"J'adore jouer contre toi Stefanos, faut qu'on se fasse ça plus souvent"
Le résumé de la semaine
Barcelone (ATP 500) : Alcaraz tout sur son passage
Semaine plage à Barceloneta pour Carlos Alcaraz, qui a laminé ses adversaires un à un en sirotant des cocktails. Pendant ce temps là, Ruud et Tiafoe ont bu la tasse assez vite, et Sinner a pris un coup de froid avant son 1/4 de finale (bain de minuit ?). Seul à surnager, Stefanos Tsitsipas a montré de nets progrès par rapport à Monte Carlo en atteignant la finale non sans des victoires sur du lourd : Shapovalov, De Minaur et Musetti. Mais il a pris l’eau face à Alcaraz dans le sprint final, pour la 4ème fois en 4 confrontations.
Munich : on prend les mêmes et on recommence (ATP 250)
Pas du genre à se lamenter, le gamin. A peine battu en finale à Monte Carlo dans une finale pleine de regrets, Holger Rune a débarqué à Munich prêt à engloutir une bonne bière bavaroise un à un ses adversaires. Il semblait comme chez lui en Bavière, ne perdant pas plus de 4 jeux dans un set jusqu’en finale. La vie de château. Il avait en 2022 remporté le premier titre de sa carrière à Munich face à Van De Zanschlupp. Un an après, pour le 4ème, on prend les mêmes et on recommence. Il a dominé le néerlandais en montrant sa force mentale : il a sauvé 4 balles de match pour dominer Van De Zanschlupp 7/6 au 3ème set. Celui-ci avait dominé l’autre top 10 présent en demi-finale, Taylor Fritz. Holger Rune s’avance comme l’un des hommes forts à l’approche de Roland, et pointe aujourd’hui au 7ème rang mondial, son meilleur classement.
Banja Luka : Lajovic surprise du chef, Djoko inquiète (ATP 250)
Rublev aussi voulait enchainer cette semaine. Quelques jours après avoir décroché le plus gros titre de sa carrière, Andrey Rublev a fait finale à Banja Luka et s’annonce également comme un bel outsider à Roland-Garros. Il n’a pas lâché un set sur le chemin de la finale, certes aidé par un tableau assez ouvert. Novak Djokovic, lui, ne rassure pas. Il a eu toutes les peines du monde à dominer en 2h40 le jeune français Luca Van Assche, avant de céder face à son compatriote Dusan Lajovic. Non content de battre l’idole du pays, Lajovic a réussi la semaine de sa vie. Le 70ème joueur mondial, après avoir dominé le numéro 1 mondial, a battu au terme d’un gros combat le numéro 5 en finale, Andrey Rublev, et remporte le second titre de sa carrière.
WTA Stuttgart (500) : la finale qu’on attendait tous
Premier gros tournoi sur terre-battue chez les femmes, avec un plateau à faire pâlir celui de Saclay. Caro Garcia n’avait pas assez bachoté, Ons Jabeur et Rybakina ont du retourner à leurs études, blessées. Mais les 2 meilleures joueuses du monde avaient elles, bien révisé. Iga Swiatek, numéro 1 mondiale, affrontait en finale la championne de l’Open d’Australie et numéro 2 mondiale, Aryna Sabalenka. Sur terre battue, Swiatek a encore prouvé sa domination et retrouve des couleurs sur l’ocre qu’elle aime tant. Test réussi pour la numéro 1 mondiale, mention très bien.
Du côté des Français : Van Assche seule éclaircie
La semaine a été décevante pour le tennis français. Même si Roland Garros se joue en France, pour beaucoup, la terre battue n’est pas leur surface favorite.
La belle nouvelle de la semaine est venue du jeune Luca Van Assche. Tout juste entré dans le top 100, le français de 18 ans a dominé Stan Wawrinka dans une belle bataille. Pas frileux pour son premier match face à un top 10 (et non des moindres), il a donné quelques sueurs froides à Novak Djokovic en lui chipant le premier set. 2h40 après, le Serbe s’imposait au forceps. Entrée fracassante dans la cour des grands pour Luca depuis quelques semaines !
