Novak l'a joué petits bras avant de la finir gros bras.
Ce qu’il s’est passé cette semaine
Nitto ATP Finals Turin : Djokovic, Maître du Court et du Temps
Il a fini par terrasser Murray, Federer, Nadal. Puis Wawrinka et Thiem. Puis Zverev, Tsitsipas, Medvedev. Il a anéanti les espoirs de Rublev. Et voilà maintenant qu’il commence à sérieusement dégoûter une nouvelle génération, la dernière en date, celle d’Alcaraz, Rune et Sinner. Il a 16 ans de plus que certains. 16 ans de trophées (98) et d’expérience, mais des jambes et une fraîcheur mentale au moins aussi jeunes que les derniers cités.
Novak Djokovic a 36 ans, a tout gagné plusieurs fois, mais il continue de chasser après ses propres records parce que ça l’amuse. Parce qu’il veut les porter à des hauteurs que jamais personne ne pourra un jour contester.
Jusqu’à la semaine dernière, Roger Federer avait régné autant de fois en Maître de la saison que le serbe. Mais Novak n’aime pas partager. Alors il a profité de la phase de poules pour se régler et se faire peur. Après un nouveau match très accroché contre Holger Rune, il s’est payé le luxe de perdre 5/7 7/6 6/7 contre Jannik Sinner. Et de paumer un set qui aurait pu être décisif contre Hubert Hurkacz lors de son 3ème match. Il fallait une victoire de Rune sur Sinner lors du dernier match pour l’éliminer. Et il s’en est fallu de peu.
Dans l’autre poule, Alcaraz a eu le malheur de finir 1er à la faveur de son dernier match couperet victorieux contre un Medvedev déjà qualifié. Le jeune espagnol avait pourtant perdu dans un premier temps contre Zverev et donné des signes de lassitude mentale compréhensibles (sauf pour Djoko) en cette fin d’année. Grave erreur d’Alcaraz comme on allait le voir par la suite.
Demi-finales. Les compteurs sont remis à zéro et il n’y a que Djokovic qui l’a compris.
Le choc Djokovic-Alcaraz, 4ème opus de la saison tourne court. 6/3 6/2.
La bataille Sinner-Medvedev en est une vraie et l’italien a trouvé la clé pour la troisième fois d’affilée contre le russe 6/3 6/7 6/1.
Les louanges et la couronne de lauriers tressés déjà mise sur la tête de poil de carotte, c’était un poil prématuré. Djokovic, plus motivé et concerné que jamais n’a finalement pas laissé la moindre chance au jeune italien 6/3 6/3.
Sinner était le premier local en finale du Master depuis Murray en 2016, le premier italien tout court en finale. Il ne repart pas bredouille mais bardé de compliments de la part du serbe, de Medvedev et d’autres: il gagnera des Grands Chelems et sera numéro 1 mondial un jour. Sinner viendra, mais pas tout de suite. Pas tant que Djokovic est là.
Quant à ce dernier, c’est un 7ème trophée des Finals, une 8ème année bouclée numéro un mondial et 400 semaines au sommet (Federer en était à 310…). Ne cherchez pas ce qui lui manque. Il lui manque toujours de gagner chaque tournoi une fois de plus que la saison précédente. De botter les fesses des petits jeunes. Et surtout, d’enfin gagner l’or (plutôt en simple) aux Jeux Olympiques. Cela tombe bien, c’est dans 8 mois et Novak est disponible en Juillet, il a plein de RTT à poser.
Novak plus fort ou le top 10 moins fort ?
Mdrrr t'as vu le niveau des petits jeunes qui arrivent ? Franchement... Marat Safin et Juan Martin Del Potro en 2009
Pour la quatrième fois de sa carrière, Novak Djokovic a réalisé le petit chelem sur la saison en gagnant l’Open d’Australie, Roland-Garros et l’US Open. En plus du Master. L’année 2023 est donc un très bon cru pour Nole. Débarrassé de Nadal et Federer qui, il faut bien le dire, lui ont mené la vie dure tout au long des années 2010, il reste le chef face aux générations suivantes depuis bien des années. A tel point que cela peut en devenir gênant pour la concurrence.
Alors, Djoko 2023 Grand Cru ou top 10 actuel mauvaises récoltes ?
Il n’y a nul besoin d’un nez très fin pour remarquer que les jeunes loups catégorisés NextGen nourrissent (ou nourrissaient) un sentiment d’infériorité face à Djokovic mais aussi Nadal ou Federer à l’époque. Si certains cépages autrichien (Thiem), russe (Medvedev) ou allemand (Zverev) ont parfois cueilli Novak et ses prédécesseurs, la Next Gen fait aujourd’hui du sur-place alors qu’ils n’ont “qu’un vieux concurrent” à déloger pour trôner en tête des ventes.
Sinner (22 ans), Rune et Alcaraz (20 ans) sont trop jeunes et intéressants pour déjà les qualifier de piquette.
Le nez et la robe de la NextGen emmenée par Thiem, Medvedev, Kyrgios, Zverev, Tsitsipas, Rublev, Tiafoe, Fritz, Shapovalov… posent en revanche davantage question. Là dedans, il y a deux titres du Grand Chelem, quelques finales et surtout une pelletée de déceptions. Sont-ils moins forts que le top 10 d’avant ?
Courant des années 2010, Murray et Wawrinka se sont partagés 3 Grands Chelems et une place pas volée du tout de numéro un mondial pour l’écossais.
Marin Cilic a réussi là ou Tsitsipas et Zverev ont toujours échoué.
Kévin Anderson a deux finales de Grand Chelem sans jamais avoir été considéré comme aussi bon que le grec. C’est pas juste ou c’est vrai ?
Rublev est et sera-t-il vraiment plus fort que David Ferrer et sa finale à Roland-Garros ? Sûrement pas.
Jo Tsonga regarde-t-il Tsitsipas dans les yeux ? Assurément au vu du calibre de ses adversaires de l’époque.
Monfils, 37 ans, bat Tsitsipas (toujours lui désolé) en 2023, est-ce vraiment surprenant ? Bien sûr que non.
Où se situerait Tomas Berdych et son Bercy 2005 ? Forcément au dessus de Khachanov et son Bercy 2018.
Juan Martin Del Potro. L’US Open 2009 est à lui, personne de la NextGen ne lui arrive à la cheville, pas même Medvedev et son US Open 2021. L’argentin était beaucoup trop fort.
On continue ?
Nikolaï Davydenko et David Nalbandian doivent se marrer vu le niveau affiché par Fritz, Tiafoe ou F2A.
Quant à Marat Safin, il a toujours autant de Grands Chelems que toute la NextGen réunie tout en se bagarrant, mort saoûl, au bar la veille de match.
Mais parce qu’il faut toujours mettre de l’eau dans son vin, et ne pas toujours tirer sur l’ambulance…
Soyons sérieux, Soderling n’a jamais eu la régularité ni le palmarès de notre tête de grec préférée Tsitsipas.
On ne va tout de même pas comparer Zverev à Fernando Verdasco et sa seule demie en Australie. Si ?
Nishikori, c’est bien joli et ça joue fort, mais tout de même, Kyrgios est plus drôle et costaud non ?
Milos Raonic, ah ça ça tape dans tous les sens, ça fait des finales… Mais Rublev a gagné un M1000 lui…
Cilic a certes gagné un Grand Chelem mais Medvedev aussi et entre les deux c’est le russe le plus fort point.
Dans tout cela il y a une vérité et une seule, immuable. Novak Djokovic les a tous mis au pas.
