US Open H : Djokovic, Margaret-moi si tu peux
Le boss, c’est toujours Djoko. A 36 ans, il remporte son 24ème titre du Grand Chelem, égalant le record historique de Margaret Court (spoiler : avant de le battre en 2024). Surtout, il prouve qu’il est encore le patron du tennis mondial malgré la folle éclosion de son successeur désigné, Carlos Alcaraz. Avec 3 titres du Grand Chelem cette saison, il reprend logiquement la 1ère place mondiale en ayant joué… 10 tournois seulement en 2023.
Daniil, sur son île à Manhattan. L’autre grand monsieur de cette quinzaine, c’est Daniil Medvedev. Quand il bouge de son rocher Monégasque, il est décidément bien à son aise à New York. Il s’y est offert une 3ème finale sur les 5 dernières éditions. Il a surtout sorti l’un des deux grands favoris du tournoi, s’offrant Alcaraz au terme d’un des plus beaux matchs de la quinzaine. Personne ne donnait cher de sa peau, mais il a impressionné, solide comme un roc au fond du court face à un Carlos sans solutions.
Shelton y a le téléphon qui son. La surprise de cet US Open est encore une fois américain, il est tout jeune et il envoie du lourd ! Flashé à 240km/heure au service, ses grosses frappes ont fait des ravages. Dans un quart de tableau dégagé, c’était guerre civile aux US, puisque le jeune Ben est sorti vainqueur de duels fratricides avec Paul puis Tiafoe pour atteindre le dernier carré. Il s’est heurté à ce qui se fait de mieux, prenant 3 sets par Djokovic dans un duel d’abord à sens unique puis équilibré au 3ème set.
La finale vue de l’intérieur - Envoyé spécial à New York
Alors que Djoko et Medvedev foulaient le stade Arthur Ashe, j’avais la chance de me trouver parmi ses 22 000 spectateurs. L’ambiance était dingue, le public largement acquis à Djoko et prêt à voir l’Histoire se dérouler sous ses yeux.
Temps 1 : Djoko étouffe complètement Medvedev, mené 6/3 3/3 et qui semble sans solution au retour. On semble se diriger vers une finale à sens unique.
Temps 2 : une fin de second set insoutenable (près d’1h40 pour ce set), avec des occasions de part et d’autre mais un Daniil qui semble légèrement au dessus face à un Djoko marqué physiquement. Balle de break manquée, balle de set manquée, tie-break, vous connaissez la suite… Dans une ambiance de folie, Djoko prend le large.
Temps 3 : comme dans le premier set, Djoko prend rapidement le dessus face à un Daniil psychologiquement atteint, pour remporter son 24ème Grand Chelem devant une foule en délire !
Tout le monde debout pour une championne à terre parce qu'elle a gagné - Coco Gauff
US Open F : Gaufficiellement Majeure
La planète tennis l’attendait depuis 4 ans maintenant. Coco Gauff, monstre de précocité et quart de finaliste de Wimbledon à 15 ans, soulève son premier trophée du Grand Chelem, à la maison pour faire les choses comme il faut. Tout au long d’un été où elle aura gagné son premier 500 à Washington, puis son premier 1000 à Cincinnati avant l’US Open, elle a affiché ses progrès et se place en tête de lice pour être la prochaine star et leader du tennis féminin qui en manque de moins en moins.
Son parcours n’est pas piqué des hannetons puisqu’elle sort notamment la jeune aux dents longues Andreeva, une Caro Wozniacki qui n’a pas eu tort de revenir, une Ostapenko sur courant alternatif et une Muchova qui s’installe dans le top 10. Sa finale contre Sabalenka montre tous ses progrès mentaux pour renverser la vapeur 2/6 6/3 6/2. Elle est cette semaine 3ème mondiale.
Aryna Sabalenka, nouvelle numéro 1 mondiale défaite. La biélorusse a confirmé sa régularité cette année dans les grands évènements puis qu’elle aura participé à minima aux demies finales des 4 levées de Grand Chelem. Mieux, elle a gagné l’Open d’Australie et fait finale à l’US Open. Il n’empêche, il existera toujours un bémol, ayant pour habitude de perdre contre les meilleures des matchs au couteau lorsqu’elle est bien placée pour les gagner (Muchova à Paris, Jabeur à Londres et Gauff à NY). Elle perd davantage ses matchs que ses adversaires ne les gagnent, y a du boulot côté émotivité encore.
Muchova a trouvé la Keys, Madison l’a retrouvé. En demies, outre les finalistes, on y a vu une confirmation et une revenante. Karolina Muchova et son tennis complet et champagne a prouvé à tout le monde qu’elle méritait sa place parmi les joueuses qui comptent, après sa finale à Roland Garros. Débarrassée de ses blessures, elle s’installe dans le paysage des fins de tournois.
