Très rare image de Rybakina qui sourit à pleines dents
WTA Indian Wells: une Rybakina pas froid aux yeux
On croit marcher sur la tête sur le circuit féminin. De quel droit trois joueuses se permettent-elles de nous proposer un remake de l’hydre à trois têtes qui a régné pendant de très nombreuses années sur le circuit masculin ?
Swiatek se prend pour Federer, Sabalenka pour Nadal, Rybakina pour Djokovic et ensemble elles ont décidé de cannibaliser les trophées WTA.
Si bien qu’Indian Wells est une copie presque conforme à l’Open d’Australie. Rybakina gagne encore contre Swiatek avant de retrouver Sabalenka en finale pour la revanche. Et cette fois le score tourne en faveur de la Kazakhe 7/6 6/4. Sachez que Sabalenka est retombée dans ses travers avec pas moins de 9 double fautes dans le 1er set. Rybakina est désormais 7ème mondiale, et 3ème si Wimbledon avait compté... A méditer.
Et sinon ? Maria Sakkari a été la meilleure des autres, Coco Gauff était en quarts tout comme Muchova, Kvitova et… Cirstea (?!). Raducanu n’a pas mal joué mais a tendu les deux joues contre Swiatek (4 jeux marqués).
Enfin, on s’est un instant cru aux championnats de Tchéquieova en 8èmes de finalova avec pas moins de 5 représentantova à ce tour : Vondrousova, Muchova, Krejcikova, Kvitova et Pliskova. Brova à elles !
ATP Indian Wells : Carlos, le retour du roi
Ces dernières années, un outsider l’avait souvent emporté en Californie. Pas cette année.
Si la plupart des favoris ont répondu présent, les désillusions sont venues de Tsitsipas (éliminé d’entrée) et Ruud (défaite au 2nd tour) qui vit décidément un début d’année compliqué.
En dehors d’eux, on retrouvait en 1/4 de finale tous les favoris à la victoire finale : Alcaraz pour récupérer son trône de numéro 1, Medvedev pour un 4ème trophée consécutif, Fritz le tenant du titre, Sinner en pleine forme ; et les demi-surprises Tiafoe ou Davidovich.
La finale rêvée a bien eu lieu entre les deux derniers numéro 1 mondiaux, Alcaraz et Medvedev. Difficile de prédire le vainqueur pour 2 joueurs au parcours presque impeccable jusque-là, même si les bookmakers donnaient un léger avantage au jeune ibère.
L’Espagnol a prouvé qu’il était fait d’un autre bois en stoppant l’incroyable série du russe (19 victoires consécutives) dans une finale à sens unique 6/3 6/2. Il récupère ainsi la place de numéro 1 mondial à Novak Djokovic.
Du côté des Français(es)
Indian Wells : aucun français en 1/8èmes, retour raté pour Monfils
Pas de mention pour Gaël : on attendait son retour, il a pris la soupe d’entrée 7 mois après son dernier match (4 jeux marqués). A 36 ans, le chemin vers le retour au haut niveau s’annonce périlleux. Les français ont tout de même plus que tenu leur rang (assez faible, certes) du moment. Mention bien pour Adrian Mannarino qui a vaincu Thiem et Musetti et a même aperçu au loin la seconde semaine, coupé dans son élan par Sinner. Mention bien également pour Ugo Humbert, qui confirme son retour au premier plan en dominant Shapovalov avant de coincer contre Rublev.
Chez les femmes, mention assez bien pour Caro Garcia, qui a gagné deux belles batailles avant de céder face à Cirstea en 1/8èmes. Trop tôt pour elle.
Gaston répond enfin au téléfon, Paire-fectible mais sur la bonne voie
C’est sur le circuit challenger qu’il fallait aller pour voir du Frenchie en finale. Au Mexique, Benoit Paire a retrouvé le chemin de son hôtel en revenant de boite de nuit la victoire, en gagnant 5 matchs de suite, une première depuis la naissance de votre petit cousin (4 ans déjà, ça pousse). Il a soulevé le trophée et prouvé que son lever de coude n’avait rien à envier aux meilleurs.
Lui aussi en panne de confiance ces derniers mois, sorti du top 100, Hugo Gaston avait choisi de jouer sur terre battue dès février en Amérique du Sud. Choix perdant jusqu’ici, avec 5 victoires en 5 tournois seulement. Il s’est rattrapé en allant en finale du challenger de Vina del Mar au Chili, stoppé par le brésilien Seyboth Wild. Il fait son retour dans le top 100, et est en bonne voie pour s’assurer une place dans le tableau final de son tournoi favori, Roland Garros.
A noter également : le challenger de Phoenix réunissait du (très) lourd en récupérant toutes les sorties de pistes précoces d’Indian Wells. Côté français, si Gasquet et Monfils ont déçu, Quentin Halys a poussé jusqu’en demi-finale.
