Billet d’humeur
C’en devient lassant. Pour une énième année consécutive, la France ne gagnera pas la Coupe Davis. Enième année consécutive chez nous, ça fait 8 ans. Depuis 8 ans on est nul et jamais en position d’y croire. Buté (= passionné) comme on est, on y croit avant. Mais pas pendant, parce qu'on a pas le temps. 2026 n’aura pas dérogé à la règle.
L’équipe de France s’est inclinée aux portes des quarts de finale contre le Canada. Ok la Coupe Davis n’est plus ce qu’elle était, ok Arthur Fils fait attention à son corps, ok il y avait le 5ème mondial (Félix Auger-Aliassime) en face. Mais il y avait le 225ème (Liam Draxl) aussi. Ok c’est “la magie de la compétition”. Et puis l’année dernière, il y avait quoi déjà ? Et puis il y a 4 ans ?
Si le problème vient des joueurs, ce n’est pas uniquement de ce qu’ils ont dans la raquette. Il y a un problème de motivation, d’intérêt, de talent, de supplément d’âme… et sans doute, surtout, un problème structurel. La Coupe Davis, depuis 8 ans, n’est qu’un miroir de l’état et la gestion du tennis français. Sinon comment expliquer que la fédération sportive la plus riche de France tous sports confondus ne soit pas foutue capable de faire un point cohérent et intéressé sur ce qui va (ce serait rapide) et ce qui ne va pas (c’est ça qui cloche) ?
Les grandes nations historiques dont nous faisons supposément partie, c’est terminé. Les suédois ont disparu, les australiens c’est pas beaucoup mieux. Les russes et argentins sont arrivés il y a 30 ans, place à l’Europe de l’est et d’autres. Les Etats-Unis semblent avoir mangé leur pain noir et il y a franchement du mieux. De toute façon c’était, au plus bas, toujours plus haut que nous. Les espagnols, ils sont juste chanceux ceux là.
Et puis il y a les italiens. Ah ça oui les italiens ! On continue de cultiver une jalousie bien placée envers le voisin transalpin, ou on essaie de comprendre leur réussite ? Eh oh haut les grandes instances, ils font quoi les italiens ? Vous savez qu’on a le droit de copier ce qu’il fait de bien, le voisin ?
Et là les grandes instances elles vont se défendre et dire : “c’est génial, regardez, on a installé Gillou Simon Directeur de la Haute Performance, il dit ce qu’il pense notre Gillou, il va remuer dans nos brancards. Il a toujours dit qu’on faisait pas les choses dans le bon sens”. Gillou, notre Messie, notre Sauveur !
Allez vous joindre les actes à sa parole, les grandes instances ? Et puis, un homme ne peut pas tout faire. Alors on ramène les copains. Chiche ? Richie Gasquet continue de mettre son nez là dedans, Lucas Pouille s’investit dans le projet. Jo Tsonga la joue solo depuis des années, fatigué d’espérer. Mais si les copains de la dernière victoire en Coupe Davis sont là après tout…
On dit du Centre National d’Entraînement et le CREPS de Poitiers (ancien INSEP) qu’ils sont un nid à talents et une formidable fabrique à champions. Tous les 5 ans, un potentiel va éclore et on va voir ce qu’on va voir. C’était Jonathan Eysseric, Gianni Mina, Harold Mayot, Gabriel Debru. En effet on voit. Aujourd’hui c’est Arthur Fils et tout sur Moïse Kouamé. C’est bien, mais suffisant ? Certainement pas.
Le tennis perd de sa valeur aux yeux du public et doit se réinventer. Comment ? En se réinventant par les joueurs. Qu’ils soient mis en avant et nous fassent vibrer, à petite comme à grande échelle, sans cesse, partout. Parler, communiquer et travailler avec les académies privées (sauf si Patoche Mouratoglou veut pas). Faire naître des vocations et tout mettre en œuvre pour les faire perdurer. Nous faire bouffer du tennis matin, midi et soir. A la télé, sur les réseaux, dans des challengers et ITF. Oh tiens, ça ressemble à un voisin tout ça ! Et ne pas nous mettre l’année à 700 balles pour 1h30 de tennis par semaine. ET SUPPRIMER LES LOGES SUR LE PHILIPPE CHATRIER. Pardon, mais fallait que ça sorte.
Nostalgie ©FFT clin d'œil FFT
