Kessel

L'empire du Milieu s'éveille de nouveau

Toutes les semaines, un résumé à la volée de l'actu tennis

Service à la Cuillère
6 min ⋅ 04/10/2023

Ce qu’il s’est passé en Asie

ATP 250 Astana - Kazakhstan : pas besoin de stannah pour Mannarino
Alors oui, Adrian a 35 ans mais ses jambes le portent encore, merci pour lui. Pour preuve il remporte à l’expérience son 2ème titre de la saison. Il a mis d’aKorda le jeune américain en finale en étant mené un set un break. Il a également appris l’autrichien contre Ofner et Rodionov. Tallon Griekspoor (favori en qualité de tête de série n°1) aurait lui bien eu besoin d’une canne après sa défaite contre Korda. A noter la percée du jeune et fringant Medjedovic (20 ans) qui se hisse jusqu’en demies.

ATP 500 Beijing - Chine : on a tous le Pékin pour Sinner
Sinner n’est qu’amour en ce moment. Le gentil et discret italien s’affirme de plus en plus cette saison sur et en dehors des courts. Il faut dire qu’il prend la confiance avec ce nouveau titre.
Comme prévu les 4 favoris se sont retrouvés en demies lors d’un énième duel des “je t’aime moi non plus mais on se respecte” entre Medvedev et Zverev qui a tourné en faveur du Russe 6/4 6/3. De l’autre côté, Sinner et Alcaraz semblent ne plus vouloir se quitter. L’italien a pris le lead 4-3 dans leur belle histoire (7/6 6/1) et semble le seul à pouvoir embêter la terreur ibère à long terme aujourd’hui. En finale, Jannik triomphe enfin de sa bête noire russe 7/6 7/6, lui qui était mené 6-0 dans leur confrontations. Il se retrouve 4ème mondial et ce qu’on attend désormais de lui, c’est de bien figurer dans les Grands Chelems.
En dehors de la famille parfaite, F2A, Rune et Norrie sont toujours célibataires depuis qu’ils se sont faits plaquer par leur meilleur tennis. Tsitsipas n’est plus un cœur à prendre depuis qu’il est avec Paula Badosa, mais un adversaire à prendre (défaite au 1er tour contre Jarry).

WTA 250 Ningbo - Chine : un tournoi ningbo ni moche
La tunisienne a fait respecter le classement et son tennis classieux sur ce tournoi. Elle triomphe de la plus belle des manières contre la jeune (19 ans) Diana Shnaider en abandonnant seulement 3 jeux. La russe atteint la finale en se débarrassant de la non moins jeune Linda Fruhvirtova (18 ans). Pour contrer toute cette impétuosité, on notera les quarts et un set de pris à Jabeur de Vera Zvonareva, inusable à 39 ans.

WTA 500 Tokyo - Japon : Kudermetova, était Tokyostaud
Au pays du soleil levant, il fallait se lever TO pour prédire une vicTOire de KudermeTOva en voyant le plaTO proposé. Swiatek, Pegula, Sakkari, Jabeur… La russe 16ème mondiale a déjoué beaucoup de pronostics et n’a laissé personne lui dicter sa loi. Jugez pluTO : victoires contre Swiatek en quarts et contre Pegula en finale 7/5 6/1. Deuxième titre en carrière seulement pour la jeune femme de 26 ans, mais un titre de cosTO, assurément. Pegula n’avait par exemple lâché que 9 jeux en trois matchs donc un seul contre Kasatkina !

Veto à Rokyo, ça matche plutôt bienVeto à Rokyo, ça matche plutôt bien

Du côté des Français : Abrian Mannarino !

