Voilà à quoi ressemble Dan Evans, au cas où vous vous demanderiez.
Ce qu’il s’est passé cette semaine
ATP 500 Washington - USA : Evans-ouissant
Daniel Evans restait sur 6 défaites au 1er tour et traversait 2023 comme une ombre. Puis les fils se sont touchés chez l’english de 33 ans à Washington cette semaine. Greg Barrère est le seul à lui prendre un set au 2ème tour. La suite ? Shevchenko, Tiafoe (n°2), Dimitrov (n°5) et enfin Griekspoor (7/5 6/3) en finale n’ont pu que constater les dégâts, impuissants. Deuxième titre en carrière pour lui, assurément le plus beau.
L’autre invité surprise de la semaine, c’est Griekspoor mais riche en enseignements. Le néerlandais écarte notamment Fritz en demies. Il se console en disant que c’était pas mal pour une première participation.
A noter le match héroïque, de Sir Andy Murray contre Fritz pour une défaite rageante, un retour plein d’espoir de Gaël Monfils et un Felix Auger-Aliassime qui n’a plus gagné contre un top 100 depuis Mars.
ATP 250 Los Cabos - Mexique : Tsitsipas à deux chiffres
Le ratio finales-titres de Stefanos était douteux avant Los Cabos: 26-9. Bien installé dans le top 10 voire top 5 depuis 2019, il a enfin remporté son 10ème titre. S’il a galéré contre Jarry (6/7 7/6 6/2), il n’a pas perdu un autre set de la semaine. En finale, le grec a montré qu’il était le patron contre de Minaur 6/3 6/4.
L’australien s’est montré bondissant comme à son habitude, notamment contre Tommy Paul en quarts. La surprise des demies vient de l’allemand Koepfer, bien loti dans son quart de tableau (carrément dégueulasse en fait) et la défaite d’entrée de Norrie.
ATP 250 Kitzbuhel - Autriche : l’Argentine meilleure que l’Autriche dans une station de ski
Le monde à l’envers. Dans le temple du ski, Baez l’argentin se mesurait à Thiem l’autrichien. Mais sur terre battue en 2023, la logique est respectée avec une victoire aisée 6/3 6/1 du premier. Il faut dire que Dominic Thiem était légèrement émoussé de sa demie de la veille Djere 6/7 7/5 7/6 en 3h26. Baez avait tout de même eu fort à faire également contre son compatriote Etcheverry 7/6 3/6 6/4.
Le retour de Dominator en toute fin de semaine fait plaisir à voir, lui qui a bénéficié d’une wild-card pour évoluer à domicile cette semaine.
WTA 500 Washington - USA : Coco assomme tout le monde
Gauff est tombée de son cocotier à Washington et ce pour le meilleur. Elle a passé sa semaine à siroter ses adversaires (aucun set perdu) et a mis aux fraises Sakkari en finale 6/2 6/3. La Grec n’a pas failli à sa réputation peu enviable de perdante en demies ou en finale (6 défaites en 7 finales en carrière). La nouvelle collaboration entre l’américaine et ses nouveaux entraîneurs porte déjà ses fruits. Bencic en quarts et Samsonova en demies ne diront pas le contraire.
Tout n’est pas à jeter pour Sakkari qui se rassure avec de belles victoires contre Keys ou Pegula. Svitolina a imité son mari avec un quart de finale et une victoire contre Kasatkina.
La semaine des français : chassé croisé entre juilletistes et aoûtiens
Chaque année c’est la même chose, la circulation est dense, il y en a qui tirent la tronche à l’idée de reprendre le boulot quand d’autres sont tout sourire à l’idée d’enfin prendre du temps pour eux.
Si les aoûtiens ont fait le taff la semaine dernière et ont bossé pour deux, la première d’août ne fut guère studieuse pour les français. Aucune demie à mentionner malgré une ou deux satisfactions.
Monfils prend le relais de Fils et assure à Washington. D’abord en matant Fratangelo puis surtout en décimant un Bublik la tête dans les nuages 6/3 6/4. Première victoire contre un top 30 depuis Mars 2022. Il s’incline en 3 sets et deux jours contre le futur finaliste Griekspoor. L’air et le public américain lui font du bien.
Ugo Humbert continue de gagner avant d’inquiéter. Le numéro 2 français retrouve la confiance en gagnant contre Kokkinakis avant de démembrer Watanuki (6/0 6/2). Seulement, une gêne au mollet le contraint de déclarer forfait contre Dimitrov en quarts. Simple mesure de précaution ? On l’espère.
Barrère, Moutet, Lestienne et Mannarino dans les bouchons. Si Greg Barrère a gagné difficilement son match contre un qualifié japonais 198ème mondial, il n’a rien pu faire à partir du 2ème set contre Dan Evans. Lestienne contre Ruusuvuori, Moutet contre Broady et Mannarino contre Thompson n’ont pas gagné un set.
