Sabalenka sait poser à la perfection avec le trophée à force de gagner désormais
Ce qu’il s’est passé cette semaine
WTA Master 1000 Madrid : Sabalenkoup d’y participer pour Aryna
On a laissé les femmes lundi dernier en plein milieu des 8èmes de finale où M.Sakkari Badosa ses coups et son adversaire. La roumaine Begu a, elle, réduit au silence Samsonova pendant que Mayar Sherif fout au trou la belge Mertens. La plus grosse surprise de la journée vient de la défaite de Krejcikova contre Martic. Cette dernière n’a rien pu faire au tour suivant contre Iga Swiatek. En quarts toujours, Kudermetopas la 3ème mondiale Pegula tandis que Sakkari et Sabalenka font respecter leur statut.
Et que dire du respect du classement lors des demies… Sabalenka et Swiatek ne font pas dans la dentelle mais plutôt voler en éclats la grecque et la russe en n’abandonnant que 7 jeux à elles deux.
La finale annoncée est attendue avec appétit, Sabalenka paraissant plus que jamais au niveau pour défier la reine de la terre battue. La biélorusse confirme ses dispositions dès le 1er set en frappant tout ce qui bouge, ne laissant pas respirer Swiatek (6/3). Dos au mur, la polonaise ne Igaspille pas le peu de munitions que lui offre son opposante et vole le deuxième sur le même score. Sabalenka reprend son entreprise de démolition au 3ème set pour conclure, toujours sur le même score. Un deuxième titre à Madrid pour elle après 2021, un rapproché au classement, et un message envoyé pour Roland.
Swiatek n’est plus seule sur terre, Sabalenka Aryna grande vitesse.
ATP Master 1000 Madrid : Alcaraz survit au far west.
Avant toute chose, toutes nos excuses pour nos pronos absolument déconnectés de la réalité de lundi dernier. Nous sommes blessés dans notre orgueil.
Ça tire à balles réelles chez les hommes à Madrid, pas de quartiers lors de cette deuxième semaine. Des duels déséquilibrés, des revenants, des surprises et des cow-boys solitaires ont animé le tableau.
On pense d’abord que Zverev et Alcaraz auront besoin de leurs deux six coups pour que l’un abatte l’autre. Finalement Carlos ne laisse que 3 jeux (!!!) à Sascha. Khachanov et Rublev jouent à la roulette russe et c’est finalement le premier qui survit, serein dans les moments importants. Au rayon des surprises, nous avons été servis. Medvedev c(r)oule sous un déluge de balles envoyées par Karatsev, avant que le chinois ZhiZhen Zang ne joue un mauvais tour à Fritz. Zinédine a du souci à se faire chez lui, un triple Z débarque en ville.
En quarts, Struff se prend pour Pistol Pete et sert le plomb contre un bon Tsitsipas. Le Lucky Loser, repêché de dernière minute, tire plus vite que son ombre sans que personne ne puisse y faire quelque chose.
Coric lui rallie les demies finale en ramenant à la raison/maison Altmaier, Aslan Karatsev tire dans le dos de Zhang. C’est moche mais ce monde est impitoyable.
Le bon (Alcaraz), la brute (Karatsev), le truand (Coric) et Lucky Luke Struff dans '“Il était une fois dans l’Ouest 2” : Alcaraz est plus rapide que Coric et l’étale 6/3 6/4 malgré le soleil dans les yeux.
Chose étonnante dans l’autre partie de tableau, un qualifié (Karatsev) affronte un lucky loser en demies d’un Master 1000. Encore plus étonnant, c’est le premier qui a éliminé le deuxième en qualifs. Kalachtsev mitraille dans le premier set puis la machine s’enraye. Struff se venge et abat le russe 3/6 6/3 6/4.
Pas de surprise en finale ou Jan-Lennard bien que fantastique ne peut rien faire contre Carlos qui bisse à Madrid (6/4 3/6 6/3). Le seul à tenir son rang parmi le top 10 sur ce tournoi.
