Résumé de la semaine dernière : de la vieillesse, de la jeunesse et de la magie
ATP 500 Tokyo - Japon : Ben Shelton toujours un peu plus
L’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt dit-on. Au Japon, c’est dans les habitudes et Ben Shelton n’a pas loupé son réveil de la semaine. Il glane son tout premier titre et se retrouve propulsé 15ème mondial. Au saut du lit il a recouché le local Daniel, avant de laver Thompson, de petit-déj (chez) Paul et de rhabiller une dame un peu Giron. Comme dans un rêve qui se poursuit après le réveil, il dispose de Karatsev en finale, comme un adulte, 7/5 6/1.
Sale semaine et mauvaises opérations pour les prétendants au Masters. Fritz est trop cuit et se fait avoir par le 250ème mondial, Zverev rêvait d’une grasse mat’ dès le lundi, le coup est Ruud pour l’ombre de Casper contre Giron et Hurkacz avait oublié ses pantoufles à Shanghai, il a préféré se recoucher.
Dès lève-tôt en ont profité donc, Shelton, Karatsev et Giron étaient au max.
ATP 250 Stockholm - Suède : Arthur Monfils puissance 12*
Il est jeune, athlétique, prometteur, français et n’a peur de rien pour sa première saison avec les pros. Pas ici à Stockholm pour être là-bas à Anvers*, il confirme tous les espoirs sur sa surface préférée, l’indoor, en montrant que c’est déjà lui le patron sur ce genre d’évènements. Fucsovics et Misolic passent leur tour devant cette couverture de terrain hallucinante, Mannarino a cru revenir 10 ans en arrière lorsque Monfils* lui faisait la misère, Laslo a été Djere comme il faut. En finale, Kotov a fait le malin pendant quasi 2 sets. Quasi seulement, parce qu’à l’arrivée, c’est bien notre petit frenchie qui soulève le trophée. C’est beau.
ATP 250 Anvers - Belgique : Bublik chaud du bulbe, Gaël Fils, des promesses semées et déjà en train de pousser*
Il est vieux, puissant, rapide, très rapide, français et ne compte pas passer le flambeau de suite. Pas ici à Anvers pour pour être là-bas à Stockholm*, il montre l’étendue de son talent jusqu’en finale où Bublik lui joue un mauvais tour 6/4 6/4. Mais cette défaite du dimanche ne doit pas occulter la victoire de la veille contre Tsitsipas, deuxième top 10 accroché en carrière, et sûrement pas le dernier. A noter la sortie d’entrée pour Rune, qui joue à se faire peur pour le Masters.
*Attention, il est possible que les noms de Gaël Monfils et Arthur Fils aient été inversés, ainsi que leurs carrières et leurs parcours respectifs de la semaine dernière. Pour retrouver un travail plus documenté et plus pro, se reporter à la rubrique “du côté des français” plus bas.
WTA 250 Monastir - Tunisie : Mertens Monastir dans le mille
Elle était tête de série n°2 et n’a pas failli de la semaine. La belge Elise Mertens, en nette perte de vitesse comparé aux années précédentes, a rectifié un peu sa saison en allant chercher le trophée aux dépens de la tête de série n°1 Paolini en finale 6/3 6/0. Elle n’a pas laissé davantage de jeux à Clara Burel en demies.
WTA 250 Nanchang - Chine : Siniakova-jusko-Bouzkova
La tchèque Siniakova a soulevé le trophée au bout d’une finale longue de 3h32 contre sa compatriote Bouzkova pour ce qui représente la plus longue finale de l’année 1/6 7/6 7/6. Les jeunes Fernandez et Shnaider ont montré qu’elles avaient encore du jus cette année pour rallier les demi-finales.
WTA 250 Cluj-Napoca - Roumanie : Korpatsch ne tombe pas dans le piège
L’allemagne bête noire de la Roumanie à Cluj. Les roumaines Cirstea puis Cristian tombent contre l’allemande Lys, Ghiororaie contre Friedsam… Ca fait beaucoup ? Dites-vous qu’en finale, Ruse n’a pas été assez maligne pour battre Korpatsch et ça donne un tournoi des plus frustrants pour les plus patriotes des roumains.
Gaël Monfils à Stockholm en 2011, juste comme ça.
Du côté des français : Arthur et Gaël, destins liés, destins croisés
Impossible de ne pas faire le lien.
L’un est plutôt en fin de carrière, l’autre la débute tout juste. L’un gagne à Stockholm, l’autre s’incline en finale à Anvers. Mais les deux auront sans doute de belles histoires à raconter à leurs fils et petits-fils.
On lui parle pas d’âge à Gaël. Lui ce qu’il veut, c’est continuer de s’éclater et de croire en ses rêves, comme sa petite Skaï âgée d’un an. Quand bien même, gagner avec sa maman, sa femme et sa fille présentes en Suède, ça doit lui faire quelque chose en plus, à Monfils. Douze ans après l’avoir gagné, il remet le couvert pour son 12ème titre en carrière sur 36 finales disputées.
