Elle à gauche, elle a pas gagné cette année. Lui, à droite, bah non plus ! ©ArthurKapetanakis
Sommaire
US Open Femmes : Allez on va essayer d’être emballé.
US Open Hommes : Bon, Zverev, on fait quoi de toi ?
La France dans tout ça : des bleus bien bleus avec des fesses rouges pour un résultat presque blanc
La question : Elena Rybakina, partie pour rester, installée pour durer ?
US Open Femmes : on s’est ennuyé un peu, non ?
Oui. Et non, ce n’est pas parce qu’Elena Rybakina a encore savouré son titre comme on célèbre l’ouverture d’un bocal de haricots verts.
Pour commencer, c’était un peu de la merde puisque Karolina Muchova a disparu dès le 3ème tour contre Emma Navarro. Beaucoup trop tôt pour nos petits cœurs. Et puis pour ne rien arranger, les françaises ne nous on pas permis de nous enflammer plus loin que le 3ème tour. Ni même le deuxième, c’est dire.
En revanche on va remercier trois joueuses. Iva Jovic et Alexandra Eala, qui se sont affrontées comme prévu au 3ème tour et qui se sont écharpées comme prévu 7/5 3/6 7/5. On ne sait pas si c’est le duel d’aujourd’hui et de demain, mais ça donne envie et on demande du rab.
La troisième joueuse à féliciter et remercier, c’est Qinwen Zheng, passée par les qualifs. La chinoise, globalement pas en odeur de sainteté dans le vestiaire parce qu’assez imbuvable paraît-il, a fait dérailler une autre emmerdeuse nommée Putintseva (paraît-il là aussi). La suite, comme au bon vieux temps, ce sont Keys puis Swiatek. Elle s’incline en quarts contre Rybakina mais merci pour le piment et le sel Qinwen. Et content de te revoir à très haut niveau. Faut bien que ça fasse des heureux, non ?
Sinon, ben les 6 premières mondiales étaient au rendez-vous des quarts, plus Emma Navarro, qui, elle aussi, revient de loin. Et les 4 premières en demies. Et les deux premières en finale. Et la deuxième qui gagne son premier US Open, son 3ème majeur et qui devient première mondiale devant la première qui repasse deuxième. C’est ennuyeux ? On s’adapte, que voulez-vous. Bravo Elena Rybakina, tu es une très belle vainqueure de l’US Open 2026.
Et en plus, elle s'entendent comme larrons en foire ces deux là ! ©AndrewCornaga
US Open Hommes : cf Service à la Cuillère billet Débrief Roland Garros 2026
Ça nous emmerde. Ça nous emmerde parce qu’on est censé parler un minimum du gagnant. Normalement. Même qu’il est pas loin d’être une légende du jeu désormais, à la vue non pas de sa gueule, mais de celle de son palmarès. Cependant, les casseroles aux fesses ne vont pas s’effacer comme la plainte qu’il a “rayé” à coups de centaines de milliers d’euros. Ah ça non, il ne va pas nous avoir. C’est dommage parce que maintenant qu’il a gagné Zverev, on pourrait avoir envie de l’aimer. Lui, le plus grand joueur de l’histoire sans Majeur devenu en 4 mois de temps un des meilleurs joueurs du 21ème siècle. Mais non, on ne se fera pas avoir. Pas attendrir. Il a gagné. Au tennis. Mais pas en dehors. Ah ça non.
Parlons plutôt des faits et des défaits.
On bavait devant le potentiel parcours d’Arthur Fils. On a eu droit à Arthur Gea jusqu’en huitièmes et à une malheureuse volée, une, des quarts.
On attendait de voir le niveau de Carlos Alcaraz. Il nous a servi jusqu’en quarts et son rendez-vous, grandiose, en 5 sets et à plus de trois heures du mat’ contre Ben Shelton.
On avait hâte de voir Frances Tiafoe électriser New York jusqu’en demies. Ça s’est passé voyez vous.
Karen Khachanov nous a refait sa spéciale. Je dis rien, je joue, je gagne sous les radars et je me retrouve en demies. Mais pourquoi souvent lui en fait ? Vraie question tiens : vous préférez la carrière de Karen ou son pote Andrey Rublev ?
Ben Shelton. On va devoir en parler de ce nouveau 4ème mondial. Finir par lui même, vu que le gagnant... A 23 ans, l’ancien universitaire gagne enfin contre un gros, un très gros en Grand Chelem. Battre Carlos Alcaraz en 5 sets et au super tie break, c’est pas donné à tout le monde. A personne même jusque là. Il est fait pour la grande scène mais doit encore prendre ses marques pour l’ultime, pour la finale.
- ricanements de demi-finale - "je l'ai bien eu le Frances encore" ©GettyImages
La France dans tout ça : le Grand Chelem, c’est trop grand (encore)
Et ça le sera finalement éternellement pour Gaël Monfils.