Van Assche bute sur la première porte, Rinderknech a slalomé à Kitzbuhel. Contre performance pour le jeune Luca qui a oublié sa CB pour passer le premier péage appelé Molcan 6/4 6/3. Rinderknech avait juste ce qu’il fallait de carburant pour ses deux premiers matchs. Il dépasse le petit frère Cerundolo avant de griller Hanfmann (n°2). Trop de kilomètres au compteur pour gagner un 2ème set contre Thiem.
Caro Garcia, de mal en pis. La numéro un française et 6ème mondiale fait du rab cet été pour éviter de plonger au classement. Mais c’est une nouvelle sortie de route pour la lyonnaise à Washington avec une défaite sèche contre Marta Kostyuk dès son 1er et dernier match 6/2 6/3.
Alizé Cornet, 2 boules mais pas 3. A Prague Alizé a enchaîné deux victoires dont une à l’arrachée dont elle a le secret contre Kanepi. En quarts elle a lutté un set perdu au tie break avant de rendre les armes 6/1 contre Korpatsch.
Bon courage à celui qui affrontera Gaël au 1er tour de l'US Open
Pendant ce temps sur le circuit Challenger
Vous pensez qu’il faut aller sur le circuit Challenger pour voir un français passer un bel été ? Raté, les vacances c’est pour tout le monde chez nos français, qui ne travaillent pas le week-end.
Belle semaine pour Cazaux aux US. Pas forcément la destination rêvée pour un début août, mais une finale pour Arthur Cazaux dans le Kentucky. Le français de 20 ans progresse sans faire de bruit, mais le voilà plus si loin du top 100 dans l’ombre des Fils et autre Van Assche. Johnson la révolte pour le stopper en finale.
Benoit Paire ses nerfs en Allemagne. Les semaines se suivent et les pétages de plombs se ressemblent pour le français au langage le plus fleuri du circuit ATP. La dernière Benoiterie en date ? Une insulte à son adversaire en demi-finale du challenger de Lüdenscheid, Hugo Dellien. Benoit menait 7/6 4/2 avant de commettre l’impair et sombrer en 3 sets.
Marie et Escoffier surfent sur leur vague à Porto. Vous le verrez dans l’article suivant, il n’y a pas d’âge pour arriver à son meilleur niveau. Jules Marie réalise à bientôt 32 ans sa première demi-finale en Challenger, enchainant 8 victoires d’affilée au Portugal après son sacre en Futures la semaine d’avant. Escoffier atteint lui sa seconde demi-finale de suite en Challenger, et son meilleur classement en carrière à 31 ans, à la porte du top 150.
Dominator, le retour du prince d’Autriche ?
0, comme le nombre de titre de Dominik depuis 2020
Vous connaissez sans doute l’histoire : fin 2020, Dominik Thiem domine Alexandre Zverev au bout d’un combat tennistique fort en pression après avoir été mené 2 sets à 0. Cela parachève une saison où il atteint la 2ème place mondiale et est finaliste au Masters de fin d’année.
Alors qu’il entame la saison 2021 comme grand rival de Nadal et Djokovic, il réalise un début de saison décevant avant de se blesser peu après Roland-Garros. 6 mois loin des terrains et une blessure au poignet qui ne le laissera plus jamais vraiment tranquille. Il revient et enchaine les défaites au premier tour, sur le circuit challenger comme sur le circuit principal. L’inquiétude est grande.
Sa fin de saison 2022 est meilleure, avec quelques quart et ½ finales dans des tournois de seconde zone. Il réintègre le top 100, et végète depuis dans ces eaux troubles autour de la 100ème place. Quand il perd en 5 sets d’un duel splendide au premier tour de Wimbledon il y a un mois face à Tsitsipas, on veut croire qu’il est de retour.
Après 2 tournois moyens, il jouait gros sur ses terres cette semaine, à Kitzbuhel, puisqu’il était sorti du top 100, indispensable pour jouer les grands tournois. Et les signes sont (très) encourageants : il a certes bataillé à tous ses matchs, mais il a réussi à remporter 4 matchs consécutifs pour la première fois depuis près de 3 ans. En demi-finale, il a dominé Djere en plus de 3 heures, un des hommes en forme du moment.
S’il n’a pas fait le poids en finale face à Baez, on ose croire qu’il reviendra proche du niveau qui était le sien, à combattre les joueurs de sa génération, les Medvedev et autre Zverev, et à embêter les petits nouveaux qui l’ont vu à la télé mais pas encore de l’autre côté du filet.
Le focus : Tallon Griekspoor, riche à 27 ans
C’est à son tour de crever l’écran. 95ème mondial en début d’année, 26ème sept mois plus tard, le néerlandais Tallon Griekspoor a trouvé chaussure à son pied cette année. Deux titres en ATP 250 et une finale en ATP 500 en 7 mois, ce n’est pas rien. Sauf que Tallon a 27 ans déjà et est passé pro il y a 8 ans.
Le circuit ATP nous propose régulièrement des joueurs qui restent dans l'ombre parce que moins bankables, moins jeunes que d’autres… Alors une petite lumière sur eux est la moindre des choses.
