Ons a fait danser ses adversaires à Charleston
Le résumé de la semaine
ATP Marrakech : Muller a sonné, Carballés rien à personne
Finale surprise à Marrakech. Les favoris n’étaient plus présents en fin de semaine. Alexandre Muller a envoyé Richard Gasquet et Lorenzo Musetti se balader au souk, pendant que Carballés a permis à Griekspoor et Evans de se faire une balade à dos de dromadaire plus tôt que prévu.
Le français joue peut-être le tennis de sa vie en ce moment, et il pourra regretter d’être passé si près du titre. Il a mené 6/4 5/5, 15/30 service Carballés, avant de céder 4/6 7/6 6/2 au bout de 3h15 d’un gros combat. Il entre dans le top 100 par la grande porte (n°96).
ATP Estoril : Casper, le retour du fantôme
Après un début de saison transparent, Casper Ruud a ressurgi au moment où on l’attendait le moins le plus : le début de la saison sur terre battue. Il a mis les points sur les « u » comme on dit chez les Ruud, pour étriller Baez en ¼ et Kecmanovic en finale. Seul Quentin Halys lui a donné bien plus de fil à retordre en demie, gagnée 7/6 au 3ème set. Ruud vient garnir l’armoire à trophée avec un 10ème titre, et annonce qu’il sera encore l’un des favoris à Roland Garros.
ATP Houston : quand la pluie cesse, c’est pour Frances
S’il y en a une qui a été très présente sur les cours cette semaine au Texas, c’est bien la pluie. Scénario complètement fou, puisque certains joueurs ont commencé leur tournoi… samedi ! C’est le cas de Frances Tiafoe, pas perturbé pour un sou par la situation. En 48h, il a remporté le tournoi en gagnant samedi matin (face à Johnson), après-midi (Kubler), dimanche matin (Brouwer) et dimanche après-midi face à Etcheverry.
Il remporte son second titre en carrière et est 11ème mondial ce matin, son meilleur classement.
WTA Charleston : Ons se met bien
Après une blessure qui l’a éloigné des courts pendant quelques semaines, Ons Jabeur avait eu des difficultés à revenir à son meilleur niveau. La tunisienne avait raté sa tournée Indian Wells-Miami, et la 5ème mondiale semblait loin de son niveau. Elle a mis du Jabeur dans les épinards cette semaine, en remportant le tournoi sans perdre un set face à des clientes comme Kasatkina ou Bencic.
Elle repasse 4ème mondiale devant Caro Garcia, et devrait être redoutable sur terre battue.
Casper retrouve des couleurs
Du côté des français : Alexandre grimpe à l’ATP Muller de rien
Alexandre Muller est l’embellie française de la semaine. Il a failli décrocher la lune, mais l’horizon est dégagé pour lui ces prochaines semaines avec son entrée dans les 100. Un espagnol l’a ramené sur terre en finale à Marrakech mais nul doute qu’en continuant sur sa lancée, il va vite arriver au 7ème ciel.
Le ciel est davantage gris pour Gasquet qui n’a rien pu faire contre la hype française du Maroc dès le 1er tour. La météo n’était pas beaucoup plus clémente pour Bonzi qui a loupé le coche contre le 114ème mondial après une victoire logique contre le 295ème. Hugo Gaston a tapé un bon coup sur la truffe de Struff mais s’est logiquement incliné contre Musetti.
A Estoril, Quentin était l’éclaircie portugaise mais l’Halys-toire s’est répétée pour lui, défaite au tie break du set décisif en demies. Petite stat avancée : 14 tie break gagnés sur 46 en carrière, 0/6 contre des top 10. Coucou la FFL.
Luca Van Assche a gagné son premier match sur le circuit avant de s’incliner logiquement mais avec les honneurs contre Davidovich Fokina-rrêtent avec ces noms à rallonge les espagnols.
Autrement, Constant Lestienne était dans le brouillard et s’est incliné contre Shelton.
A Charleston, Alizé Cornet a légèrement sorti la tête de l’eau avant de perdre au second tour après une grosse bataille contre une bannière neutre, Kalinskaya.
Ce qu’il va se passer cette semaine : Monte Carlo centre de la terre
Le Rocher Monégasque va vibrer et trembler sous les glissades, les rallyes et les lift des meilleurs terriens du moment. Les plus mauvais iront vite au casino, remplir les tribunes du stade Louis II ou acheter une nouvelle montre avant que n’arrivent les 50 ans.