On se devait d’y croire, on y a cru, on a été déçu mais on continuera d’y croire.
Premier tour. On a un français qui nourrit de grandes ambitions. Normal quand on affronte Stefanos Tsitsipas et qu’on sort de son premier titre en Master 1000. Chose qui n’était pas arrivée depuis Tsonga 2014. C’était trop gros pour être vrai n’est ce pas ? Arthur Fils a paumé. Quand ça veut pas... Et ça fait 44 ans que ça dure.
Ça fait des mois qu’un Arthur en cache un autre. Et ce qui est bien c’est qu’ils se renouvellent d’eux-mêmes. Le 4ème Arthur, l’Arthur Nouveau, c’est Gea et ça a failli être Geant. 87ème mondial après son 1er titre à Los Cabos mais trop tardif pour intégrer le tableau principal, éliminé au bord des qualifs mais repêché grâce à Casper Ruud, le jeune français de 21 ans trace sa route dépeuplée de têtes de série jusqu’en 8èmes où s’est dressée la terreur Van de Zandschulp. Des occasions dans tous les sens, des breaks, des hauts, des bas, une balle de match et une défaite. Cruelle pour nous, pleine d’espoirs pour Arthur. C’est qui le prochain ?
Ah si seulement… Si seulement Quentin Halys avait surfé sur son tie break du 4ème set pour achever Zverev ensuite au 2ème tour. Rien contre Zverev mais… ah si en fait. Quelle histoire c’eut été… Pour Quentin, pour nous, pour l’US Open, pour l’histoire carrément.
Benjam Bonzi après avoir pris trois petits sets au 3ème tour contre Karen Khachanov : “Et ça fait flop une fois de plus…”. Ouais Benjam, sauf que le Karen, il va jusqu’en demies si ça peut te rassurer.
On misait fort sur Diane Parry à une condition. Que le physique tienne après son WTA500 de Monterrey victorieux. Sauf que la néo top 30 a buté sur Sorana Cirstea, (n°16) dès le 2ème tour, plus toute jeune mais encore en forme pour son dernier Majeur. Ce sera le prochain pour Dianou. Ou celui d’après. Peut être.
Gaël Monfils ne gagnera jamais un tournoi du Grand Chelem. C’était sa dernière chance. Le premier qui sourit à cette dernière phrase…
On le sait, on s’y attend, on refuse de s’y préparer, ça revient à chaque tournoi depuis janvier. On repousse le moment pour lui. Et en fin de compte surtout pour nous. Gaël aura gagné en Grand Chelem à 40 ans. C’est important de le dire. On aurait aimé qu’il continue comme on l’aura aimé 23 ans durant. On ne veut pas qu’il parte. Bercy (ouais, on continue de l’appeler Bercy) et ses adieux définitifs c’est pour bientôt. Ça se rapproche, et on n’a pas envie. Vraiment pas. Foutue poussière, déjà.
"Enchanté Arthur, pour vous servir" Attendez, comment ça un nouvel Arthur ? ©AFP
Elena Rybakina n°1 mondiale : tant qu’elle le voudra…
… elle sera n°1 mondiale.
Un peu facile de dire ça ? C’est vrai. D’autant plus qu’elle n’aura certainement pas le droit à l’erreur dans les mois à venir, notamment avec le Masters et Melbourne dont elle sera la tenante.
En même temps, que la kazhake devienne la patronne du circuit relevait de l’évidence. Non pas qu’elle soit une jambe au dessus de ses adversaires - elle fait quand même 1m84 elle est habituée vous nous direz - mais tennistiquement elle a des choses que les autres meilleures n’ont pas forcément. Au hasard un service et un coup droit. N’est ce pas Coco ? Une stabilité émotionnelle et une imperméabilité à la pression aussi. N’est ce pas Aryna ?
Depuis un an, où se situe la fin de la zone de turbulences que la joueuse de 27 ans a traversé, la faute notamment à son entraîneur accusé de violences à tout le moins psychologiques, Elena Rybakina se sent mieux dans son tennis. Et lorsqu’elle se sent bien dans son tennis, ça donne deux titres du Grand Chelem en 2026, et des coups de barre qui semblent davantage physiques. Elle semble être faite pour durer… à durée indéterminée. Elle devra tout de même se méfier d’une bête blessée qu’elle a achevé en finale et qui lui ressemble pas mal, Sabalenka. Coco Gauff est partie pour être longtemps dans les parages, Pegula rôde mais est plus âgée et devrait déjà essayer de claquer un Majeur pour être légitime. Andreeva, Noskova, Jovic et les autres petites jeunes sont encore… jeunes. Elena à le champ libre pour un temps, à elle d’en profiter et le maximiser. Et à célébrer ses victoires autrement aussi ? Non, elle fait bien ce qu’elle veut, c’est elle la cheffe désormais.
Elena Rybakina, une révolution qui n'en porte pas le nom ? ©AFP