Adrian brille de mille feu cette année. A 35 ans, Mannarino, son crâne luisant, son flegme bientôt légendaire et ses coups de patte bien sentis se régalent sur le circuit. Le joueur le plus chiant à jouer dixit plusieurs joueurs n’en finit pas de rouler ses adversaires dans la farine pour mieux les épousseter ensuite. Lui ? Il en ressort de plus en plus blanc, pas comme les pages de son palmarès qui prennent de l’épaisseur sur le tard. Le fer de lance du tennis tricolore ajoute une ligne à Astana en passant à l’essoreuse Sebastian Korda en finale, et en sauvant pas moins de onze (!!!) balles de set contre Rodionov en quarts. Le voilà 23ème mondial, lui qui avouait il y a peu viser le top 20. Il n’en est de nouveau plus très loin.

Les autres français dans l’ombre au Kazakhstan. Mannarino a pris toute la lumière en Asie Centrale, et ses compatriotes n’ont pas trouvé l’interrupteur. Rinderknech a buté contre Adrian, Moutet et Barrère ont vu leur ampoule griller contre des adversaires pourtant abordables, Kachmazov et Rodionov.

Ugo Humbert, dans la course pour finir numéro un français même si le mec du dessus est en pleine bourre, accumule les victoires et la confiance nécessaires. A Pékin, il a gardé la lumière à tous les étages pour battre sa bête noire Sonego puis Rublev (n°8) à la régulière au tie break du 3ème set avant de sérieusement bousculer en quarts Medvedev que l’on sait très très fort en salle. Il lui prend un set, mais pas que.

A Ningbo, les françaises étaient généreuses mais pas radieuses. Diane Parry a bien joué mais craqué dans le money time contre Ons Jabeur tout de même 7/6 7/5. Gracheva a elle aussi beaucoup trop été dans le don contre son ancienne compatriote Savinykh 7/5 7/5.

Caro Garcia ravive un peu la flamme. Après une demi-finale au Mexique la semaine précédente, notre numéro une française a confirmé le petit regain de confiance entrevu ces derniers jours. A Tokyo, elle a cependant subi la foudre de la joueuse qui revient en pleine lumière, comme à Guadalajara. Elle a pris Sakkari en pleine face 6/2 6/2, soit un jeu de plus que la semaine précédente. Quand on vous dit qu’il y a du mieux.

Alizé Cornet travaille cachée. Pleine de valeurs et pas en phase avec la gestion de l’affaire Peng Shuaï il y a 2 ans de cela, Alizé a décidé de ne pas s’aligner sur un quelconque tournoi se tenant dans l’empire du milieu.

Fidèle au rdv à Astana depuis sa création en 2020, Manna pourrait décider d'y passer sa retraite dorée tellement il s'y sent bienFidèle au rdv à Astana depuis sa création en 2020, Manna pourrait décider d'y passer sa retraite dorée tellement il s'y sent bien

Quoi de neuf sur le circuit challenger ?

Saint Lestienne dans le chaudron (ATP 125 - Saint Tropez)
Sous la chaleur tropézienne, Constant Lestienne a encore prouvé qu’il portait mal son prénom. Avec 2 petites victoires depuis Mars, son année était cauchemardesque jusqu’à peu. Mais en 1 mois, tout peut changer. Premier fait d’armes, il a remporté le challenger de Stanford au mois d’août. Rebelote cette semaine, avec des victoires sur le français Gaston, mais aussi Ofner et Broady. Le voilà de nouveau aux portes du top 100.

ATP Challenger Orléans : les français pas à la fête (ATP 100 - Orléans)
Les français étaient favoris sur la ligne de départ, avec comme têtes de série 1 et 2 Gasquet et Van Assche, mais aussi Gaston, Paire et Lestienne. Gasquet et Van Assche ont cédé en demies, face à Machac et Draper. Et c’est le tchèque qui a soulevé le trophée !

