Finale femmes : la magnifique passe de trois de Swiatek
Injouable. Imbattable. Inarrêtable. Igagnable en fin de compte. Roland est son jardin, Swiatek en a les clés. Pour la 3ème fois en cinq participations et deux ans d’affilée, la polonaise, numéro une mondiale va au bout de l’aventure.
Dès le début de la quinzaine, Iga en était la favorite. A mesure que le tournoi avançait et des torgnoles qu’elle infligeait à ses adversaires, elle le devenait davantage si tant est que ce soit possible. En voyant son adversaire en finale, il n’y avait plus de doute. Il n’y avait guère que Sabalenka qui pouvait la bousculer.
Samedi, jour de finale, Karolina Muchova ne s’est cependant pas présentée en victime expiatoire. Après tout, elle a offert le match de la quinzaine hommes et femmes confondus en demie finale contre la biélorusse. Au contraire, la tchèque a encore enchanté avec son tennis fait de variations, de slices, de montées à la volée, et d’attaques tranchantes. Son modèle est Roger Federer, ça se voit et elle a bon goût.
Iga Swiatek sait comment aborder les finales de Grand Chelem puisqu’elle n’en a jamais perdu. Muchova mucho moins, puisqu’elle n’en a jamais joué.
Cela s’est vu lors du premier set mené tranquillement par Swiatek 6/2. Plus solide qu’une table en Swiateck, elle prend le large 3-0 dans le deuxième set. On pensait alors vivre une énième finale frustrante d’une heure à peine. Moment où Muchova nous montre de quel bois elle se chauffe. D’une justesse folle dans ses coups et ses décisions, elle fait douter Swiatek. Le public en redemande, Muchova aussi. 7-5 pour elle, et même 2-0 d’entrée au troisième. La polonaise débreake finalement rapidement et le mano-à-mano se poursuit jusqu’à ce qu’Iga décide subitement de sonner la fin du bal à 5-4.
Une superbe finale pour deux superbes finalistes.
Iga Swiatek montre qu’elle est encore la patronne du circuit. A elle d’apprivoiser le gazon qui ne lui réussit pas pour le moment.
Muchova prend date. Parce que vous savez quoi ? C’est peut-être la surface où son jeu s’exprime le moins bien.
22 ans et déjà 3 Roland-Garros, des temps de passage Nadalesques pour Iga Swiatek
Finale hommes : Djokovic devient le premier homme à remporter un 23ème titre du Grand-Chelem
En l’absence de Rafael Nadal, on parlait du Roland Garros le plus ouvert de ces 20 dernières années. Au final, il a consacré l’homme qui était sans doute le plus attendu par les observateurs, l’inébranlable Novak Djokovic.
Après avoir écarté l’autre grand favori en demi-finale, le successeur Carlos Alcaraz, il lui restait une ultime étape face à Casper Ruud. Impressionnant depuis le début du tournoi, on sentait que le Norvégien avait les épaules pour enfin remporter un Grand Chelem à sa 3ème finale. Il entamait d’ailleurs la finale tambour battant, menant 4/1 avec un tennis tout sauf ru(u)dimentaire. Passé proche de remporter ce premier set à 5/4, Ruud baissait pavillon au tie-break face à un Djoko imprenable dans l’exercice sur cette quinzaine.
Il ne le savait pas encore, mais il avait laissé passer sa chance. Djoko se détachait rapidement en début de second set et gardait cet avantage jusque la fin du set (6/3). Le troisième set était accroché jusque 5 jeux partout, avant que le Serbe ne fasse la différence sur un jeu en blanc, comme en mission pour marquer l’Histoire. Il ne flanchait pas au moment de conclure malgré une émotion palpable.
Novak Djokovic rentre en effet (encore plus) dans l’Histoire, il devient l’homme qui a remporté le plus de titres du Grand Chelem dans l’Histoire du tennis. Avec ce 23ème, il devance désormais Rafael Nadal d’une longueur et semble bien en place pour ne jamais être délogé.
S’arrêtera-t-il ici ? On en doute, et le prochain record qu’il lorgnera seront les 8 titres à Wimbledon comme Roger Federer, et les 24 titres du Grand Chelem de Margaret Court pour être recordman hommes et femmes confondus. Il s’avance déjà en favori pour Wimbledon qui commence dans un mois. Il redevient par la même occasion numéro 1 mondial. Presqu’un détail me direz-vous, au vu du palmarès du bonhomme…
La légende est sur la photo
Et sinon ?
La paire Dodig/Krajicek avait vraisemblablement peur que leurs opposants prennent froid. La veste prise par Gillé/Vliegen est claire et nette 6/3 6/1. Troisième titre en double en Grand Chelem pour Dodig, premier pour Krajicek qui devient numéro un mondial.
En double féminin, la taïwanaise Hsieh et la chinoise Wang vont au bout de leur aventure en battant 1/6 7/6 6/1 la paire Fernandez/Townsend. Cinquième titre pour Hsieh qui était numéro une mondiale il y a 9 ans, premier pour Wang.
Chez les simples garçons, attention, nom à retenir : Dino Prizmic (n°3) s’impose contre le bolivien Prado Angelo (n°8). Le Croate promet et on pourrait voir son nom apparaître chez les grands un jour ou l’autre.
On vous parlait de Mirra Andreeva chez les grandes (16 ans et 3ème tour). Retenez également Alina Korneeva, russe également, 15 ans encore et qui, après l’Open d’Australie, s’adjuge Roland Junior en battant la péruvienne Pérez Alarcon 7/6 6/3.
