"J'ai pas perdu la main haha, facile !" Carlos Alcaraz à Buenos Aires © Icon Sport
Résumé de la Semaine Passée
Mosco-vite de retour dans le Top 10 (ATP - Rotterdam 500)
Alors qu’il était sorti du Top 10 mondial à la suite d’un Open d’Australie décevant, Daniil Medvedev a dominé Jannik Sinner après un gros combat en 3 sets à Rotterdam. On voyait Tsitsipas l’emporter, il a subi la loi de l’Italien en forme en 1/4, qui s’est vengé de leur duel épique en Australie. Rune, Rublev et Zverev ont déçu, Auger-Aliassime a pris une leçon par le futur vainqueur. Numéro 1 mondial il y a 1 an, le Russe repart de l’avant avec 500 points glanés. Ça enchaîne à Doha ?
Alcaraz, le Martien réussit son retour sur terre (ATP - Buenos Aires 250)
La dernière fois qu’on l’avait aperçu sur un court, le numéro 1 mondial d’alors était sorti blessé à Bercy en octobre dernier. L’Espagnol avait choisi la terre battue sud-américaine pour son retour. Choix gagnant. Après un premier match compliqué remporté en 3 sets, il a déroulé pour atteindre la finale face à Cameron Norrie, 13ème mondial. Il semble déterminé à reprendre son trône à Novak Djokovic. On a hâte de voir ces deux-là s’affronter.
100 patates pour Fritz (ATP - Delray Beach 250)
Tête de série n°1 sur le ciment floridien, le Ricain a confirmé son statut de meilleur américain chez lui. Ses compatriotes ont déçu : Isner et Brooksby ne sont pas venus, le jeune Shelton a perdu d’entrée et Paul a cédé dès les 1/4. Fritz a dominé Kecmanovic en finale, il empoche les 100 000$ promis au vainqueur et conserve son meilleur classement, à la 7ème place mondiale.
La tornade Swiatek climatise le Qatar (WTA - Doha 500)
Elle n’avait pas gagné en Australie, ce qui est une anomalie pour Iga Swiatek. La numéro 1 mondiale a expédié ses adversaires à Doha, ne laissant au passage que 5 petits jeux (!!!) à ses adversaires. Pourtant, elle a affronté Danielle Collins (top 10 jusqu’à peu), Kudermetova (n°11) et Pegula en finale (n°3). Perdre seulement 5 jeux sur un tournoi, ce n’était pas arrivé depuis… Suzanne Lenglen en 1925.
"Moi non plus j'ai pas perdu la main en fait" renchérit Iga ! © Getty Images
Du côté des français : une semaine en mer agitée
A Rotterdam, descendus du bateau mais restés à quai
Dans le plus grand port d’Europe, les français ont parfois semblé surfer sur une bonne vague mais ont fini par s’échouer. Mention spéciale à Richard Gasquet qui n’a pas manqué d’air pour mettre la tête de Carreno Busta sous l’eau. Il aura manqué de souffle ensuite contre un Stan Wawrinka fringant. Grégoire Barrère a coulé Goffin. Halys a buté contre B.V.d.Zandschulp, Lestienne contre Rune, tout comme Bonzi contre Sinner en lui chipant un set (pas mal ça).
Deux conceptions de la plage aux USA
A Delray Beach, Adrian Mannarino n’est pas venu pour bronzer mais bien suer sur les courts. 3 sets contre la terreur Altmaier et un JJ Wolf écarté sans ménagement. Il avait encore de l’appétit mais Taylor Fritz l’a privé d’un dernière baignade 7/6 6/4.
Benoit Paire faisait lui escale à Miami Beach quelques jours avant le Mexique et après le ski. Ben quoi ?
"Eh les copains, moi aussi je sais faire, r'gardez !" ajoute Benoît Paire
Ce qu’il va se passer cette semaine
Festival de points à Rio (ATP 500)
C’est sur la terre battue brésilienne qu’il faudra aller la semaine prochaine pour faire un bond au classement ATP (500 points pour le vainqueur). Les têtes d’affiche ne sont pas légion, hormis Alcaraz et Norrie, seuls cadors à avoir fait le déplacement sur cette tournée sud-américaine. Face à eux, une armada de sud-américains à domicile.
Le favori : On voit mal qui que ce soit empêcher Alcaraz d’enchainer.
La pièce : Norrie voudra prendre sa revanche, Baez est chaud patate sur terre-battue.
C’est Marseille, bébé (ATP 250)
Le tournoi fête ses 30 ans, et malheureusement le tableau sera fade après les forfaits de Rune, Monfils, Kachanov ou autre Carreno Busta. Aucun membre du top 10 ne sera présent… mais les 11ème et 12ème oui : Hurkacz et Sinner.
Le favori : Avec un Sinner probablement fatigué, on voit bien l’Aussie De Minaur l’emporter.
La pièce : Marseille bébé. Marseille BB ? Benjamin Bonzi, comme une évidence, pour un premier titre au pays.
Plateau doré au Qatar (ATP 250)
Pour voir des membres du top 10 mondial, c’est vers le Qatar qu’il faudra se tourner cette semaine. Il y aura des noms en “ev” comme Rublev, Zverev ou Medvedev, mais aussi des noms plus prononçables pour nous comme Felix Auger-Aliassime.
Le favori : Auger-Aliassime va lancer sa saison.
La pièce : Andy Murray pourrait nous régaler comme en Australie.