Le focus : l'incroyable semaine de Jan-Lennard Struff
Il y a d'abord eu Struff grincheux, sorti au second tour des qualifications par Karatsev en 2 petits sets. La valise était bouclée, et Struff prêt à quitter Madrid. Un forfait engendrait un tirage au sort entre les qualifiés pour savoir qui serait le "Lucky loser" qui pourrait accéder au tournoi : qui d'autre que Struff chanceux ?
Struff costaud a ensuite vaincu un à un des adversaires à sa portée sur le papier, profitant d'un tableau abordable pour atteindre les 1/4 : Sonego, Shelton, Lajovic et Cachin en faisaient les frais. Puis il y a eu Tsitsipas, mangé par Struff gourmand.
En demi, le hasard faisait qu'il retrouvait son bourreau des qualifications, Karatsev. Struff farceur lui jouait un mauvais tour pour remporter son 5eme match en 3 sets de suite. Il se retrouvait en finale de Masters 1000 face au favori. Il lui tenait la dragée haute, gagnant le second set, mais finissait par céder après une belle finale. C'était la semaine de sa vie. Grand Struff.
La semaine prochaine
ATP Rome (1000) : derniers réglages avant Roland
Rome sera l'ultime répétition avant Roland Garros pour tous les favoris, à J-20 ! Sauf Rafa, pas encore prêt et qui inquiète. Djoko sera de retour et défendra sa place de numéro 1 qui tend les bras à Alcaraz. Sinner reviendra aussi. Les déçus de Madrid auront à cœur de se refaire : Ruud et Auger-Aliassime pour enfin se rassurer, Tsitsipas et Rublev pour prouver qu'ils sont des outsiders crédibles porte d'Auteuil.
Le favori : Alcaraz pour aborder Roland avec la cible dans le dos
La pièce : moins de surprises qu'à Madrid, et un outsider solide pour l'emporter. Andrey Rublev.
WTA Rome (1000) : qui d'autre qu'elles ?
Elles, ce sont les 2 patronnes actuelles du tennis mondial : Swiatek et Sabalenka, qui se partagent les gros tournois en 2023. Dans celles qui peuvent les embêter, on pense à Rybakina, Jabeur, Pegula ou Krejickova.
La favorite : à toi, à moi, c'est au tour de Swiatek
La pièce : Badosa revient à un bon niveau. Pour la gagne ?
Pendant ce temps sur le circuit challenger
Cette semaine se déroulaient plusieurs épreuves des nouveaux Challenger 175, les challengers les plus prisés qui permettent à leur vainqueur d'engranger 175 points.
ATP Aix : Murray, 18 ans après
Il y avait du lourd, du très lourd à Aix-en-Provence. On retrouvait tous les éliminés précoces de Madrid, avec Paul, Nakashima, Murray ou Bublik en têtes d'affiche. 18 ans après son dernier titre en challenger (il avait alors 18 ans), il a renversé le top 20 Paul en finale. Avant ça, il avait sorti plusieurs français à la suite : Lokoli, Van Assche et Mayot.
Côté français, les espoirs Fils et Van Assche confirment avec un 1/4 de finale. Mais c'est Harold Mayot, 21 ans, qui a été jusqu'en demi, avec ses 3 premières victoires face à des top 100... En 3 jours.
ATP Cagliari : Humbert contre vents et marées
La terre-battue n'a jamais été la surface d'Ugo Humbert, mais il tient sa semaine référence. En 1/4 de finale, il a livré une énorme bataille pour dominer le japonais (comme son nom l'indique) Daniel. Après 4h13 de combat et 3 balles de matchs sauvées, il l'a emporté, pour l'un des matchs en 2 sets gagnants les plus longs de l'histoire. Pas de repos pour Ugo : le lendemain, il domine Galán en 2 sets. Pour finir, il domine en finale Djere en (seulement) 3h07. Il aura passé 12h50 sur le court dans la semaine et revient aux portes du top 50 (n°51). Bientôt numéro 1 français ? On y croit.
