Kessel

Divines surprises à Wimbledon

Tous les lundis, un résumé à la volée de l'actu tennis

Service à la Cuillère
4 min ⋅ 17/07/2023

Wimbledon Masculin : Carlos avait la moelle

Il a vaincu l’invincible, dominé l’indomptable, détrôné l’indétrônable. La performance de Carlos Alcaraz est MAJUSCULE. Il a peut être réussi la seconde performance la plus dure au monde (après battre Rafa à Roland) : dominer Novak dans son jardin britannique. A Wimbledon, même le gazon parle Serbe, sur un Center Court où Novak n’a plus perdu depuis 10 ans, dans un Wimbledon où il est quadruple tenant du titre et grandissime favori.

Avant ce dimanche de finale, tout s’était déroulé comme prévu : Novak et Carlos avaient laissé peu de chances à leurs adversaires pour offrir au public britannique le duel tant attendu. Beaucoup espéraient un duel homérique, peu y croyaient. Et ceux-là, très vite, déchantaient. Après un premier set à sens unique, Djoko se retrouvait au tie-break du second set. Le tie-break, l’exercice où il ne perd jamais : il avait gagné les 15 derniers en Grand Chelem. On entrevoyait une finale à sens unique, et comme l’a dit Carlos après le match, elle l’aurait été s’il avait perdu ce jeu décisif.

Mais d’un revers raté, il entrouvrait la brèche, et Carlos s’y glissait. 15 minutes plus tard, le Murcien semblait sur une autre planète et menait 3/0 au 3ème set. A toi, à moi, et on se retrouvait dans un 5ème set de toutes les tensions après 4h de jeu d’un match déjà immense. Le money time, ce genre de moment où Novak est le plus fort. On se rappelle tous de ses finales dingues, où il avait écoeuré Roger en 5 sets en 2014 et en 2019.

Contre toute attente, Carlos ne craquait pas et rompait encore moins. Il breakait vite son adversaire pour se retrouver à servir pour le match. Les crampes de Roland étaient loin. Djoko sortait ses meilleurs coups mais à 30-A, Carlos montrait son immense mental pour aller chercher le match au filet.

A ceux qui se demandaient si Alcaraz étaient de la trempe de ses 3 prédécesseurs, il a apporté un début de réponse. La route sera longue, mais l’Espagnol a tout d’un immense champion. Il vivait le plus beau jour de sa (jeune) vie, pour son 2ème titre du Grand Chelem sur le court le plus mythique au Monde.

La balle est du bon côté du filet, la raquette et Carlos peuvent s'allonger de tout leur long sur le gazon londonienLa balle est du bon côté du filet, la raquette et Carlos peuvent s'allonger de tout leur long sur le gazon londonien

Wimbledon Féminin : Marketa Place

Marketa Vondrousova. C’est le nom du dernier krach boursier. La salle des marchés n’a rien vu venir, la faute à Marketa, jeune tchèque de 24 ans qui a marché sur ses adversaires lors de la deuxième semaine de Wimbledon.

Coup d’œil dans le rétro. Nous sommes lundi 10 Juillet et Vondrousova est déjà bien heureuse d’être encore en lice. Les bookmakers n’en font ni une favorite, ni même une sérieuse outsider à la victoire finale. Elle a pourtant sorti les têtes de série numéro 12 (Kudermetova), 20 (Vekic) et 32 (Bouzkova).
Vexée que ses actions ne grimpent pas en flèche, elle décide de donner un grand coup de pied dans la fourmilière en sortant en quarts Jessica Pegula (n°4). Et vu que Marketa ne fait pas les choses “à demies”, Svitolina ne peut que voir la valeur de ses titres baisser au fur et à mesure du match. 6/3 6/3, circulez y a rien à voir, une nouvelle tchèque est en finale d’un Majeur après Muchova, 5 semaines plus tôt à Roland.

L’autre grosse cote à partir des quarts de finale, c’était bien évidemment Super Maman Svitolina. L’ukrainienne au four et au moulin à Londres, a réussi l’exploit de sortir la reine Iga Swiatek 7/5 6/7 6/2 et éclaircir la voie pour qui vous savez. Déception pour la numéro 1 mondiale qui a encore à apprendre sur gazon.

De l’autre côté du tableau, les chiffres ont moins menti, le marché était plus stable grâce à des têtes de série bien présentes. Ons Jabeur (n°6), après avoir écrasé Kvitova (n°9) en 8èmes, s’est montrée maligne et revancharde contre Rybakina (n°3). L’affiche de la finale l’année dernière a cette fois tourné à l’avantage de la tunisienne. Ons au pluriel car suivie par tout le peuple tunisien n’a même pas flanché contre Sabalenka en demies. Au terme d’un grande, très grand bataille (6/7 6/4 6/3), Jabeur retourne en finale.

Sabalenka, parlons en. Les cotes ne mentent pas, après la sortie de Swiatek et Rybakina, elle semblait être la favorite. Peut être rattrapée par les enjeux, elle a flanché alors qu’elle menait 7/6 4/2 contre Jabeur. La peur de devenir numéro 1 mondiale si elle gagnait ? Ons le saura jamais.

La finale entre la favorite Jabeur et l’outsider Vondrousova ne sera pas à la hauteur des matchs précédents. La faute à une Ons crispée et une Marketa pas tétanisée pour un sou par l’événement. Score final 6/4 6/4.