Plein d’énergie suite à sa tournée américaine réussie et une coupure, il se règle physiquement match après match puis mentalement. Il bat la mesure contre Mannarino en quarts 7/5 6/3 et donne sa pleine mesure en finale contre le russe Kotov. Mené 6/4 et embarqué dans un tie break de tous les dangers, il apprend petit à petit à son adversaire ce qu’est le très haut niveau pour s’imposer à l’expérience et la régularité (lol) 4/6 7/6 6/3. Le voilà de nouveau dans les 100, plus besoin de classement protégé ni de wild-card.
On lui parle pas d’âge à Arthur. Pour sa première saison complète chez les pros et alors qu’il pointait au delà de la 250ème place mondiale il y a un peu plus d’un an, le voilà auréolé d’un titre à Strasbourg, de deux top 10 accrochés, d’une finale à Anvers et flanqué du matricule 38. En Belgique, il clamait son objectif d’y gagner. En qualité de tête de série n°4, on ne peut pas dire qu’il a les Fils qui se touchent à ce moment. Dont acte. Impressionnant de maturité et de calme dans les fins de sets, il gagne encore une fois cette saison en deux tie-breaks maîtrisés contre Lajal et surtout, surtout, martyrise Tsitsipas en demies sur le même score. Il ne lui reste “plus qu’à” tenir ses services en débuts de set pour voir plus haut.
Adrian Mannarino bute sur plus âgé que lui. Dans la forme et confiance de sa vie, Adrian n’a pas tremblé contre une des terreurs du début de l’été, Roman Safiullin. Mais une deuxième terreur, cette fois de la fin d’été l’a envoyé dans les cordes 7/5 7/6. Il s’agit de Monfils. Tout le monde a le droit de perdre contre Gaël, en aucun cas ce n’est un coup d’arrêt.
Giovanni Mpetshi Perricard bien frais. De la même génération que Fils et Van Assche, Gio, demi-finaliste de Roland Juniors comme les 2 autres lascars la même année, semble prendre un peu plus son temps. Il faut dire que son jeu peut arriver un peu plus tard à maturation, vu le gabarit à dompter du bonhomme. 2m03 sur la toise et plus de 100km sous la balance, ça ne doit pas être facile tous les jours. Mais ça se met en place tout doucement, pas comme son service qui tombe de haut, hein David Goffin ? Il gagne ses deux premiers matchs à l’ATP avec une victoire sur Carballes Baena et le belge, et d’autres devraient arriver.
Hugo Gaston Lagaffe ne fait plus rire les mouettes. Coucou le revoilou. Plus à sa main (et quelle main) en ce moment, le toulousain refait parler de lui en bien et a fait tourner en bourrique à Anvers Rinderknech et Struff, 27ème mondial 5/7 7/6 7/6 (13-11) avec 3 balles de match sauvées. Une 1ère victoire sur un top 50 depuis un an qui fait du bien.
Bonzi, Halys et Gasquet, logés à la même enseigne. Pas de victoire pour nos trois français malgré des adversaires abordables à Anvers. Richie tire vraiment la langue en cette deuxième partie de saison... A suivre.
Clara Burel finit sur une bonne note. Une demie pour conclure une saison en dents de scie pour la jeune n°3 française. A Monastir, elle a fait respecter son rang (tds n°8) avant de sèchement buter sur une Elise Mertens injouable tout au long de la semaine.
Les pépites de la semaine : Mochizuki, Mpetshi Perricard et Kotov
Les belles histoires de joueurs qui traversent les tableaux pour la première fois, on doit avouer qu’on aime bien ça. On a été servi cette semaine.
Mochizuki, la nouvelle moto japonaise. Alors que le Japon se cherche un successeur à Kei Nishikori, un jeune espoir est sorti de nulle part cette semaine. Il s’appelle Shintaro (mais il vient du Japon), a 21 ans et n’était même pas top 200 avant cette semaine. Non content d’avoir prouvé qu’il méritait son invitation en gagnant son premier tour, il a renversé Taylor Fritz après avoir encaissé un 6/0 dans le premier set pour s’imposer 7/6 au 3ème set en gagnant un point de moins que son adversaire. La belle histoire ne s’arrête pas là, puisque le Jap’ au nez fin bat ensuite Popyrin 7/5 au 3ème set malgré… 9 points de moins de marqués que son adversaire. Il cède en demi-finale face à Karatsev.
Mpetshi Perricard, première victoire chez les pros. Avec ses 2 mètres 03 et son service surpuissant, Giovanni et sa puissance de feu pourraient rappeler un certain Jo-Wilfried Tsonga. Sorti des qualif’ à l’endroit à Anvers, il a conduit le Carballes vers la sortie pour remporter son premier match sur le circuit. Il s’est même montré insolent en sortant la star locale, le Belge David Goffin - qui l’a comparé à Karlovic. Il cède seulement face au futur vainqueur et en 3 sets, Alexander Bublik. Il a 20 ans et le voilà dans le top 200, comme Mochizuki. Un peu moins précoce que ses potes Fils et Van Assche, qu’il espère bien rejoindre plus haut.
