Le résumé de la semaine passée
ATP Rome 1000 : 20/20 pour Medvedev 2.0
Cette semaine, la version 2.0 de Daniil Medvedev était présentée sur les courts du Foro Italico de Rome. A première vue, elle peut sembler assez similaire à la version 1.0 qui avait remporté l’US Open 2021. A s’y pencher de plus près, on remarque qu’il a élargi sa palette : il sait désormais glisser, il a arrêté de se plaindre de jouer sur terre battue, et décoche même des passings en bout de course. Impressionnant.
Il a remporté cette semaine son premier grand titre sur terre battue à Rome. Il a pour cela du dominer quelques pointures, notamment Zverev 2.0 (dont on regrette la version précédente, plus puissante et mobile) et Tsitsipas 1.2 (pas de réelle amélioration). En finale, il affrontait ce qui se fait de mieux ou presque dans la nouvelle génération, Holger Rune 1.0 qui sait envoyer des missiles (la version 2 pourrait être redoutable), qu’il a dominé 7/5 7/5.
C’est le 20ème titre de sa carrière, et de manière assez surprenante sur un 20ème tournoi différent. Medvedev s’annonce comme l’un des outsiders à Roland Garros, qu’il abordera en tant que numéro 2 mondial, confortablement installé entre Alcaraz et Djokovic.
Pour le reste, Rune sera aussi à surveiller avec une nouvelle finale après Monte-Carlo. Tsitsipas est toujours présent, Ruud est de retour. Djoko s’est lui plutôt rassuré avec un ¼ de finale, et entame sa montée en puissance. Alcaraz, Sinner et Rublev ont déçu.
WTA Rome 1000 : La terreur des courts est kazakhe
Depuis l’ouverture de la saison en janvier, 2 joueuses ont pris l’habitude de confisquer les trophées, et une 3ème roue du carrosse se taille de très très grosses miettes. Rome n’y a pas échappé.
La gagnante de Madrid, Aryna Sabalenka, n’a pas trouvé les clés du Colisée, et Swiatek la tornade s’est faite piquer à la cuisse par la future vainqueur qui n’est autre qu’Elena Rybakina, comme de par hasard (2/6 7/6 2-2 ab.).
La kazakhe n’en finit plus de grimper (au 4ème rang ce lundi) et atteindre les finales de presque tous les tournois auxquels elle participe (Open d’Australie, Indian Wells, Miami, Rome…).
Il semblerait que Rybakina terrorise ses adversaires une fois sur le court puisque trois de ses adversaires ont préféré jeter l’éponge pendant le match ! D’abord Kalinskaya (4-3 ab.) au 3ème tour, puis Swiatek en quarts, et enfin Kalinina en finale (6/4 1-0 ab.).
Cette dernière, ukrainienne, a fait le tournoi de sa vie en atteignant sa première finale de Master 1000 à 26 ans en se frayant un chemin semé d’embûches : Blinkova, Kenin, Keys (n°19), Haddad Maia (n°12) et Kudermetova (n°11).
Les autres coupeuses de têtes se nomment Ostapenko, qui semble maîtriser de nouveau ses coups et ses nerfs, Badosa, qui semble maîtriser de nouveau ses coups, et Qinwen Zheng que nous allons finir par ne plus présenter.
Rome n’a pas redistribué les cartes avant Roland Garros, on espère seulement que Swiatek arrivera avec une cuisse soignée.
Il jouait sur glace et sur l'eau, il sait maintenant jouer sur terre
Du côté des français : Deux tournois, deux titres !
Il semble que l’herbe soit plus rouge en challenger qu’en master 1000 pour les français.es.
L’avantage de sortir dès la première semaine de Rome, c’est de pouvoir s’inscrire aux challengers 175 et y semer la zizanie.
Exemple confirmé à celui de Bordeaux Primrose où les frenchies ne manquaient pas de piquant.
Ugo Humbert, en plein labour, a retourné la terre et ses adversaires.
D’abord Arthur Fils au premier tour, puis un belge Onclin à se faire déraciner. Ugo cueille ensuite Stan Wawrinka (7/5 6/1), avant d’enterrer Richard Gasquet (on taira le score, il est dur) et enfin de désherber un argentin, Etcheverry (7/6 6/4).
Chez les autres plants français, on notera donc la demie de Gasquet (victoires sur Kokkinakis et M.Ymer) et une belle perf de Coco Moutet avec son nouveau revers une main qui sort Thiem. Le duel des Arthur aura tourné en faveur du plus jeune, Cazaux s’imposant de fort belle manière contre Rinderknech.
