Ce qu’il s’est passé cette semaine
ATP 500 Bâle pour Auger-Aliassime
Alias him. Alors celle là, elle est bonne. Après une saison 2022 éblouissante qui l’avait vu intégrer le top 10, Felix Auger-Aliassime traversait 2023 tel Casper un fantôme. Il risquait gros sur cette fin de saison, avec des titres à défendre à Florence, Anvers, et donc Bâle. Ca avait été raté pour les 2 premiers, mais il a remis les compteurs à zéro avant d’arriver en Suisse. Vainqueur d’un tournoi relevé, il a notamment battu Holger Rune (lui aussi de retour en forme) en demi et s’est farci Hurkacz en finale. En indoor, c’est très très solide. De quoi sauver en partie une saison morose ? On n’ira pas jusque-là, mais il reste dans le top 30 et c’est déjà pas mal.
Course au Masters : Rune et Hurkacz vont batailler. Holger Rune a choisi le bon moment pour revenir au top, et enchainer 3 victoires pour la première fois depuis quelques mois. L’effet BB (Boris Becker), déjà ? Il devra se battre pour le 8ème siège avec Hurkacz, en pleine forme et cette fin de saison. La mauvaise opération est pour Fritz et Ruud, sortis tôt et qui voient leurs espoirs de prendre un risotto à Turin se réduire. Il est plus probable qu’on les retrouve avec un Spritz aux Maldives.
Le come-back surprise au meilleur moment pour Felix Auger-Aliassime
ATP 500 Vienne : V(i)eni, vedi, veci pour les boss du circuit
Logique respectée en Autriche… puisqu’on retrouvait les 4 premières têtes de série en demi-finale : Medvedev, Sinner, Rublev et Tsitsipas. A ce petit jeu là, la logique a été respecté en demi-finale avec les victoires de Sinner sur Rublev et de Medvedev face à un Tsitsipas presque aussi fringant sur le terrain que sur Instagram (ça faisait longtemps) !
Sinner-Medvedev, changement de paradigme ? Sinner retrouvait ainsi sa bête noire, qui l’avait dominé lors de leurs 6 premiers affrontements. Il venait de le battre pour la première fois à Pekin quelques semaines avant, et le candide italien natif de Candido a récidivé au terme d’une belle bataille, l’emportant 6/3 au 3ème set. Il conforte sa 4ème place mondiale, et se rapproche du podium d’où il devra déloger… Medvedev.
WTA - Masters Bis Zhuhai : Haddad Maia fait Bzz
Entre les 12 femmes présentes, on imaginait pas mal de potentielles vainqueurs, mais pas vraiment la Brésilienne Haddad Maia. Autrice d’une belle saison qu’elle semblait plus compliquée sur la fin, elle remporte son plus grand titre en carrière.
Elle aura joué de sacrés adversaires tout au long de la semaine mais n’aura pas perdu un set au passage. Elle a trouvé la bonne sur le trousseau face à Keys, puis a laminé notre très chère Caro Garcia en poule, avant de s’offrir Kasatskina en demi puis Zheng Qinwen devant son public en finale. De quoi finir la saison tout près du top 10 (11ème).
Du côté des français : Humbert au top, Garcia fait flop
Terminus pour Garcia. Caro est descendue avant le dernier arrêt puisqu’elle n’a pas obtenu son ticket pour le Masters. Sur la ligne bis du Masters, elle a composté son billet face à Keys, mais pas au retour face à Haddad Maia. De quoi prendre une amende salée et terminer la saison à la 20ème place mondiale seulement.
Humbert finit fort. Gros coup d’accélérateur pour Ugo en cette fin de saison, qui sera sans doute sa meilleure. Il a slalomé jusqu’en demi à Bâle avec de beaux dépassements sur Jarry et Stricker. Il s’en est fallu d’un rien pour atteindre la finale, mais dans le choc Humbert-Hubert, Hurkacz lui a barré la route au tie-break du 3ème. Sacré Hubert.
Fils et Monfils, plus de carburant ? En grande forme la semaine précédente, les Filstons semblent proches de la panne en cette fin de saison. Il faut dire que le tirage n’avait pas été clément, les plaçant face à Medvedev et Tiafoe sur la grille de départ.
Pendant ce temps sur le circuit challenger…
Chaque semaine nous vous emmenons à la découverte du circuit secondaire, là où les carrières se font et se défont.
Un Paris-Brest mais sans la crème pour Bonzi. Le français s’est montré gourmand toute la semaine à Brest mais a calé en finale, repu. Il s’incline contre Pedro Martinez (114ème mondial) en deux tie breaks.
A la pointe bretonne, Richard Gasquet a confirmé ses difficultés en n’ayant jamais pu menacer Nakashima. Arthur Cazaux s’est chargé de venger Richie pour une belle victoire sur un adversaire de retour de blessure.
Hugo Gaston a confirmé sa bonne forme en atteignant les demies avant de buter contre la Bonz’. Un peu trop en forme même puisqu’en allant aussi loin il se prive de l’invit aux qualifs de Bercy.
Lestienne reste Constant en challenger avec une demi-finale également sans pouvoir rien faire contre le futur vainqueur.
Enfin les deux… trublions français du tennis, Moutet et Paire s’affrontaient et ça ne devait pas être une sinécure, les deux ne s’appréciant pas tout à fait. Paire gagne mais abandonne contre Constant.
La mode des vainqueurs issus des qualifs continue. Comme ces dernières semaines, un qualifié s’impose sur un challenger. Cette fois c’est le slovaque Lukas Klein qui gagne 7 matchs d’affilée en Italie. Il gagne en 3 tie breaks en finale contre un inconnu polonais de 20 ans dont on n’écrira pas le nom, 310ème mondial.
