Résumé de la semaine dernière :
ATP Shanghaï (M1000) - Un sacré url-Hubert-lu pour la gagne
Surprises en pagailles à Shanghaï. Aucun des gros favoris n’a répondu à l’appel. Alcaraz a subi la loi d’un Dimitrov-fort dès les 1/8eme. Sinner n’a pas confirmé sa bonne forme, faisant les frais kilométriques d’un Shell-ton qui avait fait le plein. Un autre américain en forme en la personne de Korda a sorti Medvedev très tôt. Enfin, Zverev a été pris dans le bourbier Russe d'entrée face à Safiullin.
Qui pour gagner dans tout ça ? Il restait un joueur du top 10 en ¼ de finale seulement, Andrey Rublev. Une occasion en or pour le Russe… Qui ne s’en privait pas pour dominer Ugo Humbert en quart avant de sortir Dimitrov en demi-finale. De l’autre côté, c’est Hubert Hurkacz qui sortait son épingle du jeu en sortant les surprises Marozsan (rappelez-vous, celui qui avait dominé Alcaraz il y a quelques mois) et Korda en demi.
Une finale inédite s’annonçait, entre le surpuissant serveur polonais et le non moins puissant Russe du fond de cours. Le suspense aura été de la partie, mais c’est “l’homme des finales”, à savoir Hurkacz, qui remportait son 6ème titre en 7 finales, et son second Masters 1000. Le voilà 11ème mondial, à quelques semaines du Masters. Tiens tiens.
Le bombardier polonais aura fait tomber quelques aces sur la route de son sacre
WTA Znhengzou (WTA 500) - Zheng chez elle à Zhengzhou
Pas de surprise à Zhengzhou, c’est bien Zheng Qinwen qui l’importe. Et les autres ? Allez zou. Vraiment attendu ? Pas tout à fait, puisque la joueuse chinoise n’était pas tête de série à domicile, et qu’il y avait de beaux noms sur la liste des participantes : Jabeur, Krejcikova, Garcia ou encore Sakkari. Mais les têtes tombaient une à une, et c’est finalement Krejickova qui rejoignait Zheng en finale. La finale tenait en haleine le public chinois et c’est la jeune locale de 21 ans qui s’imposait. La voilà dans le top 20 !
WTA Séoul et Hong-Kong (250)
Seoul - Pegula en patronne. Dans un tournoi au tableau peu relevé, la n°4 mondiale Jessica Pegula a fait respecter son rang. Ses concurrentes Ostapenko et Aleksandrova ont été sorti de route assez tôt, dégageant l’autoroute coréenne pour un tournoi plutôt tranquille. L’américaine n’aura perdu qu’un set en gare de péage de Liu, avant de dominer Yuan en finale. Ca vaut quelques dollars.
Hong-Kong - King Fernandez. Dans un tournoi sans membre du top 20, la finaliste de l’US Open 2021 qui n’a jusque-là pas confirmé son statut de jeune pépite a remporté le tournoi. Elle a mis le cap à l’Est en dominant uniquement des tchèques, russes et bélarusses pour un sacre face à Siniakova.
Du côté des français
Ugo, retour dans le top 30. Il est chaud bouillant en ce moment, et il a réussi l’une des plus belles semaines de sa carrière à Shangai. Après un premier tour rondement mené, il a dominé Stefanos Tsitsipas au forceps 7/5 au 3ème pour s’offrir son 9ème top 10 en carrière (bilan équilibré !). Il a ensuite chasser Wolf du tournoi 6/1 6/2 pour s’offrir un quart de finale face à Rublev, où on croyait à l’exploit. Il a malheureusement subi la loi du Russe dans un match à sens unique. Une semaine de bon augure pour la suite !
Fils apprend (très) vite. On en oublierait presque que c’est l’un de ses premiers Masters 1000 (le 4ème), tant il progresse à vitesse grand V. Et pourtant... Il a atteint son premier 3ème tour dans cette catégorie, en dominant Kotov et surtout sa bête noire cette année, Davidovich Fokina, qui l’avait battu à Roland-Garros puis à Wimbledon. La preuve qu’il apprend vite. Le voilà top 40.
Du côté des autres français, pas de miracle à Shanghaï avec des défaites d’entrée pour la plupart. On remarque la belle percée de Atmane the Man, qui sort des qualifs et remporte sa première victoire sur le circuit face à Thompson.
Garcia, en forme sur le tard. Caro réalise sans doute l’un de ses meilleurs tournois depuis longtemps, pour remporter 3 matchs consécutifs et s’offir un duel de prestige face à Swiatek. Un match au suspense où elle sera passée à 2 points du match, avant de s’effondrer au 3ème set : 6/7 7/6 6/1.