Ce qu’il va se passer cette semaine
La Caja Magica madrilène sera de nouveau remplie cette semaine pour voir les meilleur.es essayer d’apprivoiser les balles volantes dans la capitale ibérique. En altitude, les sensations ne sont pas les mêmes et certains ont parfois du mal à s’y faire. La terre battue bleue ne fera sans doute jamais son retour, c’est déjà ça.
ATP Master 1000 de Madrid : qui ouvrira la boîte magique ?
Des absents de marque sont à noter. En première ligne Rafa Nadal et Novak Djokovic. Les jeunes aux dents longues seront nombreux à ne viser que le titre. Alcaraz est en pleine forme, Tsitsipas monte en régime, Rune est lancé et Christopher O’Connell est en pleine confiance haha
128 joueurs dans le tableau et 9 français dont 2 duels 100% bleu blanc rouge : Lestienne/Moutet et Chardy/Gaston
Le favori : la démonstration d’Alcaraz à Barcelone en fait le favori naturel
La pièce : Zverev apprécie les hautes sphères madrilènes
WTA Master 1000 de Madrid : qui trouvera la clé ?
Le tournoi de Madrid lors de sa création voulait concurrencer Roland Garros. Alors cette année il (s’)est autorisé de jouer sur les deux tableaux, masculin et féminin et sur deux semaines, comme son voisin parisien.
Chez les femmes, les gros poissons seront de sortie là aussi, presqu’aucune absence n’est à déplorer, la chasse à Swiatek et Jabeur (tenante du titre) est lancée.
La favorite : la démonstration de Swiatek à Stuttgart en fait la favorite naturelle
La pièce : Krejcikova voudra en claquer un avant Roland Garros
Le focus : Abdullah ça va ? C’est quoi les Shelbayh ?
Jordanie Brillant(e) !
Un môme de 19 ans est en train de percer et placer la Jordanie sur la carte du tennis. Abdullah (ou Abedallah) Shelbayh, matricule 243 cette semaine vit un conte de fées qui n’est peut être pas prêt de s’arrêter. Au delà de la 1000ème place mondiale l’été dernier, il progresse à grands pas et pourrait être un sacré rayon de soleil pour le tennis du Moyen Orient ces prochaines années.
Il essayait de jouer les qualifs à Barcelone avant d’être mis au courant qu’il pouvait directement intégrer les qualifs de Banja Luka. Ni une ni deux il déserte l’Espagne pour aller gagner ses deux matchs et intégrer le grand tableau du 250 serbe délocalisé en Bosnie cette année. Elias pour Ymer, Shelbayh est en feu au 1er tour, joue sans complexe mais avec confiance. Il gagne 6/1 7/5 contre le jeune suédois 139ème.
Une première victoire sur le grand circuit, pour un gamin Petra de talent, et pour son pays. La marche était trop haute au second tour mais Shelbayh a mené la vie dure à Kecmanovic (33ème) avec une défaite 6/4 7/6.
Détecté et surtout formé à la Rafa Nadal Academy, Abdullah Shelbayh a pu bénéficier d’un suivi et des infrastructures adéquates pour, on l’espère, faire naître des vocations en Jordanie et au Moyen Orient, zone qui ne demande qu’à se développer dans le monde de la petite balle jaune.
La prochaine fois je saurai comment célébrer promis - Abdullah Shelbayh
A 5 semaines de Roland, Garros blessés !
Peur sur la ville à 5 semaines des premiers échanges Porte d’Auteuil.
L’inquiétude grandit à mesure que l’échéance se rapproche chez Amélie Mauresmo, directrice de la deuxième levée du Grand Chelem, avec l’avalanche de forfaits chez Rafa Nadal, auxquels s’ajoute celui de Djokovic à Madrid.