Amanda Anisimova : dernière à date
Tennis, ton univers est impitoyable. Amanda Anisimova (46ème mondiale), dans la foulée de sa défaite au premier tour de Madrid contre Arantxa Rus, a annoncé mettre sa carrière entre parenthèses. Ce n’est pas tant le pedigree de son adversaire qui l’a convaincue. Mais bien un ras-le-bol général depuis mi-août dernier.
Amanda est en burn-out, le mot est lâché. Ce n’est ni la première, ni la dernière. Mais la colonie grossit. L’américaine a 22 ans et avoue en avoir marre de voyager. Marre de devoir reprendre la route chaque semaine 11 mois durant, au gré des victoires mais bien plus souvent des défaites qui rythment forcément le quotidien d’un.e tennis.woman. La cause est facilement entendable, et surtout inquiétante.
Anisimova aime le tennis, est bien entourée, mais ne veut plus être sur les tournois. On parle tout de même d’un talent précoce, annoncé et qui n’a confirmé qu’à moitié. Sa meilleure période jusque là était en 2019, lorsqu’à 17 ans elle atteignait les demies de Roland Garros. Trois mois plus tard elle perdait son père (et entraineur) d’une crise cardiaque. Le début de la fin de son début de carrière. Faut-il espérer pour elle qu’il y ait une suite ? Ce sera à elle de décider si le cœur et surtout la tête lui en disent.
Elle rejoint la liste de ceux et celles qui l’ont déjà dit et fait. Nick Kyrgios, Naomi Osaka, Paula Badosa, Garbiñe Muguruza… Alors bien sûr le phénomène n’est pas nouveau, mais aujourd’hui la lumière est plus forte et surtout la parole se libère davantage. Une parole de plus en plus contre la calendrier infernal imposé par l’ATP et la WTA surtout…
A bientôt on espère
Le débat : pour ou contre les 2 semaines en Master 1000 ?
C’est la dernière trouvaille de l’ATP que la WTA a suivi dans le cadre du programme OneVision, censé améliorer l’expérience fan : l’allongement de la durée des Master 1000 de Madrid, Rome, Shangaï, Cincinnati et le Canada, passant de 7 à 12 jours. Seuls Monte-Carlo et Bercy restent à quai pour des questions de calendrier et logistique.
Alors, pour ou contre ?
Pour :
- un tableau ouvert à plus de joueur.ses, 96 contre 56, l’opportunité de gagner plus de points au classement pour les joueurs classés grosso-modo de la 40ème à la 130ème place.
- un prize money augmenté, l’opportunité de gagner plus d’argent… si on va assez loin.
- un jour de repos entre presque chaque tour, l’opportunité de gagner des points de vie à court terme.
- une billetterie qui gonfle pour ces tournois.
Contre :
- pas d’ATP 250 ou 500 pendant ces deux semaines, tournois qui font l’essence même du calendrier.
- des tirages plus compliqués pour un.e 70ème mondial.e. Deux matchs en 1 mois… Augmentation du prize-money, vraiment ?
- une répartition des gains encore inéquitable favorisant toujours les mêmes.
- un calendrier surchargé et des forfaits de stars plus réguliers car pas assez prêts dans l’enchaînement des tournois (Monte Carlo/Madrid/Rome/Roland Garros en 2 mois).
- une surmédiatisation des stars au détriment d’une moindre exposition des tournois et des joueur.ses qui font réellement vivre ce sport.
L’ATP ne se le cache pas, l’heure est aux réformes. Soit. Mais encore faut-il que celles-ci s’adressent aux bon public. Elles devraient d’abord prendre en compte les joueurs.ses (et leur santé (pas que financière)), qui font vivre ce sport avant de s’intéresser aux fans prêts à “vivre l’expérience ultime”.
