Retour sur la semaine passée
ATP Moselle Open : Humbert, le retour du Metzie
Messin de naissance, Ugo Humbert avait à cœur de briller sur ses terres. Il couvait une grosse performance, après des dernières semaines où son tennis avait fait des merveilles. Mais… la fatigue de la fin de saison, la pression de son public et celle d’atteindre le top 20 pour la première fois auraient pu le tendre.
Tendu, il l’a été lors de ses deux premiers tours, durant lesquels il se serait cru en pleine partie de Burger Quiz. En face, Thiem Mayot. Il a vaincu Thiem au forceps, avant de dominer l’autre local, Harold Mayot.
Ensuite, la Metz était dite et on l’a senti galvanisé pour ne lâcher que 2 jeux au Fognini (où était donc le vrai ?) en demies, puis 6 en finale à Shevchenko, moins habile avec la balle jaune qu’avec un ballon rond. Un titre, le Top 20, la place de numéro 1 français… Une dernière semaine parfaite pour clôturer une superbe saison. On rappelle qu’il avait commencé 2023 en dehors du top 100.
Autre embellie lors de cette semaine, le retour de l’Alsacien (décidément…) Pierre-Hugues Herbert auteur d’un superbe parcours. Invité, P2H est de retour en paix et a planté 2/3 haches sur son chemin. La première pour Cazaux, la seconde pour Brouwer et la troisième pour… Van Assche. De bon augure pour lui après des mois de galère !
ATP Sofia : Mannarino, la reine Sofia
Quel est le point commun entre Federer, Djokovic, Nadal et Mannarino ? Ils sont les seuls à avoir remporté au moins 3 titres la même année après leurs 35 ans. Ca pose le contexte de l’exploit d’Adrian cette saison. Après Astana et Newport, il a soulevé son 3ème trophée à Sofia, pour finir à quelques encablures du top 20. A 35 ans, il réalise sa meilleure saison et pourra espérer entrer dans le top 20 pour la première fois de sa carrière s’il réussit un bon début de saison 2024 !
Parmi les favoris en Bulgarie, il est revenu de loin face à Ofner en ¼ de finale. Loin, du genre 1 set et 1 break de retard. La finale face à Jack Draper aura aussi été indécise jusqu’au bout, mais c’est bien la confiance de Manna qui a fait la différence dans les moments importants, pour l’emporter 7/6 2/6 6/3.
Mannarino, c’est rosse. Heureux sans se prendre le chou, comme d’habitude, Adrian pourra regretter de finir à 10 petits points d’Ugo Humbert et donc… du top 20, dont il a fait le principal objectif de sa fin de carrière. De quoi le motiver pour une bonne préparation hivernale avant l’Australie en janvier ? A 35 ans, il ne semble en tous cas pas prêt de s’arrêter.
Billie Jean King Cup : les Canadiennes imitent les mecs un an après
Jalouses les filles à l’érable ? Ou plutôt motivées ? Leylah Fernandez et ses copines n’ont pas mangé la feuille mais leurs adversaires lors de la Billie Jean King Cup (ex Fed Cup) qui n’est autre que la Coupe Davis version féminine. Ces messieurs canadiens ont gagné l’année dernière, alors pourquoi pas elles ?
Pourtant pas favorites sur la feuille de papier, elles se sont montrées solides comme l’arbre qui leur sert d’emblème. Elles avaient du bouleau pour s’extraire de leur groupe composé de l’Espagne et de la Pologne (Iga Swiatek n’était pas là heureusement). Mais elles s’en sont sorties admirablement, 3-0 à chaque fois.
Dans les autres groupes, la Tchéquie et son armada (Vondrousova, Krejcikova, Siniakova…) n’ont pas cèdr-é face aux USA et la Suisse, pas plus que la Slovénie contre le Kazakhstan et l’Australie, ni l’Italie contre la France ou l’Allemagne.
Les Canadiennes ont empilé les victoires à la chêne, emmenées par une Leylah Fernandez incendiaire toute la semaine, et qui a gagné 5 de ses 6 matchs. Tout n’était pas rose-au pour la Tchéquie qui a fini par rompre en demies.
L’Italie, Trevisan et Paolini en tête y ont cru en finale mais ont vite déchanté. La 261ème mondiale de 18 ans, Marina Stakusic a été épatante et Fernandez constante. Les 4 joueuses nord-américaines auront chacune participé à ce succès, Dabrowski et Bouchard (oui oui Eugénie, celle-là même) ayant joué en double également lors de ce parcours gagnant. Voilà qui fait plaisir à tout un peupl-ier.
