Désolé je fais que gagner, mettez moi sur terre battue - Daniil Medvedev
ATP Miami : Daniil Medvedevidemment !
La pièce sur Kachanov, Sinner-Alcaraz qui va devenir un classique pour les 14 prochaines années et un Medvedev définitivement revenu aux affaires : Miami n’a pas accouché d’une souris, mais n’a pas amené son lot de surprises non plus. Prédire les demies avant le début du tournoi n’était finalement pas difficile.
En dehors de Tsitsipas en délicatesse avec son épaule et Ruud pour qui les temps le sont, les favoris et principaux outsiders ont tenu leur rang. Auger-Aliassime n’a toujours pas remis les doigts dans la prise, Shapovalov non plus. Quant à Hurkacz, il a décidé de jouer à la roulette russe en allant au tie break à chaque fois.
La belle histoire est à mettre au crédit d’un local, Christopher Eubanks (119ème). Vous ne le connaissez pas ? Nous non plus, mais c’est un véritable braquage qu’il nous a offert là en atteignant les quarts.
Les demies donc. Kachanov est désormais un habitué du dernier carré, mais seulement pour les gros tournois (derniers US Open et Open d’Australie) mais est encore stoppé par son pote Daniil 6/7 6/3 6/3. Les drapeaux russes les sans drapeaux sont décidemment bien visibles.
Mais on ne va pas se mentir, l’attraction de ces 10 jours était la nouvelle opposition entre deux sacrés larrons, Sinner et Alcaraz. Le jeune italien en est cette fois sorti vainqueur en plus de 3h 6/7 6/4 6/2, avec de nouveaux sommets de jeu atteints. Merci les petits loups.
Il n’est pas facile de récupérer d’un match comme celui-là. Alors si en plus tu dois te coltiner en finale un Medvedev en sur-confiance contre qui tu as perdu les 5 fois où tu l’as déjà affronté, tu peux traîner un peu la patte. Daniil s’offre un 4ème titre en 5 tournois, est de retour à la 4ème place mondiale, 1er à la race, 24 victoires en 25 matchs. Heureusement, la terre battue qu’il adore détester arrive pour ses adversaires.
WTA Miami : Kvitova vous surprendre
C’est pas pour se la péter, mais on l’avait vraiment pas vu venir celle-là. On avait imaginé Rybakina et Sabalenka jouer les premiers rôles, et elles ont certes répondu présent.
Mais l’oscar, il est incontestablement pour Petra Kvitova. Double vainqueur de Wimbledon, ancienne numéro 2 mondiale, elle attirait un peu moins les caméras depuis quelques années. Elle prouve que ceux qui pensent qu’une carrière est terminée à 33 ans ont tort. Elle a joué un de ses meilleurs rôles pour aller jusqu’en finale, où elle a battu LA joueuse en forme du moment, Elena Rybakina. Salle comble.
On n’avait pas non plus imaginé Cirstea dans le meilleur second rôle, pourtant elle a réussi la meilleure performance de sa carrière à 32 ans. La “coupeuse de tête” a battu notamment Garcia et Sabalenka, pour se hisser en demi-finale, battue par la future vainqueur.
J'vous dis à dans 10 mois pour ma prochaine grosse perf - Petra Kvitova
Du côté des Français
Miami : Mannarino et Halys ça glisse
Deux français en 1/8èmes de finale à Miami, qui l’eut cru ? Pas grand monde n’aurait parié un kopeck sur Quentin Halys. Le bondynois sort certes de la meilleure saison de sa carrière à 26 ans, qui l’a vu entrer dans le top 100, mais ses références dans un grand tournoi sont proches de zéro. Du moins, ça, c’était avant. Il n’avait jamais gagné un match en Masters 1000 ? Il a battu Martinez. Il n’avait jamais gagné face à un top 20 ? Il a renversé De Minaur après avoir été mené 7/6 5/3. Il avait encore faim après ça ? Il a mangé McDonald. Il a cédé contre Medvedev, mais on lui pardonnera.
Adrian Mannarino a lui - comme souvent - joué des tours à ses adversaires sur son sol préféré, celui des USA. Shang Juncheng (18 ans) et Ben Shelton (20 ans), l’âge de Manna à eux deux ou presque, ne lui ont pas résisté. Mais battre Hurkacz à Miami, c’est une sacré perf ! Il a raté une sacré occasion contre Eubanks de rallier les ¼ de finale, et pour ça il s’en veut encore (et nous aussi, un peu).
Le reste du contingent français a été plus discret. C’est carrément une déception pour Caro Garcia, vaincue au premier tour par Cirstea, la même qu’il y a 2 semaines.
Challengers - ll n’y a pas d’(Van) Assche pour entrer dans le Top 100
18 ans, déjà top 100. Luca Van Assche a réalisé cet exploit en remportant son 2ème challenger de suite à San Remo. Il a perdu un set au premier tour, avant d’éparpiller un à un ses adversaires façon puzzle. Plus discret que Fils, il est devenu la terreur des tournois challengers avec 6 finales en quelques mois, dont 3 titres. Il est le 8ème français à entrer dans le top 100 avant ses 19 ans. Quand on regarde la liste des autres, on peut légitimement avoir des attentes : Noah, Santoro, Forget, ou plus récemment Gasquet et Monfils. Hâte de le voir à l’échelon supérieur, dès cette semaine à Estoril !