Quand Ugo fait cette tête là, mieux vaut ne pas être en face
La semaine à venir : Soleil levant ou de minuit, il faut choisir
ATP 500 Tokyo - Japon : la course au Master bat son plein
Ne vous y trompez pas. Si Ruud, Zverev, Fritz, Hurkacz, de Minaur ou Paul ne sont pas déjà retournés en Europe, c’est que les gros points sont à prendre au Japon cette semaine pour espérer faire partie du Final 8 de Turin. Ils sont tous sur les rotules mais ça peut valoir le coup. Un favori gagnera et ce ne sera pas Zverev, déjà sorti à l’heure où nous écrivons ces lignes.
Le favori : Fritz a la banane et va faire la bonne opération.
La Pièce : Zverev fait appel de sa défaite car il n’avait pas bien dormi et remplace Hurkacz forfait de dernière minute avant d’aller au bout. Sinon, Tiafoe pour encore un peu plus de suspens.
ATP 250 Stockholm - Suède : il reste un trophée en Stockholm à donner
Il y a 12 ans, Monfils gagnait en Suède contre Nieminen en qualité de n°10 mondial. Aujourd’hui il a un classement protégé, 37 ans mais arrive reposé et prêt à en découdre. Rune, Mannarino et Davidovich Fokina voudront justifier leur matricule élevé.
Le favori : Rune, seul top 20 du tableau.
La pièce : Daniel Evans s’il joue comme contre Alcaraz à Shanghai.
ATP 250 Antwerp - Belgique : La tête à l’endroit ou à l’Anvers ?
Il s’agira d’avoir la tête bien pleine pour triompher en Flandres. Tsitsipas se croit assez malin mais oublie qu’il l’a dans les nuages depuis quelques semaines. Il y en, a malgré leur jeune âge, qui l’ont sur les épaules et pourraient en profiter pour l’avoir ensuite dans les étoiles.
Le favori : Tsitsipas par son statut. Mais uniquement par son statue grecque.
La pièce : Arthur Fils, aucun débat.
Cela sent la fin de saison du circuit féminin, quelques 250 se baladent par-ci par-là pour des joueuses soucieuses de garnir l’armoire à trophée et finir la saison sur une bonne note.
WTA 250 Monastir - Tunisie : pour remplir la Monastirelire
Les italiennes se font menaçantes, les espagnoles sont sur un gros coup, et les françaises veulent braquer tout ce petit monde. Et comme d’habitude, il y aura une tchèque pour mettre tout le monde d’accord ?
La favorite : Elise Mertens, qui dans ses meilleures années ne perdait pas contre moins bien classée.
La pièce : Schmiedlova, juste parce qu’elle est tchèque.
WTA 250 Nanchang - Chine : séjour prolongé en Asie
Certaines ont semble-t-il perdu leur visa et doivent rester en Chine le temps des formalités. Alors autant s’inscrire au petit tournoi de quartier (environ 5M d’habitants le quartier).
La favorite : Bouzkova, juste parce qu’elle est tchèque.
La pièce : Blinkova pour maintenir l’amitié sino-russe.
WTA 250 Cluj-Napoca - Roumanie : voilà voilà, que la meilleure gagne
Un tableau un peu désert où Sorana Cirstea voudra faire plaisir à son public et lui montrer comment elle a bien joué cette année.
La favorite : Cirstea, forcément.
La pièce : Masarova, juste parce qu’elle est… espagnole.
Sur le circuit secondaire : des challengers gagnent sur les challengers
Toutes les semaines, nous vous emmenons à la découverte de la deuxième division du tennis, là où les joueurs se battent pour survivre et arracher des qualifs dans les tableaux de Grand Chelem.
Challenger de Malaga : Et Ugo Blanchet les lignes toute la semaine !
Incroyable semaine pour le français de 24 ans qui triomphe à la surprise générale en Espagne. Passé par les qualifications, il doit gagner 7 fois d’affilée et ne perd pas un set en cours de route. Lui qui n’avait même pas une finale à son actif, il s’impose et obtient son ticket pour l’Australie en début d’année prochaine. Il est cette semaine 206ème mondial et c’est beau. Il sort notamment Constant Lestienne, Maxime Janvier en demies et auteur d’un beau parcours lui aussi. En finale il ne tremble pas (6/4 6/4) contre Bellucci (144ème mondial) pourtant serein contre Carballes Baena et Carreno Busta plus tôt.
La soupe à la grimace pour le reste avec des défaites précoces de Moutet, Paire, Cazaux et Grenier.
Challenger de Bratislava : Diallo et du champagne
En Slovaquie, le français Martineau a fait chanter le jeune prodige Mensik avant de buter contre le franco-américain Cressy. Bonzi n’est pas trop fruits de mer en s’inclinant contre Gombos. Il est prévenu. Le canadien Gabriel Diallo (22 ans) a trouvé la capitale slovaque pleine de charme et décroche son deuxième titre en gagnant notamment contre un autre francophone, Arthur Fery mais aussi Dominic Thiem et Joris de Loore en finale. Le jeune Stricker tête de série n°2 a d’entrée perdu contre un autre jeune client, l’italien Nardi.