Ugo Humbert peut savourer sa folle semaine et sa folle saison, c'est lui le boss à la maison
Pendant ce temps sur le circuit challenger
Moutet donne de la voix à Helsinki. La saison 2023 aura été difficile pour Corentin Moutet. Il l’a débuté à la 51ème place mondiale, avant de se blesser et de poursuivre toute la saison avec un revers… à une main. Moins solide, le Français est sorti du top 100 (173ème cette semaine), et a gagné assez peu de matchs sur le circuit principal.
A Helsinki, il aura été intraitable pour dominer notamment Cressy et Munar, avant un duel franco-français face à Rinderknech. Mené 7/5 5/3, Coco s’en est sorti de manière miraculée, avant de vaincre l’Indien Nadal Nagal en finale. Il gagne 40 places mais sera trop juste pour Melbourne (133ème).
Rinder surprise pour Arthur. Dans la course au top 100 et à Melbourne, la belle opération est pour Rinderknech qui assure presque son billet (93ème) avec sa demi-finale.
Malgré son revers à une main, Coco Moutet revient sur le devant de la scène
Ce qu’il va se passer cette semaine
ATP Finals Turin - Italie : Master-minus pour presque tout le monde
La Grande Messe de fin d’année, c’est pour cette semaine. Les 8 meilleurs élèves depuis janvier ont rendez-vous dans la capitale du Piémont, et le smoking est de rigueur comme toujours. Sur le court, Djokovic et les jeunes à ses trousses devront revêtir leur plus beau costume pour espérer gagner le tournoi des Maîtres et les 1500 points qui vont de pair. Mieux qu’un M1000, moins qu’un Grand Chelem (2000 points), n’en déplaise à un Tsitsipas sans doute frustré de ne pas encore avoir gagné l’une des 4 levées annuelles.
Le numéro 1 mondial serbe se voit proposer au menu Jannik Sinner (n°4), Stefanos Tsitsipas (n°6) et Holger Rune (n°8). Dans l’autre groupe, Carlos Alcaraz (n°2) mangera russe avec Daniil Medvedev (n°3) et Andrey Rublev (n°5) ainsi qu’Alex Zverev (n°7).
A l’aise dans ses fringues, Djokovic fait figure de favori, lui qui n’a plus perdu depuis Wimbledon, soit 17 victoires de rang. Il sait ce qu’il faut faire et ne pas faire au Master, en témoignent ses 6 victoires. Un autre qui espère que les habits ne seront pas trop grands pour lui, c’est Sinner, à Turin comme à la maison. Porté par tout un pays, il s’avance comme le poil de carotte à gratter et veut surfer sur sa fin d’année canon.
Medvedev devrait faire 6 fois le tour de son short à Rublev comme d’habitude et nous offrir un nouveau match au couteau contre Zverev (10 à 7 dans leur face à face et des matchs à rallonge). On scrutera également la forme de Carlitos qui se dit fatigué mentalement après sa saison pleine. Comme quoi il n’y a pas qu’Arthur Fils de fatigué.
Notre pronostic : Sinner 1er de son groupe suivi de Djokovic, Medvedev et Alcaraz sortiront aussi du leur. Medvedev fera chuter le Djoker en demies tandis que Sinner impressionnera contre Carlos. Le russe va enfin gagner une deuxième fois un tournoi et chambrer l’Italie. On ne gagne pas 3 fois d’affilée contre Medvedev, Jannik…
Le focus : la folle saison d’Ugo Humbert
2021, Ugo Humbert remporte à Halle (ATP 500) le plus grand titre de sa carrière face à Andrey Rublev et frappe aux portes du top 20. Qui se referment bien vite. Touché par le Covid long par 2 fois, c’est la descente aux enfers pour le français qui sort du top 100 en 2022. Méconnaissable, il galère sur le circuit challenger et perd toute la confiance emmagasinée ces dernières années.
2023, il débute la saison hors du top 100 mondial. Auteur d’un bon Open d’Australie (3ème tour), le premier déclic se produit en Mai. Il remporte 2 challengers coup sur coup sur la terre-battue de Cagliari puis Bordeaux, une surface qui ne l’avait jamais vu performer. Il remporte son premier match à Roland-Garros. Le voilà propulsé dans le top 40. Sur le gazon qu’il chérit tant, il passe au travers, se mettant trop de pression. L’été est une succession de bons résultats, avec des demi-finales à Newport et Atlanta, et un ¼ à Washington.
