Le résumé de la semaine : surprises en pagaille
Contrairement à ce que laisse penser cette image, ce sont les adversaires de Cerundolo qui ont mis le genou à terre cette semaine
ATP Majorque - le braquage d’Eubanks
Tsitsipas était attendu du côté de Majorque pour voir si' l’herbe est plus verte ailleurs, il a mangé le gazon d’entrée. On avait prédit une victoire de Mannarino, il est passé proche en allant jusqu’en finale. Mais c’est pour Christopher Eubanks qui a fini par dire “Banco” ! L’américain de 27 ans, 75ème mondial, a remporté 5 belles batailles pour remporter le tournoi. Au bord du précipice face à Michelsen au 1er tour, il est sorti vainqueur 7/6 au 3ème de Shelton au second tour et sur le même score en demi-finale face à Harris (ça mange pas de pain…). Il remporte le premier titre de sa carrière, et sa finale face à “Manna” aura au finale été son match le moins disputé !
ATP Eastbourne - Cerundolo, round 2
Le gazon, ce n’est pas franchement la tasse de maté des Argentins, alors en voir un l’emporter à Eastbourne est un petit miracle. Pour la seconde fois depuis 1990, un bleu et blanc l’a emporté sur gazon. Il a renvoyé McDonald au pays du burger en demi-finale, avant de remporter son second titre en carrière face à l’un des favoris, Tommy Paul, en finale. En constante progression, il fait son entrée dans le top 20 mondial et prouve qu’il n’est pas qu’un joueur de terre-battue.
WTA Eastbourne - la danse de la victoire pour Madison Keys
Décidément, semaine à surprise sur le circuit. Chez les femmes, le tableau d’Eastbourne était très relevé avec 5 joueuses du top 10. Mais c’est l’américaine Madison Keys, 25ème mondiale, qui a trouvé la clé. Vainqueur de Coco Gauff en demies et de Kasatkina en finale, elle a parachevé une semaine pendant laquelle elle n’aura pas perdu un set.
WTA Bad Homburg - Siniakova profite des malheurs d’Iga
Le plateau était moins relevé en Allemagne, et Swiatek faisait figure de grande favorite. Après 3 premiers tour relativement faciles, la numéro 1 mondiale a jeté l’éponge pour sa demi-finale face à Bronzetti, malade. Et c’est donc Siniakova qui l’a emporté sur l’Italienne en finale. Espérons que Swiatek soit remise pour le début de Wimbledon…
La semaine des français : Mannarino, c’est rosse
Excellente semaine pour le 3ème âge du tennis français. La grosse perf’ est à mettre au crédit d’Adrian Mannarino, finaliste à Majorque et qui réalise une saison sur gazon à rendre verts tous ses compatriotes. Malheureusement, il est passé à côté de sa finale… Par la même occasion, il repasse numéro 1 français devant Ugo Humbert. Quoi de mieux pour fêter ses 35 ans que d’être 35ème ?
Toujours à Majorque, à noter les belles performances de Rinderknech et de Moutet, défaits en ¼ de finale par les deux finalistes, Eubanks et Mannarino.
L’autre grand monsieur de la semaine, c’est Greg Barrère. Demi-finaliste à Eastbourne, il a remporté 3 gros combats avant de céder face à Paul. En progression constante ces derniers mois, il réalise sa première demi-finale sur le circuit ATP et rentre dans le top 50 à… 29 ans. Une barr(i)ère de plus de franchie.
Wimbledon : le résultat des qualifications
Parce qu’un tournoi du Grand Chelem ne dure pas deux semaines mais bien trois, il convient de s’intéresser aux batailleurs et batailleuses de l’ombre. Pour les qualifs de Wimbledon, c’est d’ailleurs à Roehampton que ça se passe.
L’occasion de retrouver de vieilles connaissances, des joueurs qui devraient être plus haut, ou des pépites. C’est à dire Cuevas, Pospisil ou Herbert, Paire, Kokkinakis ou Gaston, et enfin Seyboth Wild, Stricker ou Medjedovic.