Mais puisqu'on vous dit qu'il a changé ! Benoît Paire le soir de son titre à Puerto Vallarta - Mexique
Le focus : Tiafoe, le Frances qui était en fait américain
Frances Tiafoe a longtemps nourri les espoirs du tennis américain. Précoce, il rentre dans le top 100 à 18 ans dans un pays qui cherche toujours un successeur à ses grands champions des années 90/2000, les Sampras, Agassi et Roddick. Mais il n’a pas confirmé, du moins pas tout de suite. Hormis quelques fulgurances, il n’a vraiment décollé que depuis 2 ans.
Sa plus grosse performance date d’il y a quelques mois, avec une 1/2 finale à l’US Open. Il y avait vaincu Rublev et surtout Nadal, égalant avec une demie en Grand Chelem la meilleure performance de son modèle Gael Monfils. Il avait cédé aux portes de la finale au terme d’un énorme combat face au futur vainqueur, Carlos Alcaraz (ça vous parle ?). Il est décidément fort sur son sol, puisqu’il a remis ça à Indian Wells. Un parcours sans fioriture jusqu’en 1/4, où il a dominé facilement l’ennuyeux le roc britannique Cameron Norrie pour atteindre les 1/2. Il a buté sur Medvedev pour la 4ème fois en autant de confrontations, non sans l’inquiéter (7/5 7/6).
Le voilà désormais 14ème mondial. 2023, l’année de la confirmation d’un immense talent ?
Lui c'est Frances et il gagne de plus en plus souvent © Associated Press/Mark J. Terrill
Le focus bis : Zverev, Sascha-rbonne dur pour retrouver les sommets
Il y a 7 mois, Alexander Zverev laissait sa cheville plantée dans la meilleure terre battue du monde. En demies de Roland face à Nadal qui plus est.
En mai-juin dernier, Sascha jouait peut être le meilleur tennis de sa vie. Hallucinant contre Alcaraz en quarts Porte d’Auteuil, il jouait un tennis de rêve contre Nadal avant que ça ne fasse crac (6/7 6-6).
Dès lors, tout fan de tennis ne souhaite qu’une chose : revoir Zverev se mêler à la lutte pour la place de numéro un mondial à court-moyen terme.
Des doutes se sont immiscés après son retour en janvier et des performances honnêtes mais loin de ses standards. Février idem, un léger mieux mais contre les cadors, ça coince vite.
Et puis en mars Sascha s’est dit ça suffit et a dit “coucou me revoilou” (en allemand ça doit pas rimer mais tant pis). Il pousse Medvedev au bord du précipice comme au bon vieux temps 6/7 7/6 7/5 et le russe ne peut que reconnaître sa montée en puissance.
Zverev joue désormais sans appréhension et a retrouvé un physique à la hauteur de son talent et palmarès. Ne reste plus qu’à choper ce dernier soupçon de confiance qu’il lui manque, dû au manque de compétition. C’est tout le mal qu’on lui souhaite pour enfin gagner ce Grand Chelem qu’il mérite.
Ce qu’il va se passer cette semaine
Et c’est reparti pour un tour ! On déplace tout ce beau petit monde de la Californie à la Floride (sympa l’empreinte carbone) pour aller s’écharper sur le Master 1000 de Miami.
De la fatigue ? Quelle fatigue ? Il n’y a pas de fatigue qui tienne lors de cet enchaînement il est vrai pas évident pour certains organismes. Parce que le jeu en vaut la chandelle Larmina.
ATP Miami : on prend les mêmes et on recommence, chiche ?
Les derniers en lice à Indian Wells voudront confirmer leur bonne forme et s’imposer comme les patrons. Les grands perdants en Californie voudront eux se rebiffer et prouver qu’un accident est vite arrivé. Au milieu, les seconds couteaux sauteront sur la moindre occasion pour mettre le nez dans la farine à la fenêtre.
Ainsi Medvedev, Alcaraz, Tiafoe ou Sinner se présenteront sûrs de leur force (à défaut d’en avoir encore beaucoup). Tsitsipas , Rune, Ruud ou Hurkacz, bien frais mais la tête dans le sable voudront en revanche leur… revanche. Norrie, Rublev, De Minaur, F2A ou encore Paul pourraient mieux faire que dans le désert.
Le favori : le numéro un mondial est forcément le favori de Miami. Coucou Alcaraz.
La pièce : deux pièces cette semaine, Karen Kachanov et Alexander Zverev.
WTA Miami : on prend les mêmes et on recommence, chiche ? (oui c’est facile)
Au vu du peu de surprises qu’a offert le tournoi d’Indian Wells chez les femmes, penser revoir les mêmes têtes dans les 3 derniers tours serait tentant. Est tentant. Dont acte.
Rybakina et Sabalenka semblent être les patronnes de ces 3 premiers mois de 2023, Swiatek doit enrager et vouloir tout détruire sur son passage. Les autres grosses têtes de série comme Garcia, Gauff, Sakkari ou Pegula seraient bien inspirées de faire une grosse perf.
Avec une telle densité dans le top 10-15 mondial, il est bien difficile d’imaginer une 25ème mondiale faire une demie, même si Andreescu ou Vondrousova ont des arguments.
La favorite : Swiatek va savoir apporter des ajustements à son jeu et à sa tête.
La pièce : Krejcikova, c’est une favorite ou une outsider ?