Il y a un mois c’était Chris Eubanks (29ème à 27 ans), quart de finaliste à Miami et Wimbledon et titré à Majorque alors qu’il était 120ème en Mars.
Jan-Lennard Struff, 33 ans (finaliste du Master 1000 de Madrid) a (re)trouvé un classement qui lui sied davantage et qu’il n’avait même pas connu à son plus haut en 2014 ou 2020.
Cameron Norrie a éclaté à la face du monde fin 2021 à 27 ans mais est toujours considéré comme un second couteau. On parle tout de même d’un top 8, demi-finaliste à Wimbledon 2022 et vainqueur d’Indian Wells en 2021 en plus de 4 autres titres.
Un autre néerlandais, Botic Van de Zandschulp nous plante en 2021 toujours un quart de finale à l’US Open alors qu’il était 117ème mondial à 25 ans. Suivent des finales à Munich et une place de 22ème il y a peu.
Le plus bel exemple parmi ces comètes est peut être le russe Aslan Karatsev. Pour son premier Open d’Australie en 2021 à 27 ans, il atteint les demi-finales en qualité de 114ème mondial. Il grimpe la même année jusqu’au 15ème rang mondial, replonge deux ans plus tard à la 120ème place avant de refaire parler de lui avec une demie à Madrid en Master 1000 cette année. Un vrai coupeur de tête.
Si c’est trop d’actualité pour vous, c’est que vous avez sans doute déjà oublié leurs prédécesseurs, que vous les avez mis à la trappe comme de vulgaires top 70 à vos yeux.
Pourtant, Roberto Bautista Agut est arrivé sur le tard vous savez. Il déboule dans le top 15 en 2014 en un clin d’œil à 26 ans. Neuf ans plus tard, c’est 11 titres et 11 finales, une 9ème place atteinte, une demie à Wimbledon et une participation au Masters.
Un petit dernier pour la route, ce bon vieux Jurgen Melzer. En 2009 il remporte ses 2 premiers titres et vit l’année suivante la meilleure saison de sa carrière avec une demie à Roland Garros et une 10ème place mondiale début 2011 notamment. En 2014, il sortira du top 100 pour de bon. Jurgen Melzer est né en 1981.
Ce qu’il va se passer cette semaine
La tournée nord-américaine se lance vraiment cette semaine, avec le premier Masters 1000 de l’été. C’est à Toronto que ça se passe.
Chez les hommes, Carlos Alcaraz sera scruté pour son retour. Après s’être imposé comme le nouveau patron à Wimbledon et en l’absence de Novak Djokovic (#vacances), le numéro 1 mondial sera le favori de la compétition (comme de toutes celles des années à venir ?). Il n’a toutefois pas hérité d’un tableau facile, avec possiblement un Ben Shelton d’entrée, et une moitié de tableau avec 3 des principaux outsiders (Sinner, Rune et Tsitsipas). De l’autre côté du tableau, la reprise sera plus douce pour Daniil Medvedev, qui sera l’homme à battre de sa moitié, qui comprend tout de même Ruud, Rublev ou un Fritz toujours menaçant sur son sol.
Le favori : Medvedev voudra prouver que son début de saison n’était pas que de la poudre aux yeux.
La pièce : un an après l’énorme sensation Carreno Busta, un Ricain s’imposera chez le voisin canadien. Vous ne rêvez pas, c’est bien Frances Tiafoe qui décroche le plus gros titre de sa carrière.
Chez les femmes, les cadors feront également leur retour. Seule Ons Jabeur manquera à l’appel au sein du top 10 après la plus grosse défaite de sa carrière en finale de Wim’. On suivra avec intérêt la bataille pour la place de numéro 1 mondiale entre Swiatek l’archi-plus-si-dominatrice et une Sabalenka de plus en plus menaçante. Rybakina plus gagné grand chose depuis quelques temps sera attendue, Coco Gauff aussi et voudra prendre une deuxième boule après son sacre à Washington. La gagnante surprise de Wimbledon Voudrousova devra prouver que son sacre n’était pas qu’un coup d’épée dans l’eau de la Tamise. Côté français, Caro Garcia tentera de sauver les meubles et sa place dans le top 10 qu’elle risque de devoir céder, que ce soit à Toronto ou tard. Pas de chance pour elle, elle jouera sa bête noire Bouzkova, et ça sent le caca d’ici.
Ce qui est sûr, c’est que la gagnante ne sera pas la même que l’an dernier puisque la tenante du titre Simona crie Halep et est embourbée dans les affaires de dopage. A noter, le retour de l’ex-retraitée Caroline Wozniacki, qui a hérité d’une qualifiée au premier tour.
La favorite : on voit bien Rybakina faire son retour au premier plan et montrer qu’il faut aussi regarder plus à l’Est dans le duel au sommet bélarusso-polonais
La pièce : pas loin de la frontière, ce sera la fête des américains. Victoire de Gauff ou de Pegula ?
