"Je comprends pas, je le domine mais je perds" - © (Elías Valverde II/Staff Photographer)
Résumé de la Semaine Passée
Mon fils n’est pas celui que vous croyez être
On vous avait annoncé Sinner winner à Montpellier. Alors il a gagné, histoire de faire ça bien. Max Cressy n’était pas si loin après avoir sorti Rune en demies s’il vous plaît. Surtout, le monde a découvert Arthur Fils, héritier d’un mousquetaire prénommé Gaël. Une demi-finale, trois perfs et plus que des promesses.
Yibing who ?
On vous avait mentionné Johnny John Isner gagnant à Dallas. Alors il a paumé en trois tie break en finale. Après trois ans de blessures, Yibing Wu (23 ans) perce définitivement et devient le premier chinois vainqueur d’un ATP depuis que le tennis ait été inventé. Il a en plus battu des joueurs loin d’être des branques, comme un Fritz un peu roussi en demi-finale ou Mannarino en quarts.
CórdoBá-ez
On vous avait annoncé Sebi Seb Báez gagnant à Córdoba. Alors il a gagné, histoire de faire ça bien. En pur terrien, il était comme chez lui en Colombie et confirme qu’il sera un vrai poil à gratter jusqu’au jour où on passera sur gazon. A noter le beau parcours du petit frère Coria (finale), et des frères Cerundolo (quarts).
Abu comme Dhabi-tude
On vous avait annoncé B.B. aka B.Bencic gagnante à Abu Dhabi. Alors elle a gagné, histoire de faire ça bien. Belinda a assuré dans la difficulté (3 balles de match sauvées) face à Samsonova en finale. Haddad Maia semble confirmer en scalpant Rybakina. La Chine était décidément à la fête avec Qinwen Zheng en demies.
Une russe tout en rythme au pays de Mozart
On vous avait mentionné Povato Popato Potapova gagnante à Linz. Alors elle a gagné, histoire de faire ça bien. Deuxième 250 pour la jeune russe qui n’en finit plus de progresser. Martic est devenue marteau face à elle en finale. Sakkari-golera une autre fois, stoppée par la finaliste malheureuse un tour plus tôt.
Le joueur à suivre
La naissance de Fils
Le tennis français s’inquiète depuis quelques années de l’absence de relève aux 4 Mousquetaires. Bonne nouvelle : l’acte de naissance d’Arthur Fils, 18 ans, a eu lieu cette semaine à Montpellier.
Il nous avait déjà tapé dans l’œil ces derniers mois, avec une qualification obtenue à Bercy, une première finale puis un premier titre en Challenger. Sa progression était rapide, mais elle a pris une autre dimension cette semaine.
Il est devenu le plus jeune joueur français à atteindre une demi-finale sur le circuit depuis Richard Gasquet en 2008. Bénéficiant d’une invitation, il a d’abord remporté un combat contre… Gasquet, en dominant Richard le roublard, 2 fois son âge, en gérant mieux les points importants (7/5 7/5). Il a enchainé face au poison espagnol Bautista Agut (24ème mondial svp…) et au français Quentin Halys, le tout sans perdre un set. Il n’a pas démérité face à Sinner, se procurant 2 balles de premier set avant de sombrer.
Ses atouts ? Un coup droit qui envoie du bois et un service feu d’artifice. Surtout, un jeu assez complet et un gamin qui semble avoir la tête sur les épaules. La bonne nouvelle, c’est qu’il n’est pas le seul gros potentiel français dans sa génération, mais on vous en parlera bien assez vite.
« Quand je vois Alcaraz, Rune, tous ces mecs‐là, gagner des Grands Chelems, faire des derniers carrés, je me dis que top 150, ce n’est pas grand chose pour l’instant ». Une mentalité qu’on aime bien. Il était 250ème mondial il y a un mois, il sera 117ème mondial lundi. Vous avez dit relève ?
Vous entendez ? J'arriiiiiiive © AlexPress/Alexandre Dimou
Du côté des Français : quatre quarts, et la cerise sur le gâteau
On dirait le Sud…
Outre la superbe performance de Fils cette semaine, plusieurs Frenchies ont brillé sur les courts à Montpellier.
Quentin Halys a atteint les 1/4 après avoir fait chuter Davidovich Fokina, le tombeur d’Ugo Humbert (cf sujet suivant). Au terme d’un Fils-Halys à sens unique, il s’est fait cueillir par son cadet. Il atteint le meilleur classement de sa carrière (n°61).
Tout comme Greg Barrère (n°71), qui a permis au tenant du titre Bublik de briser ses 3 raquettes, à défaut de briser sa belle série (9 défaites consécutives). Le parisien a enchainé jusqu’en 1/4, où il s’est fait en-Rune-r en 2 tie breaks.