A l’arrivée, on notera le grand sourire de 3 français : Harold a fait monter la sauce Mayot, pas de Couacaud chez Enzo ni de mal au ventre chez Lolo Lokoli-que. Stricker, Medjedovic, Marterer, Otte ou Brouwer seront aussi à surveiller dans le tableau final. Déception pour Lucas Pouille qui abandonne dans le deuxième set de son 3ème et dernier match alors qu’il avait gagné le 1er.
Chez les femmes, Sofia Kenin s’en sort comme une grande qu’elle était il y a peu (vainqueur en Australie et finaliste à Roland Garros en 2020). Mirra Andreeva (16 ans toujours) s’en sort comme une grande qu’elle sera sous peu. Yanina Wickmayer et Viktorija Golubic l’ont joué à l’expérience et ça paye (64 000€ pour une défaite au 1er tour).
Wimbledon, le tableau
L’herbe est bien coupée, les vêtements sont plus blancs que blancs, le thé est chaud mais pas brûlant ? Let’s fucking do it comme dirait le meilleur ennemi du All England Club, j’ai nommé Nick Kyrgios.
En parlant de ce gai luron, l’aussie rebelle finaliste l’année dernière n’apportera finalement pas ses facéties et ses invectives avec lui puisqu’il a déclaré forfait cette nuit pour un poignet défaillant.
Chez les vrais favoris, le parcours semble davantage semé d’embûches pour le numéro 1 mondial Alcaraz (Humbert, De Minaur, Tiafoe ou Rune, Medvedev ou Tsitsipas) que Djokovic (rien avant les 8èmes et Musetti, Sinner… parce que Rublev et Ruud sur gazon, bof qu’ils vous diront eux-mêmes).
A vrai dire on voit mal qui peut empêcher Djokovic de tracer sa route jusqu’en finale hormis, outre les 1ers cités, le polonais Hubert Hurkacz, ancien demi-finaliste en 2021. En haut du tableau, outre Alcaraz, Shelton pourrait avoir un coup à jouer, tout comme Korda s’il gère Eubanks ou Norrie.
Les français sont cernés quant à eux. Chardy pour son (dernier?) match affronte Alcaraz. Des duels franco-français dès le 1er tour entre Muller et Rinderknech, Bonzi et Mayot, Gasquet et Moutet. Mannarino pourrait affronter Medvedev au deuxième tour, Rinderknech puis Humbert Alcaraz aux 2ème puis 3ème tour…
Remake de Roland Garros pour Arthur Fils qui retrouve Davidovich Fokina pour une savoureuse revanche ? Enfin, Greg Barrère (demi-finaliste à Eastbourne) devra bien pétrir Harris (demi-finaliste à Majorque). Ce sera dur pour Lokoli contre Ruud et Van Assche contre Karatsev.
Quelques affiches alléchantes avec un Thiem-Tsitsipas, un Murray-Peniston, et un Tiafoe-Wu en entrée.
Dans le tableau féminin, Rybakina la tenante du titre sera dans la moitié de tableau de… Sabalenka. Les deux ogres laisseront donc seule en haut Swiatek dont on verra si elle apprivoise davantage le gazon désormais. Ons Jabeur, la finaliste de l’année dernière et en délicatesse cette année est… également dans la partie basse du tableau. Vous en voulez d’autres ? La colonie tchèque d’outsiders l’est également !!! Kvitova (double vainqueur), Pliskova (finaliste), et Muchova (finaliste de Roland Garros) traîneront dans les parages. Attention à Ostapenko qui voudra sans doute participer à la fête.
Mais alors qui reste-t-il dans la moitié de tableau de Swiatek ? Caro Garcia pardi ! Si son épaule et son mental tiennent, pourquoi ne pas retrouver notre frenchie en demies contre la terreur polonaise ? Reste à écarter pour elles tout de même l’ainée Fruhvirtova (18 ans), Bencic, Kasatkina et surtout Gauff et Pegula qui ne sont pas des hases de 6 semaines.