Va falloir se lever de bonne heure pour me descendre de mon perchoir - Luca Van Assche
Il a raté ses deux semaines : un petit Rune pour Holger
En plein dedans. Le jeune danois (19 ans) aux dents qui rayent le parquet connaît sa première petite poussée de fièvre. Ce peut être le nez qui coule, un petit mal de tête… mais certainement pas des frissons à procurer à ses admirateurs. Plutôt du grain à moudre à ses détracteurs.
Holger Rune est arrivé à Indian Wells avec l’envie de très bien faire, c’est à dire gagner. Le jeune viking sans peurs mais pas sans reproches s’est fait coucher par un papy encore fringant dès son deuxième match. Et autant vous dire qu’il n’ira pas passer ses vacances avec Stan Wawrinka (2/6 7/6 5/7).
Retour 5 mois en arrière, Master 1000 de Paris Bercy: Rune se défait non sans mal du suisse (38 ans) qui lui demande ensuite d’arrêter de se comporter comme un bambin sur le court. Un feu que Rune s’est empressé d’éteindre mais une casserole de plus aux fesses du jeune loup jugé immature par certains collègues.
Jusqu’à leur nouvelle rencontre en Californie où Rune n’a pu s’empêcher de glisser au filet un petit “Tu n’as rien à dire maintenant ?” Pas méchant pour un sou mais ça remet une pièce dans la machine.
Le seul souci, c’est qu’il n’a pas été forcément plus flamboyant à Miami. Deux victoires certes mais contre Fucsovics puis un Schwartzman toujours triste, avant de rapidement rendre les armes contre Fritz 6/3 6/4.
Rien d’alarmant pour Rune mais qui semble avoir les jambes un peu coupées. Le 9ème mondial va pouvoir faire le plein de vitamines en Europe sur une terre qu’il apprécie et remettre ainsi la marche en avant. Holger n’a pas attendu Patrick, annonçant aujourd’hui même l’arrêt de la collaboration avec Mouratoglou.
Oui j'ai un caractère de cochon et alors ? - Holger Rune
Il y a… 17 ans à Miami : Sunshine Double pour un certain Roger
On est en 2006. Jacques Chirac est président, Zidane peaufine son coup de tête pour le mondial, Amélie Mauresmo vient de remporter l’Open d’Australie et… un certain Roger F. est le numéro 1 mondial incontesté. Il vient de remporter Indian Wells face à James Blake et joue pour réussir son premier “Sunshine Double” (doublé Indian Wells-Miami). Hormis le Suisse, les favoris se nomment Nadal (déjà), Nalbandian, Roddick ou encore Agassi.
Qui est le seul à prendre un set à Roger en chemin ? Ce bon vieux Arnaud Clément, vous l’aurez deviné. Federer domine James Blake en ¼, puis Ferrer en ½. Il joue son doublé face à Ivan Ljubijic en finale, à l’époque où les finales se jouaient encore en 3 sets gagnants. Il n’en faudra pas un de plus au Suisse pour soulever le trophée, en 3 tie-breaks face à celui qui deviendra plus tard membre de son staff. Sans rancune.
Ce qu’il va se passer cette semaine
“C’est l’printeeemps, j’suis conteeent” C’est le retour des glissades, des rallyes à n’en plus finir et de la terre battue plein les chaussettes.
ATP 250 Houston: pour prévenir du mal du pays
Beaucoup d’européens devraient avoir déjà quitté l’Amérique pour retrouver leur continent et leur famille. Alors à Houston, c’est plein de gens vivant à gauche de l’atlantique qui voudront empocher 250 points. La question est alors : un américain ou un terrien pour s’y imposer ? Parce que combiner les deux, c’est rare.
Le favori : Tiafoe et Paul ont tout de même deux belles têtes de vainqueurs série.
La pièce : Cristian Garin coche pas mal de cases.
ATP 250 Marrakech : du sable battu au menu
Pas moins de trois marocains sont présents dans le tableau final ! Pour autant, en voir un s’imposer serait un exploit monumental. On le sait, l’acclimatation à la terre battue ne se fait pas en un match, l’expérience va jouer, la forme du moment aussi.
Le favori : Nicolas Jarry en bon terrien qu’il est.
La pièce : Richiiiiiiiiiiiiiie Gasquet pour un deuxième trophée cette saison <3
ATP 250 Estoril : brandade, porto et brique pilée, bienvenue au Portugal
L’incontournable Estoril est de retour, tournoi qui attire chaque année les plus gros poissons de la semaine. Casper Ruud le métronome déréglé, Albert Ramos-Vinolas notre chouchou, ou Ben Shelton (sait-il glisser ?) seront dans nos radars pour différentes raisons.
Le favori : Ruud va retrouver des couleurs sur sa surface préf.
La pièce : Davidovich Fokina et sa couette vont passer du temps sur les courts.
WTA 500 Charleston : une dernière danse aux States
Même topo que chez les hommes, les plus réfractaires à l’Europe auront l’occasion de jouer à Charleston pour 500 points. On notera le retour d’Elina Svitolina qui tentera de gagner quelques points entre deux biberons donnés à Skaï Monfils. Cinq top 10 dans le tableau, ça va swinguer.
La favorite : Jessica Pegula.
La pièce : comptez sur Leylah Fernandez pour livrer de grosses batailles.
