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Wimbledon : l'heure de la mise au vert, de la mise au point

Après Roland Garros, c'est Wimbledon. Après le bazar... encore le bazar ? Chiche ?

Service à la Cuillère
4 min ⋅ 28/06/2026

Nous y sommes. La meilleure quinzaine de l’année chez les anglais débute. Enfin meilleure quinzaine si et seulement si les sujets footballers de Sa Majesté le Roi daignent enfin décrocher le graal, 60 ans après. Ce ne seront pas les écossais, mais quel joli peuple que ces écossais, n’est-il pas ?
Le ballon rond fera essentiellement les choux gras au pays des feuilles de chou et Wimbledon passera un peu à la trappe. Surtout que ce n’est sans doute pas cette année qu’Andy Murray trouvera un.e successeur.e.

Sommaire

  • Qu’attendre des favorites ? : y en a-t-il seulement ?

  • Qu’attendre des favoris ? : on ne répond plus de rien

  • Les empêcheurs de tourner en rond : ou les herbivores aux canines pointues

  • Les questions qui fâchent (pas toujours) : oui, évidemment qu’on va parler de Serena Williams

Bon, qui veut gagner chez les femmes ?

Bon sang ne saurait mentir, bien malin qui détient la vérité. A la question qui va gagner Wimbledon, il existe autant de réponses que de joueuses dans le tableau final. Apparemment la mode est aux surprises ayant pour nom au hasard, Maja Chwalinska.

A l’amorce du tournoi londonien, les favorites sont la tête dans le seau. Et le seau il est bien, mais alors bien rempli. Du genre une goutte d’eau et ça déborde, ça explose. Chez beaucoup. Etat des troupes :

  • Aryna Sabalenka : la biélorusse n’a pas encore trouvé la formule du trou noir dans lequel elle est tombée à Roland. Si bien qu’elle s’est ramassée de nouveau, contre Pegula, 6/0 au 3ème set. C’est grave docteur ?

  • Elena Rybakina : disparue dès le 2ème tour à Roland et alors qu’elle retrouve sa surface préférée, le gazon, elle a grapillé 1 victoire pour 2 défaites au Queens et à Berlin. C’est non.

  • Coco Gauff : perdre contre Paula Badosa et son dos en vrac pour son seul match avant Wim, c’est non.

  • Iga Swiatek : tellement en train de faire des bulles sous l’eau car elle manque d’air qu’elle n’a fait sa rentrée que 4 jours avant Wim. Pour perdre contre Emma Navarro. C’est un poil juste pour la tenante du titre non ?

  • Mirra Andreeva : la lauréate de Roland Garros a l’habitude de faire n’importe quoi avant Wimbledon. Sans que ça ne l’empêche d’être quart de finaliste à Londres. Cette année ? Défaite 6/3 6/4 lors de sa rentrée à Bad Homburg. Donc attention au doublé.

  • Amanda Anisimova : elle a pris 6/0 6/0 en finale l’année dernière. Est-elle capable de vaincre ses démons ? A Berlin contre Iva Jovic elle s’est pris les pieds dans le tapis. Vert le tapis.

  • Marketa Vondrousova : ah bah non, elle vient de prendre 4 ans de purgatoire la lauréate 2023. Pour refus de se soumettre à un contrôle anti-dopage. Faudra revenir là dessus d’ailleurs.

A dans 4 ans Marketa Vondrousova. C'est beaucoup 4 ans ©P.Lahalle/L'équipeA dans 4 ans Marketa Vondrousova. C'est beaucoup 4 ans ©P.Lahalle/L'équipe

Qui peut gagner chez les hommes ?

Ah ça la ramène moins hein, depuis que Roland Garros 2026 est passé par là ! Jannik Sinner par ci, Jannik Sinner par là… Le coup de chaud de l’italien couplé au forfait de Carlos Alcaraz a rebattu les cartes, toutes les cartes, au moins dans nos esprits. Wimbledon est tout de suite plus incertain. Alors que si ça se trouve on va repartir comme au bon vieux temps. Un bon vieux temps pas si lointain.