La tchèque n’y croit pas et pourtant... Elle devient la première femme non tête de série a triompher à Wim’. Elle n’avait gagné qu’un seul match sur le gazon londonien avant ce tournoi. Elle n’était pas sensée être une terreur sur la surface, la faute à une prise trop fermée en coup droit. Cela commence à faire beaucoup et pourtant…
C’est un divin come-back qu’elle a offert là, après deux opérations au poignet, lâchée par ses sponsors à 22 ans alors qu’elle avait atteint à 19 ans la finale de Roland Garros en 2019 ainsi que des JO de Tokyo 2021. Personne ne s’en rappelait jusqu’à maintenant, et pourtant…

Voilà Marketa Vondrousova 10ème mondiale. La prochaine fois, vous ne pourrez pas dire que vous n’étiez pas prévenu.

Pendant ce temps sur le circuit Challenger

Pendant que les grands du tennis écrivaient l’Histoire, il fallait aller voir du côté du circuit challenger pour voir l’ombre d’un français pointer le bout de son nez.

San Benedetto, mais avec Benoit

Mi-juillet, au large de la Mer Adriatique, on retrouve 2 français dans ce challenger assez relevé de la station balnéaire italienne. Paire et Gasquet, pas le genre à faire des challengers mais le premier n’a pas le choix, le second cherche un peu de confiance après une saison compliquée sur gazon.

Déplacement fructueux, puisqu’ils se sont retrouvés en finale après un parcours plutôt tranquille. Après une entame difficile, Paire a montré qui était le padre à papy Richard dans cette finale. Score final : 4/6 6/1 6/1, et un Benoit qui se rapproche du top 100.

Gaston met les gaz et hausse le ton

Sur la terre battue roumaine de Iasi qui lui sied mieux que la verdure britannique, Hugo Gaston a retrouvé des couleurs. Non sans battre un Cuevas en ¼, il a retrouvé la tête de série 1 et top 60 Zapata Miralles en finale. L’Ibère a pris le meilleur départ, mais Hugo a mis les gaz pour infliger la bulle au second et remporter un 3ème set serré. Bilan des opérations : ça se rapproche du top 100 également (120ème).

La semaine à venir : Les frérots Bastad et Gstaad se tirent la bourre

ATP 250 Bastad - Suède : nouveaux tremblements de terre battue
Qui dit retour de la terre battue dit absence de Medvedev. Par contre quelques chasseurs-glisseurs de points scandinaves voudront briller, comme Baez, Davidovich Fokina, Cerundolo, Zverev et Rublev. Joli plateau.
Notre prono : en bon voisin norvégien qui sait recevoir, Casper Ruud aura le dernier mot.

ATP 250 Gstaad - Suisse: l’or blanc devient ocre
Toujours pas de Medvedev dans la station de ski suisse. Il faudra être à l’heure pour bien y figurer. Thiem, Fognini et Kecmanovic auront à cœur de bien régler leur rolex. Les Arthur français sont là aussi, Fils et Rinderknech voudront bien faire.
Notre prono : Lorenzo et Sonego démesuré va saouler tous ses adversaires, victoire de l’italien en patron.

ATP 250 Newport - USA : il reste quelques grains d’herbes praticables
Le plus ancien tournoi américain (1881) ouvre ses portes aux plus herbivores du circuit. On ne citera pas les américains présents, il y en a trop. Quatre français répondant aux noms de Humbert, Lestienne, Moutet et Mannarino (tu m’étonnes) ont traversé l’Atlantique. A noter la présence de Kévin Anderson, 37 ans et ancien double finaliste en Grand Chelem qui sort de sa retraite 14 mois après.
Notre prono : Mannarino ou Humbert pour jouer cinq mauvais tours ?

WTA 250 Budapest - Hongrie : elle est comment la terre battue hongroise ?
Un tableau déserté par les 30 meilleures mondiales avec en guest-stars Zhang, des russes mais-faut-pas-dire-qu’elles-sont-russes et une prof de Grammatikopoulou.
Notre prono : à qui Pera gagne, tête de série numéro 1.

WTA 250 Palerme - Italie : elle est comment la terre battue sicilienne ?
Un tableau un peu plus relevé qu’en Hongrie grâce à Kasatkina et Zheng (pas Zhang).
Spoiler : Sara Errani prend sa retraite bientôt ? 0/6 0/6 contre Zheng pour commencer.
Notre prono : Zheng pour un premier titre. Elle est bien partie.

Service à la Cuillère

Par Service à la Cuillère

Service à la Cuillère, c’est l’aventure de deux passionnés de tennis, sans prétention mais pas sans espoir, pas (du tout) assez talentueux pour faire carrière mais qui ont toujours caressé l’espoir de remplacer un jour ce bon vieux Chamoulaud sur France TV pendant deux semaines fin Mai - début Juin si vous voyez ce qu’on veut dire.

Dépoussiérer le tennis, c’est pas une mauvaise idée non ? Et puis, “mieux vaut les voir faire ça qu’ils traînent dans la rue à faire des conneries” que se disent nos vieux. On déconne, on a plus de 30 balais et on est bien occupés la journée.

Allez, les joueurs sont prêts, jouez !

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