Seul petit bémol, Monte Carlo n’aura cette année pas la chance d’accueillir Rafa Nadal, 11 fois vainqueur ici, ni même le numéro 1 mondial Carlos Alcaraz, ni Félix Auger Aliassime, et encore moins Roberto Carballés Baena. Tristesse, surtout pour le dernier cité.
Le tableau a tout de même de la gueule avec le retour de Djokovic, qui ne fout plus rien sur le Rocher depuis huit ans alors qu’il est ici chez lui. Les autres cadors devront profiter de l’aubaine pour accrocher un (premier) Master 1000. Tsitsipas, Ruud et Rune vont devoir sortir les muscles car ils font de belles cibles.
3 français dans le tableau, Gasquet, Bonzi et Ugo Humbert qui devra mieux glisser qu’à Montpellier.
Le favori : Djokovic parce qu’il est là.
La pièce : Tsitsipas pour une montée en puissance tout au long de la semaine.
Le débat : qui pour jouer les trouble-fête sur terre ?
On le sait, la terre battue n’est pas faite pour tout le monde. Tous les ans, les espagnols et autres argentins sortent leurs meilleures glissades, pendant que Medvedev et Fritz patinent. Zoom sur des joueurs hors top-20 dont vous allez entendre parler ces prochaines semaines.
Nicolas Jarry (n°58)
C’est simple : il n’a jamais rien fait ailleurs que sur terre battue. Ancien 38ème mondial, suspendu pour dopage en 2020, il revient cette année à son meilleur niveau. Il a déjà 2 mois de terre battue dans les jambes, avec un titre à Santiago et une belle bataille face à Alcaraz à Rio.
Les frérots Cerundolo (n°33 et n°123)
Le cadet Juan-Manuel (21 ans) ne va pas tarder à arriver au même niveau, mais c’est surtout l’ainé Francisco (24 ans) qu’on guettera particulièrement cette année. Très fort sur sa surface, il a remporté dessus son unique titre à Bastad l’an dernier.
Tomas Martin Etcheverry (n°59)
Comme les autres sud-américains de cette liste, il a grandi sur terre. Il est impressionnant sur la surface cette année, avec déjà une finale à Santiago et une autre à Houston cette semaine face à Tiafoe. L’argentin est dans la forme de sa vie, il sera sans aucun doute un joueur à ne pas tirer au premier tour de Roland-Garros.
Lorenzo Sonego (n°45)
Pas inconnu au bataillon, l’italien de 27 ans et ancien 21ème mondial reverdit dès que la pente se fait plus glissante. On se rappelle (ou pas) de sa demie finale au couteau perdue à Rome contre Djokovic. Il ne sera pas forcément bon à prendre en ce printemps, la cueillette du Lorenzo attendra le gazon.
Miomir Kecmanovic (n°34)
Le serbe cogneur possède un ratio sur terre battue positif et a prouvé la semaine dernière qu’il sait y jouer en atteignant la finale d’Estoril. En confiance, il fait des trous dans les bâches et embête les cadors. Joueur encore irrégulier, il sera toujours à surveiller, surtout qu’il navigue près des têtes de séries en grand chelem.
Sebastian Baez (n°32)
L’autre format de poche argentin (1m70) sera un acteur de la saison terrienne ou ne sera pas. Comme Schwartzman, il aime épuiser ses adversaires et faire parler sa science de la glissade. Il a déjà un titre dans sa besace cette année (Cordoba). Et puis, quel match à Roland l’année dernière contre l’immense Zverev.
Les Cerundolo, une fratrie qui envoie de la brique (pilée)
On l’a perdu de vue : Lucas Pouille
Le cas Pouille inquiète. Attendu comme la relève aux 4 mousquetaires au sein d’une génération moins dense, double demi-finaliste en Grand Chelem et ancien top 10, Lucas Pouille est porté disparu depuis 4 ans.
Blessé au coude droit, il a été absent des cours une bonne partie de l’année 2020. Il n’a jamais réussi à revenir à son meilleur niveau depuis, et parle lui même d’une « descente aux enfers » dans une interview récente à L’Equipe. Déprimé, il a sombré petit à petit, écumant les challengers en 2021 et 2022 pour des résultats médiocres.
Retombé au-delà de la 300ème place mondiale, il se dit motivé par le challenge de participer aux JO à Paris en 2024, et déterminé à sortir de cette spirale négative. Le chemin semble long, mais nul doute que si Lucas retrouve la confiance qui lui manque, son niveau de jeu pourrait lui permettre d’atteindre cet objectif.