  • Jannik Sinner : donc ouais, Jannik, on disait. T’en es où Jannik ? T’as refroidi un peu, ça va ? Si oui alors y a pas débat. Parce que bon, c’est son jardin depuis l’année dernière, faut il le rappeler.

  • Alexander Zverev : vous voyez Daniil Medvedev sur terre battue ? Alexander Zverev sur gazon, c’est un peu le même concept. Capable de belles performances mais surtout de sacrées bouses. Mais avec la confiance…

  • Les américains : ils sont 4 à reverdir à mesure que le gazon roussit mais que la terre battue s’éloigne. Ben Shelton, Taylor Fritz, Frances Tiafoe et Tommy Paul aiment se mettre au vert, c’est certain.

  • Novak Djokovic aka le 7 : merde, on arrive au 7ème “favori” et on n’a toujours pas parlé du serbe 7 fois vainqueur à Londres. Mais après tout, il est tête de série n°7, donc on est à l’heure. Est ce que lui le sera à l’heure ? C’est quand même de moins en moins sûr. Mais on sait aussi qu’il a au moins 7 vies.

  • Plein d’autres et aucun en même temps : on pourrait citer Félix Auger-Aliassime, Alex de Minaur, Daniil Medvedev, Francisco Cerundolo, Jiri Lehecka et bien sûr Jakub Mensik. Mais on ne le fera pas, parce qu’on y croit moyen dans cette catégorie.

Une photo de Tommy Paul pleinement concentré sur le tennis. Parce qu'on ne parle pas assez de Tommy Paul ©NickRemsenUne photo de Tommy Paul pleinement concentré sur le tennis. Parce qu'on ne parle pas assez de Tommy Paul ©NickRemsen

Voilà l’été, mangez frais, mangez de l’herbe

Ils sont grands, ils sont forts, ils servent plutôt bien, ils ont un centre gravité assez bas pour être solides sur une surface très rigoureuse. Ils s’appellent Tomas Berdych, John Isner, Milos Raonic, Kevin Anderson, Sam Querrey. Ah c’est la génération précédente ça ?
Voyons voir l’actuelle… ah beh y a personne !

Mais qui peut bien embêter les grosses têtes cette année alors ?
En pagaille on peut citer Casper Ruud Alejandro Davidovich Fokina parce que sa tête l’est un peu trop souvent, en pagaille. Ugo Humbert, s’il daigne franchir ce cap et trouver le petit truc qui lui manque. Il faut aussi parler de Brandon Nakashima, souvent placé, rarement gagnant mais pour combien de temps ? Mention également pour ceux qui se suivent au classement et normalement à l’aise sur gazon, Kamil Majchrzak, Alex Michelsen, Tomas Machac et Nuno Borges. Attention, on ne dit pas que tout ce petit monde peut gagner Wim. On dit juste que la petite bête peut embêter la grosse (tête).
Avertissement : si vous vous prenez à rêver d’une hypothétique victoire finale de Matteo Berrettini, faites gaffe, son corps le trahira de nouveau tôt ou tard.

Il faut sans doute rester dans les hauteurs du classement WTA pour trouver la perle rare, l’outsider, celle qui peut gagner. Même si elle ne le sait pas encore. Dans l’ordre, Karolina Muchova, limitée dans on ne sait pas bien quoi tellement son jeu est parfait (ça vaaaa, ça faisait longtemps). Linda Noskova la petite bête qui monte, qui monte. Iva Jovic, avant de devoir la citer plus haut dans pas longtemps. Jelena Ostapenko, qui, dans une bonne quinzaine… Mais c’est rare, très rare chez la lettone. Et puis on n’est jamais à l’abri d’une Donna Vekic (qui vient de s’envoyer le Queens et ancienne demi-finaliste) ou d’une nouvelle Maja Chwalinska. Pour info, la 114ème mondiale aujourd’hui, c’est Anna Blinkova.

Krueger, Tomljanovic, Svitolina, Navarro, Serena, Anisimova, Andreeva. Le parcours de Donna Vekic ©GettyImagesKrueger, Tomljanovic, Svitolina, Navarro, Serena, Anisimova, Andreeva. Le parcours de Donna Vekic ©GettyImages

La question qui fâche : boule de feeeeeu

Terence Atmane va-t-il gagner son premier match en Grand Chelem ?