Second déclic, il domine Cameron Norrie en Coupe Davis dans un match qui avait tout de ce qu’il déteste : un public britannique en transe derrière son champion, un match physique qui se joue à 1 ou 2 points… Le genre de matchs qu’il avait toujours perdu, mais qu’il gagne au bout du suspense. Il remet ça peu après, dominant en 2 semaines Rublev à Pekin et Tsitsipas à Shanghai dans des matchs haletants remportés au mental. Il perd quelques grosses batailles, comme face à Hurkacz à Bale (7/6 au 3ème), et Zverev à Bercy, mais sans regrets face à des top 10 qu’il regarde dans les yeux.
Dernier épisode de cette saison 2023, à Metz. Arrivé fatigué après 2 mois intenses, il remporte LA bataille qu’il devait remporter face à Thiem. La suite est plus simple, il remporte le trophée qu’il attendait tant, son 4ème en… 4 finales. Il termine sa meilleure saison numéro 1 français et top 20. De quoi s’écrouler sur le court et transmettre sa joie communicative.
Pour 2024, il ne peut que regarder plus haut. Le top 15, voire le top 10 ne semblent pas inaccessibles pour le Ugo qu’on voit actuellement sur le court : sûr de lui, concentré, mis en confiance par son coach Jérémy Chardy. Comme lui, on a hâte de voir la suite !
Les événements à venir
ATP Finals NextGen - Djeddah : Saoudite pas de venir chez nous ?
Sixième édition cette année pour le Master des petiots (-21 ans en début d’année) qui se déroulera en Arabie Saoudite, grand pays de tennis s’il en est…
Le Master NextGen va-t-il attirer aussi peu de spectateurs que de joueurs ? Qualifiés haut la main, Alcaraz et Rune sont exempts car jouent les chez les grands en Italie. Shelton et Musetti, les deux poursuivants, ne se sont pas laissés tenter et passent leur tour également.
Si bien que c’est notre pépite Arthur Fils qui semble tenir la corde pour en être le favori, sauf s’il se retire au dernier moment. Pour l’heure et pour l’accompagner, notre deuxième pépite tricolore Luca Van Assche se frottera au Suisse Dominic Stricker et son embonpoint (on vous laissera en juger), à l’italien Flavio Cobolli, à l’invité jordanien Abdullah Shelbayh et 3 autres louveteaux qui bataillent cette semaine en challenger pour essayer d’arracher leur ticket. Alex Michelsen, Hamad Medjedovic et Luca Nardi devraient être ces trois là, Arthur Cazaux ayant préféré suivre ça de loin.
Le favori : Arthur Fils part avec une longueur d’avance s’il est présent et a retrouvé de l’énergie
La pièce : Hamad Medjedovic, et ce n’est pas parce que son nom finit comme un certain Novak.
Coupe Davis - Tour Final - Malaga : La Saladier d’Argent en Espagne mais sans l’Espagne…
Bientôt les joueurs utiliseront vraiment le trophée de la Coupe Davis comme une vulgaire soupière. Cette année, les instances dirigeantes ont réussi à se faire jouer les phases finales de la Coupe Davis en Espagne. Une Espagne qui n’est même plus en jeu. Autant vous dire que le public à Malaga pourrait être clairsemé, encore une fois.
Au programme des quarts de finale, Canada-Finlande, Tchéquie-Australie, Italie-Pays-Bas et Serbie-Grande Bretagne.
Des joueurs de renommée ont acté leur présence, et pas des moindres. Djokovic, Sinner, de Minaur, Auger-Aliassime ou Murray ont envie de porter haut leurs couleurs et leur équipes. Ainsi avec un peu de chance pourrait-on avoir le privilège de voir un Djokovic-Murray qui sent bon les années 2010. A savoir que les tenants du titre sont le Canada, peut être l’avez-vous oublié et on ne vous en tiendra pas rigueur.
Le favori : les serbes sont habités lorsqu’il s’agit de représenter leur pays
La pièce : les britons ont fière allure avec Norrie, Sir Andy Murray, Evans, Draper et Skupski (n°4 en double).