La semaine à venir : Shanghai et Pékin, en plein dans le 1000

ATP Shanghaï (M1000) - Le come-back
Annulé pour cause de Covid-19, puis de Covid-20-21-22, le Masters 1000 de Shanghai fait son retour. La dernière fois qu’il a eu lieu, en 2019, Medvedev avait dominé Zverev en finale. C’est dire si ça semble loin, n’est-ce pas ?
Outre ces 2 loustics qui viennent de croiser le fer en demi-finale à Pékin, le carré d’hommes en forme du moment est complété par Tsitsipas et Rune Sinner et Alcaraz, en l’absence de Djoko. La palme du pire tirage est à mettre à l’actif de Sinner et Zverev, qui pourraient se croiser en 1/8èmes avant de retrouver Medvedev dès les ¼ de finale. De l’autre côté, la route s’annonce moins sinueuse pour Carlitos avec Fritz, Tsitsipas et Rublev dans sa moitié de tableau.
Premier match chez les très grands pour Terence Atmane, invité aux qualifs suite à ses bons résultats et qui en est sorti !
Le pronostic : Alcaraz va l’emporter et reprendre la place de numéro 1 à la Race
La pièce : Ugo Humbert va renverser le gratin et réussir le tournoi de sa vie. Ca reste entre nous, la cote est à 150.


WTA Pekin (M1000) - Le come-back (bis)
Pekinois l’affaire ? Après le feuilleton Peng Shuai, la WTA fait son retour en Chine, au grand dam de certaines joueuses comme Alize Cornet qui ont boycotté le tournoi (pas d’Alizé, imaginez un peu le tremblement de terre en Chine).
La dernière fois que le tournoi avait eu lieu, en 2019, Osaka avait dominé Barty en finale. Aucune des 2 n’a joué sur le circuit cette année, les temps ont cette fois (vraiment) changé.
Du coup, ça va batailler pour la place de numéro 1 mondiale entre Sabalenka et Swiatek. La récente championne de l’US Open Coco Gauff fera figure d'épouvantail, tout comme une Sakkari (elle est guérie, rassurez-vous) aux dents longues.
Le pronostic : piquée dans son orgueil, Swiatek voudra mettre tout le monde d’accord
La pièce : Jelena Ostapenko dans un accès de folie

La course au Masters

ATP Finals : un dernier coup de Turein
La route est encore longue, il reste encore beaucoup de points à distribuer jusqu’au rendez-vous annuel des Maîtres qui se tiendra cette année de nouveau en Italie. Disons que sur un tour de piste, il reste 80m à parcourir, mais ce sont les plus longs.
Les spécialistes du demi-fond de l’indoor vont pouvoir s’en donner à cœur joie et essayer de creuser leur avance ou rattraper leur retard. Seulement, les places sont chères et, surtout, certaines sont déjà réservées. Les trois meilleurs performers de l’année que sont Djokovic, Alcaraz et Medvedev ont leur billet d’entrée composté. Il ne manque que 30 points, soit deux foulées, à Sinner pour les suivre.
Derrière en revanche, ça traîne de plus en plus la patte. Dans l’ordre, Rublev, Tsitsipas, Zverev et Rune tiennent leurs couloirs. Mais en dehors de l’allemand, les trois autres semblent avoir le souffle court et pourraient voir revenir sur leurs talons Fritz, Ruud et de Minaur. Et puis, sait-on jamais. Des Marc Raquil au tennis, ça peut toujours exister. Même s’ils partent de (trop ?) loin, des Khachanov (déjà vainqueur à Bercy) ou Hurkacz peuvent avoir leur mot à dire.
Notre prono : Les 4 derniers conviés à la grand messe seront Rublev, Zverev, Rune et Fritz. Tsitsipas partira plus tôt en vacs avec sa chère et tendre.

WTA Finals : pour qui le springbreak à Cancùn ?
L’année dernière, Caro Garcia n’avait rien prévu pour ses vacances de fin d’année. Sur un coup de tête elle avait réservé un hôtel (enfin une chambre dans un hôtel, qu’on s’entende bien) dans une petite station balnéaire sur la cote mexicaine. Bien lui en a pris puisqu’elle est repartie avec un trophée et un chèque qui lui aurait permis d’acheter l’hôtel.
Cette année, pas de Caro nationale pour contrarier Sabalenka. La biélorusse, tout comme Swiatek, Rybakina, Gauff et Pegula vont pouvoir jouer à qui boira le plus de mojitos. Manque trois saoulardes pour faire deux poules de 4. Et à ce petit jeu, ce sont pour le moment Vondrousova, Jabeur et Muchova qui ont le verre le plus rempli. 21 points les séparent, autant dire une gorgée d’eau. Cependant, il reste quelques shots en réserve à Sakkari qui montre les dents en cette fin d’année pour leur griller la politesse. Elle est néanmoins à 400 points du trio. Et franchement, ça ferait un poil mal de voir la grecque en dépasser une lorsqu’on regarde leurs perfs en Grand Chelem. On précise qu’on a rien contre Maria Sakkari.
Notre prono : Les deux tchèques et Ons vont tenir la marée face à Sakkari, les autres sont trop loin.