Hugo Dellien n’a pas fait dans le social. A Curitiba au Brésil, un bon joueur de terre battue bolivien a gagné sur terre battue. C’est logique et on devrait vite le revoir dans le top 100 au printemps prochain.
Enfin à Playford en Australie, James Canardvaleur, bien connu dans le milieu a brisé le rêve d’un gamin Hongkongais de 19 ans 361ème mondial répondant au doux nom de Chak Lam Coleman Wong. Il fallait qu’on l’écrive.
La semaine à venir
ATP 1000 Paris Bercy : Paris ouverts
Attention, le vieux loup est de retour et il est affamé. Le numéro un mondial revient sur la terre de ses succès et va encore chasser en solitaire. Novak Djokovic entame ses deux dernières danses (avec les loups) de l’année qui lui réussissent souvent bien.
La meute derrière ? Elle est composée de louveteaux qui en ont encore sous la dent et des grognards qui ont semblent-ils trop mangé en début d’année.
Les carnassiers que sont Alcaraz, Medvedev et Sinner apparaissent les plus à mêmes de remporter le dernier M1000 de l’année en dehors du serbe. On n’oublie cependant pas que l’année dernière, c’était le bambin Rune qui avait mis tout le monde d’accord. Sauf qu’à l’image de Fritz, Tsitsipas ou Ruud, il tire la langue en cette fin d’année.
Si bien qu’un autre joueur pourrait (re)devenir le roi de la forêt. Hurkacz, Dimitrov, Zverev ou Khachanov* se promèneraient bien quelques jours dans les bois, Monfils (deux finales) connaît le chemin.
Le favori : Djokovic a gagné 6 fois Bercy pour 8 finales jouées. Facts.
La pièce : il y a toujours des surprises dans ce M1000. Félix Auger-Aliassime pour la très grosse pièce ?
* à l’heure où nous écrivons ces lignes, Shelton et Tiafoe ont déjà perdu et n’entrent plus dans l’équation.
L'arbuste le plus convoité de la semaine
WTA Finals - Cancun - Mexique : des finales Mexitantes
Clap de fin à Cancun pour le circuit féminin. De base prévues en Arabie Saoudite, les finales auront en fait lieu dans la station balnéaire mexicaine, des voix qui portent (Martina Navratilova, Cris Evert…) s’étant indignées du choix premier, un pays qui d’ordinaire ne les écoute pas souvent, ces voix.
Aryna Sabalenka, Iga Swiatek, Elena Rybakina, Coco Gauff, Jessica Pegula, Ons Jabeur, Marketa Vondrousova et Karolina Muchova Maria Sakkari. Huit prétendantes mais pas autant de favorites. Les quatre premières citées paraissent au dessus de la mélée même si Pegula est solide et la tchèque a gagné Wimbledon.
Deux petites nouvelles vont découvrir le Grand Huit, et attention aux sensations. Rybakina et Vondrousova ne pourront pas la jouer à l’expérience alors que Sabalenka a une revanche à prendre sur l’année dernière où elle s’était faite surprendre en finale par Caro Garcia. La biélorusse apparaît assez déterminée et faire honneur à son statut de n°1 mondiale est une motivation supplémentaire.
La favorite : Aryna Sabalenka, car il ne peut en rester qu’une et elle est la capitaine du navire.
La pièce : c’est embêtant de mettre une pièce sur Swiatek alors qu’on met le pactole sur elle toute l’année
Jenson Brooksby ne dira pas "à la prochaine merci" avant 2025
Il a raté sa semaine et deux ans de sa vie… Brooksby-e bye
Le 31 décembre prochain, ne demandez pas à Jenson de faire le point sur son année 2023, il risquerait de faire la moue. N’essayez pas de le réconforter en lui certifiant que l’année 2024 sera “meilleure et faite de succès, c’est sûr”, il risque de vous jeter le contenu de son verre et le verre avec à la figure.
A Melbourne il y a 10 mois, la promesse américaine de 23 ans bat Casper Ruud au 2ème tour avant de s’incliner contre son pote Tommy Paul. Quelques jours plus tard il passe sur le billard et plutôt deux fois qu’une, les deux poignets opérés. Il n’a pas joué de la saison et pointe cette semaine à la 300ème place mondiale. Dommage pour Brooksby qui a atteint la 33ème place en Juin 2022, et ce alors qu’il est arrivé sur le circuit en 2021 seulement.
Bougon mais pas résigné Jenson ? Sans doute. Il prend du temps pour lui mais est toujours sous la contrainte des contrôles anti-dopage inopinés. Un no-show par-ci car il était au supermarché (invention), un autre par-là car il visitait sa grand-mère (invention) et un dernier car il était là où il était censé être (selon lui). Résultat des courses, 3 manquements, 6 mois de suspension pour chacun d’eux et on ne reverra Brooksby que début 2025. C’est ce qu’a en tout cas décidé l’Agence Internationale pour l’Intégrité du Tennis (ITIA). L’américain a fait appel de la décision, maintenant qu’il était bien dans sa chambre d’hôtel comme renseigné mais que celle-ci avait été réservée sous le nom de son kiné lors du deuxième no-show.
Brooksby n’a pas l’air de vouloir faire une Ymer et prendre sa retraite dans la foulée, mais on comprend aisément qu’après avoir luté toute l’année contre ses poignets, il n’avait pas pour idée de signer une deuxième saison blanche.