Quant à Madison Keys, c’est un retour au presque sommet qu’elle nous offre là. Elle en a l’habitude il faut dire (une demie en Australie en 2015 à 20 ans). Irrégulière comme personne d’autre, pas même Caro Garcia, elle avait quitté le top 50 en 2021, claqué une demie en Australie en 2022 avant de disparaître de nouveau et pointer le bout de son nez à Eastbourne puis Wimbledon (quarts) cette année.
Et sinon ? La vainqueure de Wim’ Vondrousova a bien cru refaire le coup mais une blessure en 2ème semaine a mis à mal ses plans en quarts. Elle a définitivement le niveau. Un premier quart en Grand Chelem pour Zheng qui s’installe doucement vers le top 20 à 20 ans, une cure de jouvence pour la coupeuse de têtes Cirstea à 33 ans. Les mamans Svitolina et Wozniacki ont perdu contre plus fortes qu’elles sans démériter (Pegula et Gauff).
Et Iga Swiatek alors ??? La polonaise est une reine déchue. Tenante du titre et numéro 1 mondiale au début du tournoi, elle a tout perdu face à sa bête noire Ostapenko dès les 8èmes de finale. Au moins elle va pouvoir se remettre au travail l’esprit plus léger qu’elle dit.
Titouan Droguet, accro aux victoires et en pleine progression cet été
Les deux semaines La semaine à l’US Open des français
Y a des plus forts que nos français.
Enzo Couacaud issu des qualifs bute en 5 sets à l’expérience contre Vesely. Gasquet ne tient pas la marée en 5 sets également contre Maroszan, Greg Barrère est trop juste après sa blessure contre le jeune Mensik, 18 ans. Coco Moutet (Murray), Cazaux (Rublev), Van Assche (Jarry), Humbert (Berrettini), Lestienne (Altmaier) et Muller (Djokovic hahaha) n’ont rien pu faire ou presque.
Parce qu’il fallait bien un perdant, Halys a donné de sa personne contre Benjam Bonzi.
La perf : Musetti complètement stone contre Droguet.
Titouan, 22 ans et habitué des challengers surfait sur une dynamique folle de 23 victoires sur ses 27 derniers matchs, qualifs de l’US Open comprises. Et au 1er tour, contre le 18ème mondial, pour son premier match en Grand Chelem, il dégoûte le jeune italien Musetti en 5 sets. Il ne confirme malheureusement pas au 2ème tour contre Jakub Mensik, 18 ans et plein de promesses.
Y a des moins forts que nos français.
Monfils, Gaston, Mannarino, et Rinderknech ont assumé leur statut au 1er tour et même au 2ème tour pour les deux derniers.
Au 3ème tour en revanche, projecteurs éteints, la belle aventure prend fin contre Tiafoe (n°10) pour Mannarino et Rublev pour Rindeknech (n°8).
Y a des français trop courts mais c’est pas mal quand même.
Arthur Fils avait un gros morceau de barbaque à avaler, en l’occurrence Tallon Griekspoor au 1er tour. Et Arthuro est allé chercher sa première en Grand Chelem au forceps, en 5 sets et en crampant de stress dès le 3ème. Gros regrets au 2ème tour contre l’italien Arnaldi qui s’en sort en 5 sets encore.
Benjamin Bonzi connaissait une année un peu galère cette année en sortant des 100 premiers. Les lumières de NY l’ont fait briller lors du 1er tour et surtout au 2ème en sortant un chouchou américain, Eubanks en 4 sets. Il est trop court contre la révélation du tournoi, le suisse Dominic Stricker tombeur de Tsitsipas au 1er tour.
Y a des plus fortes que nos françaises.
Ferro, Gracheva, Jacquemot (sortie des qualifs), Parry, Cornet n’ont pas toujours pesé lourd contre des adversaires qui n’étaient pourtant pas des têtes de série sauf Azarenka pour la première.
Tête de série, Caro Garcia l’était en revanche. Mais ça ne veut pas dire grand chose pour elle en ce moment et s’incline également dès le 1er tour contre Yafan Wang 6/4 6/1.
La perf : Clara Burel aime New York, pas Sabalenka.
L’éclaircie française vient de la jeune française qui rallie de nouveau le 3ème tour en sortant un gros match contre une Pliskova (n°25) à côté de ses pompes depuis quelques mois tout de même. Mais comme l’année dernière, elle tombe sur un os ensuite en retrouvant une nouvelle fois Sabalenka pour une boucherie 6/1 6/1.