Terence Atmane n’a jamais passé un tour en Grand Chelem. Il est, après sa déroute à Roland Garros, déjà de retour pour conjurer le mauvais sort. Si on peut parler de mauvais sort parce qu’à ce stade, il y a peut être autre chose.
Quoiqu’il en soit, il est de retour dans l’arène et bon, comment dire, il a plutôt intérêt d’être prêt et en phase avec son jeu et sa tête. Parce que s’il veut se/nous procurer une grande, très grande joie, le fan de pokémon va devoir sortir sa meilleure carte. Ce n’est ni plus ni moins que Frances Tiafoe, le vainqueur de Halle qu’il va se coltiner d’entrée. Pas certain certain qu’il y ait un trou normand ou un plat de résistance à suivre du coup. Mais bon, vous savez le tennis…

Un jour Terence, un jour ça arrivera ©CincyTennisUn jour Terence, un jour ça arrivera ©CincyTennis

La question qui ne fâche pas mais que tout le monde se pose

Serena Williams : pourquoi, pour quoi, de quoi ?

Cela fait plusieurs questions, c’est vrai. La première, on ne sait pas trop comment y répondre. La deuxième, pas plus, la troisième, elle veut rien dire non ? Mais vraies questions quand même.

Serena Williams a-t-elle eu besoin de demander une wild-card, ou Wimbledon lui a gentiment et gracieusement offert pour services rendus, ou plutôt état de faits ? La septuple vainqueure de Wimbledon (et sextuple en double au passage), peut être/sûrement plus grande championne de tennis de tous les temps fait son retour dans ce qui a longtemps été son jardin, comme un peu partout (d’)ailleurs. A 44 ans, après 4 ans de pause. C’est un peu comme si Roger Federer revenait, l’année prochaine, au même endroit. Ou Rafael Nadal dans 3 ans à Roland. Ou Novak Djokovic dans 15 ans à Melbourne.

Quel va être le niveau de Serena, on va vite le savoir. Est-elle capable de gagner ? Un match oui, le tournoi on n’ose y croire. En fait, la légende est capable de gagner contre beaucoup de joueuses juste parce qu’elle s’appelle Serena Williams. Sans le vouloir, son nom, le respect et la crainte mélangés qu’elle doit inspirer à Maya Joint (20 ans donc 24 ans de moins), son adversaire du premier tour, pourraient faire le travail.
Pourquoi revient elle ? Parce qu’elle s’ennuie, parce qu’elle aime le tennis, parce qu’elle veut montrer à ses enfants qui sont en âge de comprendre qui elle est, et surtout ce qu’elle a fait, il fut un temps. Parce qu’elle veut gagner aussi.
Pour quoi revient elle ? La gloire ? Mouais, peut-on être plus glorieux que Serena ? Le plaisir, pour elle et pour nous ? Forcément. La compétition, la bataille ? Inévitablement, elle aime trop ça. Gagner ? Sûrement, parce que plus matcheuse que Serena tu meurs. Enfin, tu n’existes pas, désolé de te l’apprendre.

Tout le monde a tellement hâte. On sait qu’elle sera à la hauteur de l’événement. Espérons que tout le monde le soit aussi. A commencer par Maya Joint, dans un premier temps. Bon courage à l’australienne.

Mille questions se posent sauf une : "C'est qui ?" ©AP/KirstyWigglesworthMille questions se posent sauf une : "C'est qui ?" ©AP/KirstyWigglesworth

Service à la Cuillère

Par Service à la Cuillère

Service à la Cuillère, c’est l’aventure de deux passionnés de tennis, sans prétention mais pas sans espoir, pas (du tout) assez talentueux pour faire carrière mais qui ont toujours caressé l’espoir de remplacer un jour ce bon vieux Chamoulaud sur France TV pendant deux semaines fin Mai - début Juin si vous voyez ce qu’on veut dire.

Dépoussiérer le tennis, c’est pas une mauvaise idée non ? Et puis, “mieux vaut les voir faire ça qu’ils traînent dans la rue à faire des conneries” que se disent nos vieux. On déconne, on a plus de 30 balais et on est bien occupés la journée.

Allez, les joueurs sont prêts, jouez !

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