Chez les françaises, Caro Garcia donc commence par l’américaine Volynets, Diane Parry par la locale Harriet “Fléchettes” Dart. Cornet la coupeuse de têtes pourrait sortir Rybakina au 2ème tour si elle gère la lucky-loser Hibino au 1er. La néo-française Gracheva aura fort à faire pour son premier chelem sous bannière bleu-blanc-rouge en affrontant Giorgi.
On regardera attentivement le match Svitolina-Williams, Muchova-Niemeier, Sakkari-Kostyuk et Gauff-Kenin.
Des coups parfois un peu bizarres, mais un gros coup pour finir - Christopher Eubanks
Le focus : Christopher Eubanks, bourses pleines
Originaire d’Atlanta, l’Américain est passé par le cursus universitaire avant de faire ses classes sur le circuit professionnel. Diplômé à 21 ans en administration des Affaires à la Georgia Tech University, il a tenté sa chance sur le circuit ATP dans la foulée.
Végétant autour de la 200ème place mondiale jusque mi-2022, il a connu une éclosion tardive et vit un rêve éveillé depuis 1 an. Retour en 4 moments marquants sur son accession au plus haut niveau :
Acte 1, Us Open 2022 : issu des qualifications, il remporte son 1er match en Grand Chelem et accède au second tour, dominé par Sinner.
Acte 2, Novembre 2022 : il fait 2 finales en challenger d’affilée à Knoxville et Charlottesville, qui lui permettent de se rapprocher du top 100 et d’obtenir une invitation pour l’Open d’Australie 2023.
Acte 3, Miami 2023 : sorti des qualifications, il domine Coric, Barrère puis Mannarino pour atteindre les ¼ de finale du Masters 1000, seulement stoppé par Daniil Medvedev. Il intègre pour la première fois le top 100.
Acte 4, Majorque 2023 : il remporte son premier titre ATP au cours d’une semaine intense. Il fait une entrée fracassante dans le top 50.
"Serena n'est plus là, ça te va si je repars et je gagne ? On va s'marrer" - Caro Wozniacki
La bonne nouvelle de la semaine : Wozniacki, Caro peut-elle encore piquer nos cœurs ?
L’annonce a été faite par l’intermédiaire de Vogue et de ses réseaux cette semaine. Caroline Wozniacki fait le pari d’un retour au plus haut niveau. Elle avait bien caché son jeu ces dernières semaines et se découvre afin de prendre tout le monde de court pour la deuxième partie de saison.
La danoise, qui était à la retraite depuis 3 ans sortira son plus bel atout pour bien figurer dès Montréal et annonce avoir carrément en ligne de mire l’US Open avant les JO 2024. Pour accompagner Clara Tauson ?
De multiples questions se posent désormais. Tout d’abord comment va-t-elle, elle qui a mis sa carrière entre parenthèses à cause d’une maladie articulaire inflammatoire chronique, une polyarthrite rhumatoïde qui l’empêchait parfois de se lever de son lit le matin à l’époque. Par dessus ça, elle a donné naissance à deux enfants avec son mari David Lee, pas en reste niveau sportif (champion de basket NBA).
Alors Wozniacki peut elle décemment espérer revenir à un haut niveau, celui qui était le sien il y a quelques années ? On parle quand même d’une ancienne numéro une mondiale à 20 ans (2010) qui a longtemps attendu avant de gagner son seul et unique tournoi du Grand Chelem à date, l’Open d’Australie 2018.
La meilleure amie de Serena Williams veut prendre exemple sur sa pote et plus encore sans doute sur Kim Clijsters qui a claqué trois grand chelem en tant que maman.
Jelena Jankovic, ancienne numéro une mondiale et rivale de Caro y croit (à sa façon) en tout cas : “Je comprends pourquoi elle revient : le niveau est tellement faible que même une joueuse comme Caroline a des chances de remporter des tournois du Grand Chelem aujourd’hui. À mon époque, ce n’était pas si facile.”