Celui qui a mangé la feuille, c’est Adrian Mannarino qui n’aura jamais la main ocre, en gâchant 4 balles de match contre notre préféré, Albeeeeeeeert Ramooooooooooos-Vinolaaaaaaaaaaas <3
Chez les femmes, le WTA 125 de Paris Clarins avec un drapeau bleu blanc rouge est hissé tout là haut.
On est tout content de revoir Dianou Parry (20 ans) pointer le bout de son nez à l’approche de Roland et gagner son plus grand titre par un forfait en finale.
Elle gagne notamment contre Noskova (18 ans et 48ème) et Gracheva (44ème) ! Sa plus belle semaine depuis Roland l’année dernière.
Diane Parry est ce lundi 77ème mondiale et en pleine confiance après une année de confirmation un peu difficile.
Alizé Cornet s’incline en quarts contre Volynets après deux victoires, Océane Dodin gagne un match… Et c’est tout.
Coucou c'est moi, Dianou, vous ne m'avez pas oubliée quand même ?
Roland Garros J-6 : Nadal absent, stupeur sur Roland
La question était sur toutes les lèvres depuis quelques semaines : sera là ? Sera pas là ? A quelques jours du début de Roland-Garros, la nouvelle a fait aussi mal qu’un coup droit lifté du taureau de Manacor : Rafael Nadal ne sera pas présent pour défendre son titre ses 14 titres.
Grand élan de tristesse sur la planète tennis, tant Rafa aurait été le grand favori à sa propre succession, comme tous les ans. On espère de tout coeur qu’il pourra revenir une dernière fois en 2024 pour faire ses adieux sur le terrain.
Si tout le monde regrette cette absence, cela fera de cette édition de Roland-Garros la plus ouverte depuis plus de 10 ans. Qui pour en profiter ? On pense tout de suite à Djokovic, à l’affut pour devenir le seul joueur à remporter 23 titres du Grand Chelem. Il est d’’ailleurs le seul participant avec Wawrinka à l’avoir déjà remporté.
Alcaraz sera l’autre grand favori. En embuscade, Daniil Medvedev, Stefanos Tsitsipas et Holger Rune ont été les meilleurs joueurs de la saison sur terre battue et seront de solides outsiders.
Vous devrez attendre 2024 pour voir cette image
Le focus : Humbert pas qu’à moitié plein
Humbert-ial. Ugo Humbert est de nouveau numéro 1 français. Il a remporté cette semaine son second challenger 175 en 3 semaines, qui l’ont vu grimper de la 77ème place mondiale à la 38ème.
Humbert-sement. Comme Daniil Medvedev, il n’était jusque là pas vraiment l’archétype du joueur de terre battue. Avec 33 victoires en 75 matchs sur la surface, il avait développé une sorte d’allergie pour l’ocre. Mais ça, c’était… avant 2023, où tout s’inverse : il affiche un bilan de 12 victoires pour 4 défaites.
Humbert-méable. Cette semaine à Bordeaux, il y avait pourtant un beau plateau avec la présence de Murray, Wawrinka, Gasquet ou Struff. Il a dominé tour à tour le (Arthur) Fils, l’Onclin (Gauthier), avant de terrasser deux papys qui font de la résistance, Wawrinka et Gasquet, puis de conclure sur une victoire en finale face à Etcheverry.
Humbert-ialiste ? Cap sur Roland Garros, pour mettre fin à un terrible bilan (0 victoire en 4 participations). Avec un petit coup de pouce du destin, Ugo pourrait faire partie des 32 têtes de série, suite aux forfaits de Nadal, Berretini, Cilic, Kyrgios et Carreno. Plus qu’un et ça passe !
Elle a raté sa semaine : Haleprise la main dans le sac
Simona Halep vit désormais des heures bien sombres. Déjà suspendue depuis Octobre 2022 pour une substance détectée dans son corps qui favorise la production d’EPO et dont elle se défend toujours, la roumaine de 31 ans est repartie pour un tour.
Cette fois, des irrégularités dans son passeport biologique auraient été notées par l’ITIA. Ce document électronique que tout sportif pro de la petite balle jaune détient, recensant notamment tous les contrôles antidopage, permet de suivre l’athlète et voir si il.elle reste dans les clous.
Pour HalEPO (pardon), c’est ça de plus à gérer et à devoir défendre. Jusqu’à preuve du contraire, elle est toujours présumée innocente, mais c’est un sacré bourbier dont personne ne sait comment elle va en ressortir. On parle tout de même d’une double championne de Grand Chelem (Roland et Wim), ancienne 1ère mondiale, 24 titres à son actif et 40 millions de dollars de gains.
Son (ancien) entraîneur, Patoche Mouratoglou prend toujours sa défense, convaincu qu’elle n’a jamais triché. On espère qu’il a raison pour un dernier gros baroud de sa protégée.
Merde de merde, c'est la merde