Challenger de Buenos Aires : pour les mordus de terre battue
Qui dit tournoi en Argentine dit terre battue dit sud-américains en masse. Et forcément, à l’arrivée, c’est un argentin qui soulève le plus de poussière et le trophée. A ce petit jeu, Navone, inconnu 146ème mondial s’est révélé être le plus fort malgré la présence de Coria, le petit frère Cerundolo, ou encore les frérots Dellien. Il y avait tout de même 16 argentins sur 32 joueurs.
Challenger de Fairfield : home sweet home
Un américain qui gagne sur son sol. Tout ce qu’il y a de plus logique, encore plus lorsqu’on voit qu’il y en avait… 21/32 sur la ligne de départ. Svajda (tête de série n°4 et 139ème) fait plaisir au public contre Nishash Basavareddy mais pas prêt pour cette finale (6/4 6/1). On notera la présence de Cristian Harrison, qui nous fait prendre des nouvelles de son grand frère Ryan Harrison. C’est aussi à ça que servent les challengers. Ce diable de Bernard Tomic était là aussi, et a perdu au 1er tour évidemment.
Challenger de Shenzhen : pendant que les grands s’amusent à Shanghaï…
Des refoulés du M1000 de Shanghaï ont pu aiguiser un temps leur raquette à Shenzhen, comme Kokkinakis, Cachin ou Fognini. Pour autant, c’est l’américain Kovacevic, un habitué des challengers qui leur a damé le pion. Il y avait un gros niveau sur ce challenger puisqu’il n’était que tête de série n°4 malgré son dossard de 114ème. Nuno Borges n’a pas fait le poids en finale 6/2 6/1. Superbe perf de Thanasi Kokkinakis qui réussit à perdre contre le 250ème mondial. La terreur française d’Asie Terence Atmane s’est pris les pieds dans le tapis contre l’expérimenté Gerasimov au 2ème tour.
Que deviennent-ils ? 10 ans plus tard, les promesses talen-tueuses de carrière aux USA
On leur prêtait un grand avenir, de ceux de leurs aînés vainqueurs de Grand Chelem, de top 10 voire carrément numéro un mondial. Parce qu’en juniors, ils étaient les meilleurs, et surtout les plus jeunes à se signaler. Sauf que la vérité du circuit jeunes n’est pas celle des adultes, Donald Young et Ryan Harrison n’ont jamais réussi à porter le tennis américain à une place qui était sensée leur revenir de droit, en tout cas historiquement.
Forever Young, forever une promesse déchue. Donald Young vieillit, comme tout le monde. Et contrairement à certains, lui n’a pas trouvé et ne trouvera pas de cure de jouvence. L’américain a aujourd’hui 34 ans, est 956ème mondial et a amassé 9 545$ de gains cette année.
Passé pro en 2004 à 15 ans, plus jeune n°1 mondial junior à 16, il n’aura finalement jamais gagné de titre sur le circuit ATP. Ni en simple, 2 finales perdues, ni en double, idem dont une à Roland Garros. Sa carrière partait pourtant bien donc, avec un titre junior en Australie (plus jeune de l’histoire là aussi) en 2005.
Sauf que chez les grands, Young a toujours fait son âge et son nom. Jamais il ne confirmera les espoirs que le tennis américain et le pays entier plaçait en lui malgré deux belles épopées à l’US Open où il atteint les 8èmes à l’arrache en 2011 et 2015. A son meilleur il aura été 38ème mondial.
La faute à une pression démesurée et de trop grosses attentes ? Sûrement un peu. A un fossé trop important entre les juniors et les adultes ? Egalement. La faute à une hygiène de vie pas toujours en adéquation avec le plus haut niveau ? Les rumeurs ne sont pas que des rumeurs paraît-il.
Et maintenant Ryan Harrison. Moins dans la lumière que son compatriote du dessus, il a pourtant alimenté de grands espoirs outre-atlantique au début des années 2010. Aujourd’hui âgé de 31 ans, il a été 40ème mondial en 2017 et lui a réussi où Young a échoué : gagner un titre, Memphis en l’occurrence en 2017. Il remporte même Roland Garros en double avec Michael Venus contre Santiago Gonzalez et… Donald Young !
Son palmarès n’est cependant pas en accord avec le talent qu’on lui prêtait chez les jeunes. Il faut dire que Ryan Harrison l’a bien cherché. En 2008, il n’a pas encore 16 ans et s’offre le scalp de l’uruguayen Pablo Cuevas, alors top 100, sur terre battue s’il vous plaît. Forcément, aux US, ça braille et ça tire des plans sur la comète. Mais c’est Ryan Harrison la comète, et elle n’a fait que passer. Aujourd’hui, il est 833ème et n’a disputé que 7 tournois cette année.
Ces deux joueurs symbolisent le creux générationnel qu’ont connu les Etats-Unis dans les années 2010, lorsqu’Andy Roddick, Mardy Fish ou James Blake ont rendu les armes et que les espoirs reposaient essentiellement sur les deux grandes gigues que sont John Isner et Sam Querrey. Depuis un an le vent a semble-t-il tourné et c’est très bien comme ça.
Donald "casquette de travers" Young. Son tennis a vieilli plus vite que lui.