Espionnage chinois à Dallas
Au Texas, Adrian Mannarino a évité les balles de Steve Johnson et Jordan Thompson. Il n’a en revanche rien pu faire face aux ballons chinois envoyés par Wu Yibing. Un espion chinois de plus sur le sol américain ?
Il a raté sa semaine
Humbert, sauter pour mieux reculer
Si sa pirouette lui aurait valu un beau 9/10 en plongeon acrobatique, l’absence d’eau à la retombée a contraint le Lorrain à l’abandon au premier tour à Montpellier.
Il surnageait pourtant face à Davidovich Fokina (6/1 6/6, 1-4 contre lui dans le tie-break). Le médecin a du faire appel au Messin (où serait-ce l’inverse ?) avant de quitter le court en boitant. Plus de peur que de mal, rien de cassé mais il faudra sans doute attendre un peu avant de revoir Ugo refaire surface sur un court.
Dommage pour le joueur français qui semblait retrouver des couleurs ces dernières semaines, mais qui devra se contenter pour le moment de quelques bleus. Espérons qu’il ne soit pas trop coupé dans son élan par cette chute après 2 ans de galère, au moment où il semblait retrouver la confiance.
L'art de la galipette selon Ugo © Tennis Legend
Ce qu’il va se passer cette semaine
ATP Rotterdam : Pays-Bas les masques
500 points pour le gagnant, ça attire. Alors la moitié du top 10 se déplace chez les “Oranjes” pour montrer les muscles. C’est la rentrée des classes, Auger-Aliassime, Medvedev ou Zverev voudront bien faire mais auront fort à faire. On démasquera les premiers cancres de l’année cette semaine.
Le Favori : Tallon Griekspoor à domicile évidemment. Ou alors Stefanos Tsitsipas ?
La Pièce : Holger Rune voudra montrer qu’il n’est pas outsider mais bien favori lui aussi.
ATP Delray Beach : Sous le ciment la plage
Les américains ne s’en laisseront pas compter et voudront enchaîner après Dallas. S’ils avaient le droit de constituer un tableau 100% US, ils le feraient sans souci. Ce pourrait être dur pour Wolf, Fritz, Wu ou Isner d’enchaîner mais de là à voir Altmaier coiffer tout le monde au poteau…
Le favori : Tommy Paul, demi-finaliste en Australie fait sa rentrée.
La Pièce : on est tous impatients de voir ShElton nous livrer une belle partition.
ATP Buenos Aires : Un deuxième Alcaraz-de-marée ?
Toutes les caméras scruteront les moindres faits et coups de raquette de Carlos Alcaraz qui voudra se tester physiquement et mentalement. Fognini pour l’ennuyer, Báez pour le tester, Schwartzman pour le bousculer ?Norrie est dans la partie basse du tableau.
Le Favori : forcément Carlos A., malgré un manque de rythme qui serait logique.
La Pièce : Et pourquoi pas Musetti ?
WTA Doha : Qatar-sis en vue ?
Qui pour climatiser le tableau dans le désert de Doha ? Du beau monde se présente sur la ligne de départ en tout cas, avec 7 joueuses du top 10. Les surprises n’en seront pas tant vu le niveau resserré au Qatar. La lutte sera acharnée.
La Favorite : Swiatek, son statut de n°1 et son année passée ne peuvent être placés ailleurs qu’ici.
La Pièce : Caro Garcia a un tableau relativement ouvert, Coco Gauff devrait être au rendez-vous.
Les chinois écraseront-ils le circuit un jour ?
Le tennis chinois est sorti du (Na) lit la semaine dernière et n’est sans doute pas chaud à se recoucher. Ce pays est un géant qui sommeille, et une jeune génération frappe à la porte de chambre.
Le programme étatique quasi militaire mais assoupli car critiqué à raison, destiné à déceler des graines de champion et les emmener (très) haut, commence à porter ses fruits.
Yibing Wu (23 ans et longtemps blessé) vient en effet de soulever le premier trophée ATP de l’histoire du pays et ce n’est pas anodin. Zhizhen Zhang, 18 ans, semble avoir un potentiel assez fou. La Chine, démographiquement parlant, peut avoir un réservoir à même de faire pâlir les puissances occidentales habituelles.
Étonnamment, la Chine a une dizaine d’années d’avance en WTA sur son homologue l’ATP. Le tennis féminin chinois a connu d’immenses succès début 2010 avec Li Na et est presque un habitué des quarts de finale en grand chelem depuis. Mais les chinoises ne dominent pas pour autant les classements.
Depuis 20 ans bientôt, ce sont bien les balkans et leurs voisins qui trustent le top 20 féminin. Pour autant, il est certain que les nations historiques continueront d’exister. Elles doivent simplement apprendre à partager un peu plus qu’auparavant. De fait, la Chine du tennis ne sera jamais celle du tennis… de table.
Le paysage change et c’est davantage un tennis cosmopolite qui s’impose petit à petit sur les deux circuits. Il n’y a qu’à voir d’où vient Ons Jabeur après tout.
