 4 sets. Mais ouf, tout va bien, ce n’est que du sport finalement.