Kotov, à 2 points du sacre. Il visait le top 100 à Stockholm, Pavel Kotov repart avec bien plus et se prouve à 24 ans qu’il peut voir plus haut. Il a dominé 4 membres du top 50 à la suite : Eubanks, Sonego, Griekspoor puis Kecmanovic, en perdant un seul set face au premier cité. Il jouait un joueur au classement moindre en finale mais au talent infiniment supérieur en la personne de Gaël Monfils. Et il pourra nourrir des regrets, puisqu’il est passé à 2 petits points de son premier trophée dans le tie-break du second set.
Mochizuki, un format de poche mais un grand talent qui a soulevé sa foule à Tokyo
Du côté du circuit challenger
Jacquet a dit “Le titre est pour toi” (Challenger d’Olbia)
Une semaine après l’improbable titre de son pote Ugo Blanchet, Kyrian Jacquet a fait le même coup au challenger d’Olbia. En grande difficulté depuis 2 mois (2 victoires sur ses 10 derniers matchs), il a réussi l’improbable en sortant des qualifications et en remportant un Challenger relevé avec quelques joueurs du top 100 (Muller, Lestienne, Molcan…). Sur sa route, il a dominé… Blanchet en ¼ de finale, avant de venir à bout de De Loore et de Cobolli en finale. Le voilà parachuté de 100 places au classement ATP et aux portes du top 200 (201ème mondial). Il verra les qualif’ de l’Open d’Australie.
Moins de réussite pour les autres français. Lestienne, Cazaux et Muller n’ont pas fait long feu à Olbia, alors que Terence Atmane n’a pas confirmé sa bonne forme à Shenzhen, sorti au second tour. Même sentence pour le jeune Gabriel Debru à Hambourg, qui se rapproche tout de même du top 300 à même pas 18 ans.
La semaine à venir : sprint final à Vienne et Bâle (ATP 500), Masters “bis” à Zhuhai (WTA)
Sur le circuit masculin, il reste 2 semaines avant le Masters et les prétendants brûleront leurs dernières cartouches, avant le dernier Masters 1000 la semaine prochaine à Bercy qui s’annonce passionnant, avec 5 joueurs qui se tiennent en moins de 500 points.
Ben Shelton réserve un vol pour Turin "au cas où" car il arrive comme une Bâle vers le Top 10
ATP 500 Suisse - Bâle neuves et course au Masters
Ca va batailler pour faire partie des 8 joueurs qualifiés au Masters, puisque les 8ème, 9ème, 10ème et 11ème joueurs mondiaux seront présents à Bâle. Dans la position du lièvre, c’est Holger Rune (8ème) qui tient une corde qui menace de rompre puisqu’il n’a gagné qu’un match depuis Wimbledon… Il entame une collaboration avec Boris Becker, déjà fructueuse ? Taylor Fritz (9ème) sera à portée de fusil, mais c’est bien lui qui pourrait finir en purée de pommes de terre. Ruud (10ème) n’a pas gagné 3 matchs de suite depuis juillet… Alors que Hurkacz, dans la position de la tortue (11ème) pourrait coiffer tout le monde au poteau.
Le favori : Fritz est quand même très solide en indoor
La pièce : Humbert pour surfer sur sa bonne forme du moment, et griller la politesse à ceux qui visent le top 8
ATP 500 Autriche - Advienne que pourra
Les meilleurs joueurs du monde ont choisi d’aller à Vienne plutôt qu’à Bâle, et on les comprend c’est plus joli. Ils seront 5 parmi les 7 meilleurs du monde. Et il y a des chocs d’entrée… Fils pour Medvedev, Shelton pour Sinner, Thiem devant son public pour Tsitsipas… Zverev et Rublev ont été un peu plus chanceux, mais le tableau est extrêmement relevé.
Le favori : sur Indoor, on pense bien sûr à Medvedev
La pièce : vu sa forme du moment, si Ben hausse le Shelton et passe Sinner il sera difficile à stopper… pour rêver du Masters même s’il part de loin ?
WTA - Masters Bis Zhuhai
Après 4 ans d’interruption, le Masters “bis” est de retour chez les femmes. Le principe ? Il réunit les 12 meilleures joueuses de la saison qui n’ont pas été qualifié pour le Masters. La mieux classée est Krejickova (10ème), suivie par Keys et Ostapenko. Autant dire qu’il y a du beau monde ! 700 points à prendre pour la vainqueur, autant dire que ce n’est pas rien.
La favorite : sur la forme actuelle, Krejcikova et Zheng Qinwen
La pièce : Caro Garcia, de quoi sauver sa saison ? On l’espère.