Chez Rafa, c’est nada en ce moment niveau présence sur le court. Semaine après semaine, il officialise son absence qui réduit nos chances de le voir Porte d’Auteuil. Alors en pleine forme, n’en parlons même pas. Le taureau de Manacor n’arrive pas à se sortir de cette blessure à la hanche qui le hante depuis l’Open d’Australie. Ce devait être 6 à 8 semaines. Aujourd’hui on en vient à se demander si on le verra cette année sur la terre battue parisienne. Et si on l’y reverra tout court malheureusement.
Le risque (moindre) également, c’est une sortie des 16 premières têtes de série qui pourrait potentiellement nous offrir un Djoko-Nadal dès le… 3ème tour.
Djokovic justement… Le meilleur ennemi de l’espagnol est dans le dur. La reprise sur la terre battue ne se passe pas comme prévu, avec une glissade contre Musetti à Monte Carlo (8èmes) et un dérapage incontrôlé contre Lajovic à Banja Luka (quarts). L’alerte est réelle puisque sans vouloir manquer de respect à Luca Van Assche, galérer contre lui pendant 2h40 puis prendre deux sets contre le 70ème avant de déclarer forfait à Madrid, c’est pas tip-top.
Le coude serait rouillé chez le serbe, et si sa participation pour Roland n’est pas remise en question, c’est sa prépa toute entière qui l’est. Il n’a plus que Rome pour sérieusement se confronter à la concurrence.
Les deux compères (30-29 pour Djoko dans leur face à face) ne sont plus tout jeunes et leurs corps grinçants récupèrent moins vite. Il faut profiter d’eux tant qu’on le peut. Mais il faut qu’ils nous en donnent l’occasion.
Bruits de couloir : qui sont les joueurs les plus sympathiques du circuit ATP ?
Alors, c'est qui le plus bad boy ?
Les meilleurs joueurs au monde sont habitués à passer plus de 30 semaines par an loin de chez eux. Ils se côtoient toutes les semaines, dans un pays différent, sur et en dehors des courts. Cela crée parfois quelques tensions, comme aperçues récemment entre Medvedev et Zverev. Mais qui sont les joueurs avec la meilleure réputation dans le vestiaire ?
Les potes
On partirait en vacances avec eux sans problème. On parle bien sûr d’Andrey Rublev, le récent vainqueur de Monte Carlo et parrain de la fille de Daniil Medvedev, très apprécié sur le circuit. Dans la jeune génération, c’est Jannik Sinner qui fait l’unanimité et dont le sens de l’humour est vanté. Frances Tiafoe, toujours accompagné de son smile légendaire, mérite aussi sa place ici. Le boss reste quand même Gaël Monfils.
Les gars sûrs
Ils sont d’un fair-play et d’une gentillesse qu’ils portent sur eux jusque sur le terrain. En tête de groupe, Rafa Nadal bien sûr, avec son acolyte Carlos Alcaraz, rarement critiqués par leurs pairs. On ajoute facilement à la liste des bons gars Casper Ruud, Matteo Berrettini et Felix Auger-Aliassime, tous trois à l’œuvre dans la série Netflix “Break Point”.
Les bad boys
Dans cette catégorie, on retrouve les gars au sang chaud qui, s’ils ne font pas l’unanimité, font quand même du bien au monde policé de la petite balle jaune. Le boss de la catégorie, c’est bien sûr Nick Kyrgios, l’Australien dont l’âge mental semble être resté bloqué à 17 ans. Son meilleur ennemi Stefanos Tsitispas n’est pas réputé pour être le plus fair play du monde, et a peu d’amis dans le vestiaire. Alexandre Zverev peut parfois se tendre et a aussi été au centre de plusieurs polémiques, sur et en dehors des courts.
La relève, dans un style différent, pourrait venir de Holger Rune, qualifié de “baby” par Stan Wawrinka pour son comportement. Il aime chauffer le public, comme le Russe Daniil Medvedev, parfois assez limite sur le court mais parait-il sympa en dehors. Enfin, comment ne pas citer Novak Djokovic, le plus chaud du Big 3, qui peut piquer quelques grosses colères sur le court et dont les méthodes font parfois jaser en dehors ?