Ca joue gros à Dubaï (WTA 1000)
Toutes les meilleures joueuses du monde seront à Dubaï, premier Masters 1000 de la saison. On a hâte de voir le retour de la championne australienne, Aryna Sabalenka. On est curieux de voir si Swiatek va enchaîner après sa folle semaine. On se demande si Bencic, Pegula ou Rybakina confirmeront leur bon début de saison.
La favorite : Quand Swiatek est là, ça ne peut être qu’elle.
La pièce : Qinwen Zheng, apprenez à prononcer ce nom.
Notre envoyé spécial à Cherbourg
Nous vous emmènerons de temps à autres explorer le circuit challenger, seconde division du tennis mondial
Hasard du calendrier, l’une de vos plumes préférées était ce week-end à Cherbourg pour la fin du challenger de Cherbourg.
Sur ce tournoi, il y avait comme souvent en Challenger un peu de tout. Les futurs espoirs français et vainqueurs des 2 dernières éditions de Roland Garros Junior, Van Assche et Debru (35 ans à eux deux), battus de peu en quarts. Il y avait des gars habitués à écumer les tournois du circuit secondaire, comme les 1/2 finalistes Choinski et Zeppieri. Il y avait des jeunes, qui bataillent pour atteindre le top 100 et les gros tournois, comme les finalistes, l’italien Zeppieri et le français Droguet.
Droguet et son jeu plein de variété a eu un parcours remarquable : il a failli sortir dès le 1er tour des qualifications, quand il avait sauvé une balle de match au bout des crampes et d’un final dingo (point de pénalité pour son adversaire sur balle de match). Il a finalement joué 7 matchs en 9 jours et atteint la finale. Le vainqueur, c’est donc l’italien Zeppieri, qui atteindra grâce à ça la 127ème place mondiale lundi.
Jeu de jambes de Titouan : ok © Florent G. - Reporter sans peurs et sans reproches
Le Focus : Jannik Sinner-ve de nouveau !
On avait quitté le jeune italien le moral dans les chaussettes fin 2022. Jannik Sinner, dont on peut penser qu’il vient de partout sauf de la botte semble cependant avoir plus d’un tour dans son sac.
Ses quelques fausses notes toutes relatives l’ont fait reculer à la 17ème place mondiale. Son match dantesque perdu face à Alcaraz à l’US Open lui a mis un énorme coup sur la caboche ? Est-il déjà condamné aux oubliettes celui-ci ? Ne surtout pas retourner sa veste trop vite, la roue (roux) tourne toujours.
Son long combat en 5 sets encore en Australie contre Tsitsipas aurait pu confirmer la tendance 2022. Mais il a semble-t-il retenu du positif de sa sortie, en témoignent sa victoire sans perdre un set à Montpellier et son parcours néerlandais dans la foulée où il ne perd qu’en finale contre Medvedev.
Sinner, c’est le métronome sans fioritures, sans coup faible, qui est destiné depuis quelques années à truster le haut du classement. Il n’y a qu’à voir sa fulgurante ascension à 18 ans seulement, passant de la 550ème à la 19ème place en moins de deux ans. Il a de bien trop solides bases pour ne pas viser une autre place que la meilleure.
Alors accrochez-vous et aimez le, parce que Jannik n’a que deux ans de plus que Carlos et Holger et c’est peut être le plus à même de recréer un hydre à trois têtes qui a régné une dizaine d’années il y a… peu, vraiment peu.
Le Débat : Numéro 1 français, une patate chaude ?
Neuf français dans le top 100, tous entre les 43ème et 85ème places. Est-on en train d’assister à une course française dans la course au classement mondial ?
Le fait que ce classement franco-français soit resserré montre que la profondeur de banc qui a toujours caractérisé les tricolores est bien là. Mais, la relève n’est, comme noté depuis quelques années maintenant, pas au niveau de ses glorieux aînés. En tout cas pour le moment.
L’effectif des mousquetaires contemporains a été réduit de moitié avec les retraites de Tsonga et Simon. Gaël Papa Monfils est sur le retour et va faire jouer son classement protégé. Si la motivation de celui-ci est au rendez-vous, ne soyez pas surpris qu’il finisse presque facilement au sommet du classement français.
Et sinon, qui ?
Richard tient la corde aujourd’hui, mais quand lâchera-t-elle ? C’est qu’elle semble toujours sensible. Derrière, Adrian Mannarino a désormais 34 ans et semble se plaire dans ces sphères.
Le gang des 26-30 ans ne se déplace apparemment plus qu’en groupe. Difficile de croire qu’un cador qui ne le sait pas encore se cache parmi Greg Barrère, Arthur Rinderknech, Benjam Bonzi, Constant Lestienne ou Quentin Halys. Mais ils peuvent chacun à leur manière aller chatouiller le top 30.
Ugo Humbert, 24 ans et ancien 25ème, connaît déjà cette contrée. Parmi le top français, c’est sans doute le plus haut potentiel. La confiance est retrouvée, ne manque plus que sa cuisse pour mener la petite bande du dessus. Coco Moutet doit quant à lui partir à la recherche de son poignet, on verra plus tard.
Plus tard mais pas trop non plus, c’est peut être ce que se disent les deux espoirs Fils et Van Assche. A la manière d’un Alcaraz, pourquoi ne pas percer d’un coup d’un seul et créer une saine émulation permettant aux français de copier les USA et leur lourd contingent vers le statut de tête de série en Grand Chelem ?
Si nous devions nous mouiller pour la fin 2023 ? Ugo Humbert. Rendez-vous est pris en Novembre.