Sauf si Khachanov nous refait le coup de Bercy 2018, ça va se jouer dans le Top 10Sauf si Khachanov nous refait le coup de Bercy 2018, ça va se jouer dans le Top 10

ça se resserre avec les résultats de Pékin mais ça devrait tenir bonça se resserre avec les résultats de Pékin mais ça devrait tenir bon

Le débat : Laver Cup, UTS... des exhibitions jusque quand ?

Entre la fin de l’US Open et le début de la tournée asiatique pour les meilleurs existe un temps presque mort que certains mettent à profit pour se reposer (ou se la couler douce). D’autres choisissent de représenter leur pays lors d’une coupe qui n’a Davis que le nom. D’autres encore préfèrent se mettre carpette tout en rigolant lors d’un WE en participant à l’UTS ou la Laver Cup. Pas de points à défendre mais des points à gagner lors d’exhibitions qui prennent de plus en plus de place.

Lors de la Laver Cup qui est censée être une compétition entre l’Europe et le reste du monde, la win est de plus en plus au centre des débats. La preuve par deux avec l’altercation entre Gaël Monfils et Félix Auger-Aliassime. Cette phrase est lunaire quand on y pense, comment peux-tu t’engueuler avec l’un ou l’autre alors qu’ils sont considérés parmi les plus sympas du circuit ? Le deuxième reproche au premier son manque de sérieux, le premier rétorque qu’on lui a vendu le truc comme fun.

A l’UTS, tournoi créé par Patoche Mouratoglou, Rublev, vainqueur de l’event à Francfort, a fini crevé et a avoué particulièrement stresser lors de ces rencontres, par l’intensité proposée et le format en vigueur. Les joueurs l’admettent volontiers, l’ambiance est détendue mais lorsque qu’il faut gagner, l’enjeu est là. Le rythme imposé, sans deuxième service et avec des quarts temps de 8min qu’il vaut mieux gagner pourraient révolutionner le jeu et solutionner un ennui latent de certains téléspectateurs.

L’ATP et l’ITF travaillent à rendre le circuit plus accessible aux fans de tennis et essaient de dépoussiérer un sport qui prend de l’âge. En créant le Master NextGen notamment, ils se mettent au goût du jour. Mais la place que prennent ces deux exhibitions sans compter l’arrivée de l’Arabie Saoudite mettent à mal ces “efforts”.

Dans le sport cousin qu’est le golf, un circuit alternatif “pirate” a été créé il y a deux ans et a récupéré certains des meilleurs joueurs mondiaux. Attention, cela vient plus vite qu’on ne le pense, le tennis y est exposé plus que jamais.

Service à la Cuillère

Par Service à la Cuillère

Service à la Cuillère, c’est l’aventure de deux passionnés de tennis, sans prétention mais pas sans espoir, pas (du tout) assez talentueux pour faire carrière mais qui ont toujours caressé l’espoir de remplacer un jour ce bon vieux Chamoulaud sur France TV pendant deux semaines fin Mai - début Juin si vous voyez ce qu’on veut dire.

Dépoussiérer le tennis, c’est pas une mauvaise idée non ? Et puis, “mieux vaut les voir faire ça qu’ils traînent dans la rue à faire des conneries” que se disent nos vieux. On déconne, on a plus de 30 balais et on est bien occupés la journée.

Allez, les joueurs sont prêts, jouez !

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